BOUTAZOULT IMINI TIMKKIT 2008

UN BLOG POUR LES IMINIENNES ET IMINIENS ORIGINAIRES DE BOUTAZOULT ET D’OUGGOUG SAINTE-BARBE DESIRANT : FAVORISER LEURS RENCONTRES, PROMOUVOIR L’ÉCONOMIE LOCALE ET UN MUSÉE DE LA MINE, MOTIVER LA JEUNESSE & L'ECOLE DE TIMKKIT

29 octobre 2009

LA PLAQUE BRISÉE PAR LE GEL

LA PLAQUE COMMÉMORATIVE DES "ANCIENS ÉLÈVES" AURAIT ÉTÉ BRISÉE PAR LE GEL

LA PLAQUE AVANT ET APRÈS L"ACTION DU GEL

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LE BORD DROIT N'A PAS SUBI DE COUP

C’EST LE GEL QUI A BRISÉ LA PLAQUE DE TIMKKIT 

IL N’Y A PAS EU DE VANDALISME.  

LES GÉOLOGUES LE SAVENT, C’EST L'ALTERNANCE DU GEL ET DU DEGEL, LES BRUSQUES DIFFÉRENCES DE TEMPÉRATURES ENTRE LE FROID SOUS ZÉRO DEGRÉS DE LA NUIT ET LE BRUTAL ENSOLEILLEMENT DE LA JOURNÉE QUI FISSURENT LES PIERRES.

SOUS L'ACTION DE LA PLUIE LES ROCHES RESTENT HUMIDES, L'EAU S’INTRODUIT DANS LES PORES ET LES MICRO-FISSURES DE LA PIERRE, ELLE SE TRANSFORME EN GLACE QUI EN GELANT SE DILATE ET FAIT EXPLOSER LA PIERRE. L'HIVER A ÉTÉ PARTICULIEREMENT RIGOUREUX.

LA PLAQUE N’A PAS ÉCLATÉ SOUS L’ACTION D’UNE PIOCHE OU D'UN BURIN, D’AILLEURS LE BORD QUI ENTOURE LA PLAQUE NE PORTE AUCUNE TRACE DE COUP.

UN VANDALE AURAIT VISÉ LE MILIEU DE LA PLAQUE ET NON LA PÉRIPHÉRIE.

Cette nouvelle est  rassurante car elle lève les soupçons qui pouvaient peser sur le voisinage ou sur les personnes de passage. Elle explique que personne n’ait pu dire qui avait détérioré la plaque. Elle ne console pas de la fissure qui a fendu la pierre et altéré les inscriptions en Tamazight.

Il demeure que des animaux non surveillés ont détruit en partie les plantations d’arbres et qu'une protection a dû être installée. Tout cela est triste, mais écarte l'idée d'un vandalisme.

 

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16 octobre 2009

LES DÉFIS D'AHMED BENJILANY Directeur General de la SACEM

UN PARCOURS UNIVERSITAIRE EXEMPLAIRE

Monsieur Ahmed BENJILANY après des études secondaires à Rabat reste dans la capitale en entrant à l’ENIM. (Ecole nationale d’industrie minérale) Voir photos  Avec son diplôme d’ingénieur il suit les cours du CESMAT (1980) et va se perfectionner à l ‘ENSG de Nancy (Ecole nationale supérieure de géologie): voir ENSG

AM. Benjilany en août 2008 à Timkkit

Ingénieur géologue en 1983, il reçoit la formation des professeurs José RAGOT et Pierre BLAZY et devient Docteur ingénieur en septembre 1985 après avoir soutenu une thèse remarquée « Conception et réalisation d'un granulomètre à sédimentation par mesure de pression » Cette thèse très technique a été résumée par l’ENSG :« Résultats expérimentaux obtenus avec deux matériaux différents (calcaire et minerai de plomb-zinc), dans un circuit comprenant un broyeur à boulets et un hydrocyclone. Traitement statistique des données. Le broyeur est caractérisé par une fonction de transfert, qui est un modèle complexe liant les fonctions «sélection» et «broyage». L'hydrocyclone classificateur est caractérisé par le diamètre d'équicoupure et la charge circulante. Deux modèles liant le débit de l'alimentation de l'hydrocyclone à son débit de surverse et à son apex sont établis pour le calcaire et pour le plomb-zinc. »  

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Ces coupures de magazine du mensuel Energie & Mines, (Abonnement: 69, rue Pierre Parent, Casablancarelatent les défis que M. Ahmed Benjilany a relevé. En haut sa participation à l'ADEF, puis une interview sur la SACEM, avec une photo de son équipe dirigeante.

UN DÉBUT DE CARRIÈRE FORMATEUR

Ahmed BENJILANY commence sa carrière professionnelle comme ingénieur de la « Direction Mines » du Ministère de l’Energie et des Mines pendant deux ans. Puis en 1987 il devient Directeur technique à la CADETAF (Centrale d’Achat et de développement minier de Tafilalet et Figuig)  et en devient Directeur général au bout de trois ans. La CADETAF est un organisme d’Etat constitué en vue d'encadrer, équiper, former et assister techniquement les mines artisanales qui exploitent divers petits gisements de plomb, de zinc et de barytine. Ahmed BENJILANY assainit la situation financière de l’organisme et réalise son redressement avec succès. Après trois ans de Direction générale de la CADETAF il est nommé en 1995 Chef de la nouvelle Division des ressources humaines qui vient d’être créée à l’occasion de la réorganisation du Ministère de l’Énergie et des Mines.

C’est un nouveau défi qui se présente à lui : transférer ses compétences en prospection, exploitation et développement des mines géologiques dans une nouvelle activité de prospection, gestion et développement des personnels du ministère où se trouvaient des gisements importants de compétences et motivations insuffisamment développés. Il adhère à l’Association des Gestionnaires et Formateurs du Personnel (AGEF) en se formant lui-même à cette spécialité et prend rapidement la présidence de la section de Rabat (AGEF– Zone Centre). Il participe à des manifestations internationales dans le domaine du Management Public et des ONG en France et au Quebec et adhère dès le début du siècle à l’Observatoire Marocain de l’Administration Publique: Voir --> OMAP

 Il reste à la Division des Ressources humaines du Ministère jusqu’en mars 2002 puis est nommé Directeur des Ressources Humaines du BRPM qui aurait eu 80 ans en 2008 s’il n’avait été chargé de réaliser sa fusion avec l’ONAREP pour créer l’ONHYM.  C’est lui qui prend la Direction des Ressources Humaines du nouvel organisme d’Etat résultant de la fusion au début de 2006. 

A

A nouveaux deux coupures du Magazine Energie & Mines qui parlent de la SACEM et de son redressement par son Directeur général.

MsoNormal">LE REDRESSEMENT DE LA SACEM

C’est alors qu’un nouveau défi se présente, les mines de l’Imini subissent les contrecoups d'une crise profonde, la question sociale et des Ressources humaines est au cœur d’une évolution douloureuse. En novembre 2006 Ahmed Benjilany est l’homme de la situation pour prendre la Direction générale de la SACEM. 

Depuis Novembre 2006 il a pris les rênes de la Société, sans la limiter à l’exploitation et au traitement du manganèse, mais en conservant ses activités stratégiques : recherche et exploitation minière en général, pour toutes les substances minérales. Lui même analyse l’histoire de la société dont la situation s’est considérablement détériorée en 2002 à la suite de la perte d’un client très important, ce qui a provoqué des réductions de temps de travail et des grêves consécutives aux tensions sociales.

La SACEM faisait partie à cette époque des sociétés que le gouvernement marocain aurait voulu privatiser, mais ce projet arrivait au mauvais moment et la SACEM fut l’une des rares sociétés où l’Etat marocain et les autres propriétaires ( français notamment) ne mirent pas leurs parts en vente. Il fallait en priorité redresser l’entreprise et non la liquider, d’autant que la liquider aurait eu des conséquences sociales inacceptables dans une région éprouvée sur le plan économique et à la situation de l’emploi dégradée. 

C’est Mme Amina BENKHADRA, alors qu’elle n’était pas encore Ministre, mais Directrice générale de l’ONHYM et Présidente du Conseil d’Administration de la SACEM qui demanda à Ahmed BENJILANY l’élaboration et la mise en place d’un plan de redressement pour l’entreprise. Le plan stratégique adopté comporte plusieurs volets : production, commercialisation, finances et bien sûr ressources humaines avec des procédures modernes de relations sociales, sans oublier l’environnement local à Imini ( alphabétisation, formation professionnelle, santé, culture,…) 

Les clés du redressement furent une activité commerciale à l’international mieux ciblée avec par exemple la Chine comme nouveau client, la renégociation des prix de vente parce que le manganèse d’Imini est de qualité supérieure, la valorisation des déchets miniers, la réduction des coûts de production. Au conseil d’administration du 25 mars 2009 M. Ahmed BENJILANY déclarait que la production a presque doublé entre 2007 et 2008 et le chiffre d’affaires a triplé. Ce qui a permis « la régularisation de toutes les caisses sociales, la création d’un centre culturel à la mine de l’IMINI permettant aux habitants de cette région excentrée de suivre des cours d’alphabétisation, des cours de soutien (réinsertion professionnelle, crèche pour les enfants de moins de sept ans et des colonies de vacances et excursions pour les enfants de plus de sept ans). »

Dans la période 2008-2012 il est prévu une redétermination des réserves, la modernisation de l’outil de travail et de production, l’augmentation du portefeuille de clients et le développement social par un dialogue en partenariat. Tout est fait pour que « l’enseigne SACEM » retrouve pleinement la bonne image d'autrefois auprès de ses clients, de ses salariés, de ses actionnaires et des habitants de la région.

Les anciens d’Imini peuvent être reconnaissants à Madame la Ministre d’avoir choisi M. Ahmed BENJILANY pour redresser la SACEM. Ils remercient M. BENJILANY pour tout ce qu'il a entrepris pour Imini et les Iminiens.

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09 octobre 2009

LIONS DE L'ATLAS AU NORD D'IMINI

&

LES LIONS DE L'ATLAS AUTREFOIS AU DESSUS D'IMINI
LE DERNIER LION DE L'ATLAS À L'ÉTAT SAUVAGE FUT ABATTU EN 1943 AU TIZI N'TICHKA. L'ESPÈCE A DONC DISPARU À L'ÉTAT SAUVAGE, CEPENDANT DES LIONS DE MÊME RACE SONT ENCORE EN VIE DANS DES ZOOS. L'espèce n'a pas totalement disparue, mais son retour à l'état sauvage reste problématique. De nombreux contes berbères racontent des histoires avec des lions ( IZEM ). Certains lions comprennent le langage des berbères et même le parlent d'après certains conteurs. C'est que le lion fait partie de l'identité du pays -->Video

LionAtlas1922  LionAtlas1922

Vers 1930 un avion volant à basse altitude au dessus de l'Atlas avait réussi à en photographier un , nullement effrayé, il avançait majestueusement comme un grand seigneur sur ses terres, sachant qu'il allait en être dépossédé.

AtlasLion_1943
Le lion de l'Atlas ou de Barbarie (berbère) dispose d'une crinière beaucoup plus volumineuse que celle de ses cousins africains, beaucoup plus sombre et même parfois noire elle va jusqu'au milieu du ventre. Le lion de l'Atlas ne vit pas en groupe de plus de deux à quatre membres adultes. Beaucoup plus robustes que d'autres espèces de lions, ils peuvent dépasser les 300 kilos.
Léon Roches en 1903 a publié un récit d'une chasse aux lions dans l'Atlas à laquelle il a pu assister plusieurs années avant la publication de son récit. Il y a donc bien plus d'un siècle.
Léon Roches n'avait pas pris comme le Vicomte Charles de Foucault le déguisement d'un rabbin, mais s'était fait adopter en pratiquant les coutumes musulmanes. Il avait eu le privilège d'être invité à cette chasse et Sidi Lantseri veillait sur lui. Il raconte une grande chasse aux lions organisée avec 200 cavaliers et autant de fantassins et souligne l'importance des chiens, de leur silence et de leur courage :

« Dès que le jour commença à poindre, nous montâmes à cheval. Je compte environ deux cents cavaliers, qui étaient précédés par un nombre égal de fantassins, la plupart armés de fusils ; les autres tenant les chiens en laisse.
« Le chef de la chasse, cavalier et chasseur renommé ordonna aux traqueurs de lâcher les chiens de piste, qui sont d'une race très petite et qui, seuls de tous les animaux, n'ont pas peur du lion, sans doute parce que celui-ci les méprise à cause de leur taille exiguë. - Ils ne donnent jamais de la voix en suivant la piste, mais dès qu'ils aperçoivent le lion, ils poussent un petit aboiement aigu, auquel les traqueurs ne se trompent pas. La tradition dit qu'ils doivent alors prononcer d'une voix tranquille : « Le lion n'est pas là». « Le lion qui comprend, disent les Arabes, qu'il n'a pas été aperçu et que pourtant une attaque est dirigée contre lui, quitte sa tanière et cherche à se cacher, en se faufilant derrière les massifs de lentisque ». Car, il ne faut pas l'oublier, le lion a peur de l'homme.
« Au bout d'une heure de quête par les traqueurs et leurs roquets, pendant laquelle le plus grand silence régnait parmi les chasseurs, nous entendîmes deux petits cris aigus, poussés à quelque distance l'un de l'autre. Deux animaux étaient donc signalés. La tanière du lion était creusée dans un rocher abrupt. Les cavaliers formèrent un grand arc de cercle, dont les deux extrémités aboutissaient à la base de la colline à laquelle était adossée la tanière du lion.
« Le terrain compris entre elle et la ligne de cavaliers était légèrement incliné vers la plaine.
« Les fantassins armés formèrent en même temps un cercle plus étroit parallèle à celui des cavaliers. J'étais place au centre à côté de Sidi Lantseri. Nous pûmes apercevoir distinctement le lion qui se dérobait entre les maquis. Le cercle se resserrait. Deux ou trois coups de feu retentirent, nous vîmes alors le noble animal s'élancer en quelques bonds sur une large clairière, se coucher à plat ventre, appuyer son énorme tête sur ses deux nattes de devant et se frapper les flancs de sa queue avec une telle force, que nous entendions résonner les coups.
« La fusillade crépita; les chasseurs étaient ou bien émotionnés, ou bien maladroits, car le lion se contentait de secouer les oreilles, tandis que les balles soulevaient la terre autour de lui, le cercle se rétrécissait de plus en plus, le lion fit d'un coup trois énormes bonds et deux hommes tombèrent.
« Il se coucha de nouveau, fit encore trois bonds, et trois hommes furent renversés; puis il força le cercle des fantassins, arriva aux cavaliers qui prirent la fuite à son approche et s'élança dans la plaine; mais il était blessé et ne tarda pas à être achevé par des cavalier plus hardis qui le poursuivirent.
A peu près en même temps, la lionne forçait le cercle des fantassins dans notre direction. Je voulais suivre les cavaliers qui se mirent à sa poursuite, mais Sidi Lantseri saisit les rênes de mon cheval et me retint auprès de lui. Un des cavaliers fut renversé ainsi que son cheval par la lionne qui atteignit les maquis voisins et disparut. Les deux lionceaux âgés de quatre mois avaient été tués. »

Léon ROCHES. - Dix ans à travers l'Islam. 1834-1844. Paris, Perrin et Cie, 1904, in-18, pages 59 à 61.

"Le lion n'est pas là" disent les traqueurs d'une voie tranquille afin que le lion (qui a peur des hommes) entende cette parole et la comprenant sorte de sa tanière. Gardons le souvenir de ces traditions qui ont façonné les mentalités des hommes et des femmes du pays d'Imini.

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03 octobre 2009

DU DANGER DE VOYAGER AU MAROC EN 1883

LE VICOMTE, CONNU SOUS LE NOM DE JOSEPH ALEMAN PARLE DE SON VOYAGE DANS LA VALLÈE DE L’IMINI ET DANS D’AUTRES RÉGIONS VOISINES IL Y A 126 ANS :

ATLAS5  juivedel_Atlas06  ATLAS1

Le croquis au crayon a été dessiné par le Vicomte en 1883

Il s'agit de la coiffure d'une jeune fille juive de l'Atlas.

« À la veille d’entreprendre mon voyage se dressaient deux questions : quel itinéraire adopter ? quels moyens prendre pour pouvoir le suivre ? 

La première question se résolvait naturellement : il fallait, autant que possible, ne passer que par des contrées encore inexplorées et, parmi celles-ci, choisir les régions qui, soit par leurs accidents physiques, soit par leurs habitants, paraissaient devoir présenter le plus d’intérêt.

Restait la seconde question : quel moyen employer ? Pourrait-on voyager comme européen ? Faudrait-il se servir d’un déguisement ? Il y avait lieu d’hésiter ; d’une part, me donner pour ce que je n’étais pas me répugnait; de l’autre les principaux explorateurs du Maroc, René Caillé, MM. Rohfls et Lenz, avaient voyagé déguisés et déclaraient cette précaution comme indispensable : c’était aussi l’opinion de nombreux Musulmans marocains que je consultai avant mon départ. Je m’arrêtai au parti suivant : je partirai déguisé…

Restait à faire un choix parmi les déguisements qu’on pouvait prendre. Il n’y a que deux religions au Maroc. Il fallait à tout prix être de l’une d’elles.. 

SERAIT-ON MUSULMAN OU JUIF ?

Coifferait-on le turban ou le bonnet noir ?  René Caillé, MM. Rohlfs et Lenz avaient tous opté pour le turban. Je me décidai au contraire pour le bonnet. Il me sembla que ce (costume), en m’abaissant, me ferait passer plus inaperçu, me donnerait plus de liberté. Je ne me trompai pas. Durant tout mon voyage, je gardai ce déguisement et je n’eus lieu que de m’en féliciter. S’il m’attira parfois de petites avanies, j’en fus dédommagé, ayant toujours mes aises pour travailler : pendant les séjours, il m’était facile, dans l’ombre des mellahs, et de faire mes observations astronomiques et d’écrire des nuits entières pour compléter mes notes ; dans les marches, nul ne faisait attention, nul ne daignait parler au pauvre Juif qui, pendant ce temps, consultait tour à tour boussole, montre, baromètre, et relevait le chemin qu’on suivait ; de plus , en tous lieux, j’obtenais par mes « cousins », comme s’appellent entre eux les Juifs du Maroc, des renseignements sincères et détaillés sur la région où je me trouvais. Enfin j’excitais peu de soupçons : mon mauvais accent aurait pu en faire naître ; mais ne sait-on pas qu’il y a des Israélites de tous pays ? Mon travestissement était d’ailleurs complété par la présence à mes côtés d’un Juif authentique (…) Je l’avais pris à mon service et le gardai durant tout mon voyage(…) Son office consistait, d’abord à jurer partout que j’étais un rabbin, puis à se mettre en avant dans toutes les relations avec les indigènes, de manière à me laisser le plus possible dans l’ombre ; enfin à me trouver toujours un logis solitaire où je pusse faire mes observations commodément, et, en cas d’impossibilité, à forger les histoires les plus fantastiques pour expliquer l’exhibition de mes instruments ."

LES JUIFS MAROCAINS, TOUS COMMERCANTS

"Malgré tant de précautions, je ne prétends pas que mon déguisement ait été impénétrable. Dans les quatre ou cinq points où je séjournais longtemps, ni mon bonnet noir, ni mes nouâders ( les deux longues mèches de cheveux que les Juifs marocains laissent pousser auprès des tempes  ), ni les serments  ne servirent de rien : la population juive s’aperçut tôt ou tard que j’étais un faux frère ; mais une seule fois cela pensa me mettre en un sérieux péril ; en général, les Juifs marocains, tous commerçants, appelés fréquemment par leurs affaires dans les ports où ils trouvent nos consuls, ont avantage à être en bonne relation avec les Chrétiens, surtout avec les Français. Aussi gardaient-ils religieusement le secret qu’ils avaient découvert ; rien ne transpirait en dehors du mellah. (…) Quant aux Musulmans, ils ne m’arriva que bien rarement de leur inspirer des soupçons..

Il y a une portion du Maroc où l’on peut voyager sans déguisement, mais elle est petite. Le pays se divise en deux parties : l’une soumise au Sultan ( Hassan 1er ) d’une manière effective (blad el makhzen), où les Européens circulent ouvertement et en toute sécurité ; l’autre, quatre ou cinq fois plus vaste, peuplée de tribus insoumises ou indépendantes (blad es siba), où personne ne voyage en sécurité et où les Européens ne sauraient pénétrer que travestis. Les cinq sixième du Maroc sont donc entièrement fermés aux Chrétiens ; ils ne peuvent y entrer que par la ruse et au péril de leur vie. »

 C’est ainsi que le Vicomte prit le nom  et l’habit du rabbin Joseph Aleman pour explorer le pays au péril de sa vie, étudier sa géographie et laisser des notes d'une grande valeur pour les historiens du Maroc.

 LA PRATIQUE DE L’ANAÏA POUR LES VOYAGES COURTS

Le Vicomte nous explique ce qui se pratiquait en 1883 :

« Dans toutes les tribus indépendantes du Maroc, ainsi que dans celles qui sont imparfaitement soumises, la manière de voyager est la même. On demande à un membre de la tribu de vous accorder son anaïa, « protection», et de vous faire parvenir en sûreté à tel endroit que l’on désigne : il s’y engage moyennant un prix qu’on débat avec lui, setata : la somme fixée, il vous conduit ou vous fait conduire par un ou plusieurs hommes jusqu’au lieu convenu ; là on ne vous laisse qu’en mains sûres, chez des amis auxquels on vous recommande. Ceux-ci vous mèneront ou vous feront mener plus loin dans les mêmes conditions : nouvelle anaïa, nouvelle zetata, et ainsi de suite. On passe de la sorte de main en main jusqu’à l’arrivée au terme du voyage. Ceux qui composent l’escorte sont appelés zetat… L’usage de l’anaïa  forme une des principales  sources de revenus des familles puissantes. C’est à elles en effet que les voyageurs s’adressent de préférence, la première condition chez un zetat étant la force de faire respecter son protégé. Il y a une seconde qualité non moins essentielle qu’il faut chercher en lui : c’est la fidélité. En des lieux où il n’y a ni lois ni justice d’aucune sorte, où chacun ne relève que de soi-même, des zetats peuvent piller, égorger, chemin faisant, les voyageurs qu’ils avaient promis de défendre, nul n’a un mot à leur dire, nul n’a un reproche à leur faire ; c’est un accident contre lequel rien au monde ne peut garantir : une fois en route avec des zetats, on est entièrement à leur merci. Aussi faut-il les choisir avec la plus grande prudence et, avant de demander à un homme son anaïa, s’informer minutieusement de sa réputation. »

Pour les voyages plus long il existait une autre coutume : la debiha. Elle permettait de protéger les étrangers à  la région. Cependant les debihas n'étaient pas toujours respectées, ce qui rendait le commerce et les voyages dangereux. Voir les écrits du Vicomte: Reconnaissance au Maroc édité en 1888 par la Société d'Editions géographiques. pages 130-133.

L’IMPORTANCE DES COMMUNAUTÉS JUIVES IL Y A 126 ANS, L’EXEMPLE D’UN VILLAGE PROCHE DE TIKIRTE (2 jours de marche)

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 Ce croquis du Vicomte a été dessiné depuis le mellah de Tazenakht qui était relativement important en 1878 avant les quatre années de sécheresse.

« À trois heures et demie du soir, j’arrive au gros village de Tazenakht. Peu de voyageurs sur mon chemin. Je n’ai rencontré de la journée que trois petites caravanes. Le chef de l’une d’elles entra en longs pourparlers avec les gens de mon escorte : il désirait me piller, leur proposait de faire la chose de concert et leur offrait la moitié du butin. Ne leur était-ce pas plus avantageux que de continuer, sot métier, à faire cortège à un Juif ? Mes hommes, qui avaient des préjugés, repoussèrent sa demande. Aucun terme ne lui parut trop fort pour exprimer combien il les trouvait ridicules. » Une autrefois il fut réellement agressé et faillit perdre la vie, malgré la debiha.

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 « L’aspect de Tazenakht est triste ; on ne voit que maisons à demi démolies, pans de murs croulants ; les ruines occupent au moins les deux tiers de la surface. C’est l’œuvre de la famine ; quatre années de sécheresse ont produit ce résultat ; il y a quatre ans, vivaient ici 300 familles, moitié de Musulmans, moitié d’Israélites ; un  grand commerce y apportait la richesse ; le khemis, marché célèbre dans le sahara entier, était le rendez-vous de toutes les tribus voisines : on y venait en foule du Sous, du Dra, du Telouet même et des Ida ou Blal ; depuis quatre ans, point d’eau, point de récoltes : les ressources se sont épuisées, les provisions ont manqué, il a fallu émigrer ; plus de la moitié des habitants a déserté ; aujourd’hui la population est réduite à 80 familles musulmanes et 55 juives. La décadence s’est mise en tout : le commerce est devenu à peu près nul ; le marché, si animé jadis, est désert. C’est la disette de grains dans les tribus voisines, surtout chez les Zenâga, qui a semé ce désastre… »

D’après les chiffres indiqués par le Vicomte on constate que les Juifs étaient à peine moins nombreux que les Musulmans et que le Mellah était proche de la demeure du Chikh ez Zanifi.

Beaucoup auront compris l'intérêt de ces notes pour l'histoire de la région. Seulement quelques extraits ont été présentés ici. L'auteur de ces croquis et de ces notes n'est autre que le Vicomte Charles de Foucauld avant qu'il ne devienne le Père Charles de Foucauld. On trouvera des morceaux choisis chez l'Editeur arabo-berbère : A la croisée des chemins -->  Reconnaissance 1883-1884

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25 septembre 2009

NOTES SUR IMINI ET TIKIRT EN 1883

LE VICOMTE, PREMIER VOYAGEUR QUI A DÉCRIT LE PAYS D'IMINI EN 1883, (PAR SES NOTES, SES CARTES ET SES CROQUIS) SE DÉPLACAIT SOUS UN NOM D'EMPRUNT: JOSEPH ALEMAN ORIGINAIRE DE RUSSIE. IL VOYAGEAIT COIFFÉ D'UNE CALOTTE ROUGE ET D'UN TURBAN DE SOIE NOIRE.

C'ÉTAIT EN RÉALITÉ UN JEUNE OFFICIER FRANCAIS QUI AVAIT DONNÈ SA DÉMISSION DE L'ARMÉE À 25 ANS ET APPRIS L'ARABE ET L'HÉBREU À ALGER. DANS SES NOTES IL DÉCRIT LES COUTUMES DES AÏT ZAÏNEB DE L'ÉPOQUE:

ATLAS4  ATLAS2  ATLAS3

"Joseph ALEMAN" ne disposait pas d'appareil photographique; ci-dessous l'un de ses croquis et quelques extraits de ses notes de voyage

ALEMAN6

 

"LES MONTAGNES TOURNENT AUTOUR DE NOTRE PAYS", disent les habitants de Tikirte. En effet, de quelque côté qu’on jette les yeux, on ne voit que massifs sombres. Au sud et à l’est, ce sont les flancs des ouads Iounil d’une part, Imini et Idermi de l’autre, talus rocheux de 150 à 200 mètres de haut, que nous avons décrits. Au nord et à l’ouest, ce sont de très hautes crêtes, la plupart couvertes de neige, se perdant dans les nuages. On distingue de Tikirt plusieurs sommets remarquables et plusieurs cols : Djebel Anremer, Tizi n Telouet, Tizi n Tichka, Tizi n Tamanat, Djebel Tidili, Djebel Siroua. Les premiers appartiennent au Grand Atlas qu’on appelle ici Adrar n Deren….

Les trois routes par les cols : « Tizi n Tichka : Col conduisant de la vallée de l’Asif Marren dans celle de l’Ouad Rdat, à Zaraken par exemple. L’Ouad Tichka, qui en descend, se jette dans l’Ouad el Melh, à Imirren. »… « Tizi n Tamanat. Col donnant accès de la vallée de l’Ouad Imini dans la tribu des Mesfioua.(…) L’Ouad Tamanat, qui descend du col, se jette dans l’Ouad Imini. » C’est la route la plus courte, « mais la plus facile et de beaucoup la plus fréquentée est celle du Tizi n Telouet. »

L'ASSEMBLÉE DES NOTABLES, LE CHEF ÉLU POUR UN AN OU LE CHEF HÉRÉDITAIRE: LES AÏT ZAÏNEB

Les divers territoires que j’ai traversé depuis les Glaoua, Assaka, Tizgi, Aït Zaïneb, appartiennent les premiers à des districts isolés, le dernier à une petite tribu. Les uns et les autres sont indépendants de fait, mais reconnaissent la suzeraineté du Sultan. Les marques de soumission qu’ils lui donnent se bornent à l’envoi annuel au Glaoui d’un présent dont la valeur varie entre 50 et 200 francs ; de plus, si l’on prend des voleurs, on les expédie à Imaounin.

L’Assaka, le Tizgi se gouvernent par leurs assemblées, ‘anfaliz’. Les Aït Zaïneb ont un chikh héréditaire, Chikh Mohammed, qui réside à Tikirt ; il ne domine que sur une partie de sa tribu, celle qui est à l’est d’Imzouren ; le reste, Imzouren, Tizgzaouin, Tadoula, s’est depuis peu rangé volontairement sous la domination du chikh de Tazenakht, ez Zanifi : cela s’est fait sans guerre ; la bonne intelligence des deux chefs n’a pas été troublée.TIKIRTE

LE TAMAZIRT, LANGUE PRINCIPALE; LES PARURES DES FEMMES

Ici le tamazirt est non seulement la langue générale, c’est presque la langue unique : à peine un homme sur cinq, une femme sur vingt, savent l’arabe.Le costume est le même qu’à l’entrée des Glaoua ; mais les femmes, qui dans le nord portaient peu de bijoux, en ont une foule et, en outre, se peignent la figure. Jusqu’ici un fil de verroteries mêlées de grains de corail et de pièces d’argent suspendu au cou, un second placé dans les cheveux, étaient leurs seuls ornements. Désormais elles se couvriront d’énormes colliers d’ambre et de corail, de bracelets, de broches, de diadèmes, de pendants d’oreilles et d’autres volumineuses parures d’argent.

APPROVISIONNEMENTS

Dans le Grand Atlas, nous avons trouvé le lait et le miel en abondance. Ici il en a été de même ; plus loin , ces deux choses seront rares. On cesse de pouvoir se procurer du savon au sud de Tikirt ; jusqu’ici on en fabriquait dans toutes les bourgades de quelque importance ; c’était une spécialité lucrative des Juifs ; au delà des Aït Zaïneb, il ne s’en fait plus, il ne s’en vend plus sur les marchés. Pour laver les vêtements, on se sert de certaines herbes ; le blanchissage ainsi obtenu est médiocre.

Mais quel était la vraie identité de ce Vicomte au nom d'emprunt de Joseph Aleman, originaire de Russie ? Certains le savent déjà, d'autres l'ignorent encore, mais nous le saurons tous bientôt. Tikirte des Aït Zineb est aussi une commune qui bouge et construit son avenir sans renier son passé; un exemple pour Imini-Boutazoult--> AIT ZINEB

 

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18 septembre 2009

LE VICOMTE EN 1883 ENTRE LES OUEDS IMINI & TIDILI

A L'OCCASION DE L'AÏD ALFITR TIMKKIT2008 PRÉSENTE À TOUS LES MUSULMANS D'IMINI ET D'AILLEURS SES MEILLEURS VOEUX ET SOUHAITE LA PROSPÉRITÉ À LA VALLÉE D'IMINI ET À SES ENFANTS

LES OBSERVATIONS DU VICOMTE, IL Y A 126 ANS LORS DE SON PASSAGE DANS LA VALLÉE DE L'IMINI - LA CITADELLE EN RUINES DE TASGEDLT

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Ce croquis dessiné par le Vicomte est le document le plus ancien sur l'architecture de la citadelle.

Dans son récit, il décrit la forteresse telle qu'il l'a vue : "Je profite de mon séjour à Tikirt pour aller visiter les ruines de Tasgedlt, célèbres dans le pays et objet de mille légendes. Elles se composent d’une enceinte presque carrée, jadis garnie de tours sur tout son développement. Les murailles, épaisses, ont dû être en maçonnerie à la base, en pisé dans le haut.Il en reste peu de chose : une partie des murs s’est écroulée ; le reste, très écrêté, tombe chaque jour davantage. La partie sud est la mieux conservée ; on y voit 7 ou 8 tours ayant encore 3 à 4 mètres. À l’intérieur de l’enceinte, s’élèvent des monceaux de pierres ne présentant que des débris informes. La forteresse est construite en amphithéâtre sur une côte rocheuse, d’une pente de ½, dont elle couvre toute la hauteur ; dans sa portion nord, cette côte se transforme brusquement en une muraille verticale où s’ouvrent les bouches de plusieurs cavernes..."

HISTOIRE OU LÉGENDE DES TROIS CITADELLES

Le Vicomte poursuit sa description de l'architecture de ce vestige du patrimoine de la vallée de l'Imini en recueillant ce que les Iminiens de l'époque en disaient. Il nous le rapporte: " Une ancienne citadelle, des cavernes, voilà plus qu’il n’en faut aux habitants pour voir ici une trace du passage des Chrétiens. D’ailleurs l’histoire n’est-elle pas là pour prouver la vérité de cette opinion, histoire écrite en des livres qu’on n’a pas pu me montrer, mais dont le contenu est dans la mémoire de chacun. Naguère, il y a bien des siècles, trois princesses, filles d’un roi chrétien, régnaient sur ces contrées : l’une, Doula bent Ouâd, résidait en cette forteresse de Tasgedelt ; une autre, Zelfa bent Ouâd, en habitait une semblable, sur les bords de l’Asif Marren, près de Teççaïout ; la troisième, Stouka bent Ouâd, une semblable encore à Taskoukt sur l’Ouad Imini : en ces trois lieux se voient des ruines pareilles. Les Musulmans firent longtemps la guerre aux trois princesses chrétiennes et finirent par les chasser. Il est plus probable que les trois qaçbas sont l’œuvre d’un même sultan, celui sans doute qui construisit le pont de Ouad Rdat."

TidilTasgeldt1893

Ce croquis réalisé par le Vicomte est intitulé "Vue d'ensemble des ruines de Tasgedlt". Il précise qu'il l'a dessiné depuis le lit de l'oued Tidili.

L'IRRIGATION, L'AGRICULTURE ET LES COUTUMES DE L'EAU À IMINI IL Y A PLUS D'UN SIÈCLE

Le Vicomte donne aussi des indications sur l'agriculture et les coutumes de l'époque : " Dans cette excursion, je passe auprès du confluent des ouads Iriri et Imini ; ils se réunissent dans une plaine triangulaire semblable à celle de Tikirt : même sol vaseux, bas et plat, couvert de cultures, et en hiver inondé ; pas d’arbres, si ce n’est quelques uns auprès des villages ; champs d’orge, de blé, surtout de maïs. On laboure avec des charrues à soc de fer, traînées par des bœufs ; ces derniers sont assez nombreux dans le pays, ainsi que les moutons et les chèvres ; depuis le Telouet, on voit quelques chameaux. L’Ouad Imini, au-dessous du confluent, a peu d’eau, 1,50 mètre, avec 40 centimètres de profondeur : ce mince filet court au milieu d’un lit de gros galets mesurant plus de 500 mètres d’une rive à l’autre. Plus haut, en face de Tasgedlt, la même rivière a 200 mètres de large et est à sec, non par manque d’eau, mais parce que les habitants la font dériver pour arroser leurs plantations ; si je n’en rencontre pas dans l’ouad, je traverse plusieurs larges conduites où elle coule à pleins bords. Chaque tribu, chaque village, a droit à une quantité d’eau déterminée ; des traités, des qanouns la règlent. Les canaux sont une source de contestations et de querelles fréquentes entre villages et autre fractions. Ces démêlés se vident comme ils se vident tous, par la poudre : en ce moment, les gens de l’Imini et les Aït Touaïa sont en hostilités avec les Aït Zaïneb pour ce motif. Rarement ces guerres sont meurtrières ; elles se bornent la plupart du temps à quelques coups de fusil échangés à la frontière."

Le Vicomte a fait d'autres observations qui intéressent le patrimoine de la région. M. Mokhtar BELARBI, professeur à l'Université de Meknès en prépare une traduction en arabe. Timkkit2008 y reviendra prochainement. Puissent ces indications sur le passé servir aux Iminiens d'aujourd'hui à redonner à leur région une nouvelle prospérité.

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11 septembre 2009

CARNET DE VOYAGE DU VICOMTE EN 1883

UN VICOMTE MARCHEUR ET OBSERVATEUR FRANCHIT INCOGNITO L'OUED IMINI IL Y A 126 ANS ET SÉJOURNE À TIKIRT

QUELQUES NOTES SUR SON CARNET DE ROUTE MONTRENT SON ITINERAIRE DE DEMNATE À TAZENACHT ENTRE LE 8 & LE 25 OCTOBRE 1883. LE VICOMTE A DESSINÉ LUI MÊME LA PREMIÈRE CARTE DE LA REGION CAR IL N'EN EXISTAIT PAS ENCORE. La comparer avec une carte actuelle en cliquant ici: CARTE

 

Demnat_Tazenaght1893

 

CI-DESSOUS QUELQUES EXTRAITS DE SES NOTES MONTRENT SES ÉTAPES. Le Vicomte donne d'autres renseignements; ils ne figurent pas ici pour éviter les longueurs. Ces observations montrant la situation du pays à l'époque n'ont pas été reproduites , leur absence est signalée par les parenthèses (...). Elles seront communiquées partiellement plus tard.

8 octobre 1883 : Sidi Rahal : « …environ 1000 habitants ; au milieu s’élèvent une belle qoubba, où reposent les restes de Sidi Rahal, et une zaouïa, où vivent les marabouts, ses descendants ; ces derniers sont fort vénérés dans le pays.(… ) En dehors de l’enceinte musulmane, formant un faubourg isolé, se trouve un petit mellah. Jardins peu étendus.»

9 octobre 1883 : Ouad Rdat: "Quoique blad el makhzen, le pays n’est pas assez sûr pour marcher sans zetat, mais un seul homme suffit. Je trouve sans peine quelqu’un pour m’escorter. Départ à midi et demi. Un cours d’eau sort ici même du Grand Atlas. C’est l’Ouad Rdat (Ghdat). Il prend sa source au sommet de la chaîne, à la dépression considérable appelée Tizi n Glaoui, et en descend dans une direction perpendiculaire aux crêtes ; cette rivière trace ainsi une route courte et facile pour franchir la chaîne. Je m’y engage. Jusqu’au Tizi, je resterai dans le bassin de l’ouad, et pendant la plus grande partie du trajet j’en suivrai le cours. (…) Aujourd’hui je fais une étape très courte : je m’arrête à Enzel, village de 600 habitants, où je passerai la nuit ; il n’est que 3 heures lorsque j’y arrive. »

10 octobre 1883 : « D’Enzel à Tagmout, je suis la vallée de l’Ouad Rdat, telle que je l’ai décrite hier. Parti à 5 heures du matin, j’arrive à 11. Chemin faisant, je passe auprès des ruines d’un pont attribué par les uns aux chrétiens, par les autres à es Soultan Akheul : on cite toujours ces deux noms au Maroc dès qu’il s’agit d’ouvrages dont on ne connaît pas les auteurs (…) Plusieurs gros villages jalonnent la route : les deux principaux sont Ifsfes (600 habitants) et Zarakten (800 habitants). (…) Beaucoup de gibier ; quantité d’énormes de perdreaux : tout le long de la route, j’en vois courir à mes pieds ; ils se lèvent rarement ; on ne les chasse pas : quand les habitants veulent en manger, ils en tuent à coup de pierres. ». Sans appareil photo, il fallait savoir dessiner pour conserver la mémoire de ses observations; le Vicomte réalisait des croquis.IMG_0007

11, 12, 13 octobre : « Séjour à Tagmout. Le village a 800 ou 900 habitants. Situé sur le bord de l’Ouad Adrar n Iri, il est fractionné en plusieurs groupes qui s’espacent sur les premières pentes du flanc gauche de la vallée, au milieu des cultures et des jardins (…) Tagmout compte parmi les Aït Roba : cette fraction se compose de tout ce qui habite sur le cours de l’Ouad Adrar n Iri. »

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14 octobre 1883 : Passage du Tizi n Telouet "Départ à 6 heures du matin. Un zetat m’escorte. La route d’aujourd’hui peut se diviser en quatre portions. 1° de Tagmout à Titoula Tahtia : chemin extrêmement difficile ; montées très raides à travers les pierres ; région déserte ; sol rocheux, tantôt nu, tantôt boisé. 2° De Titoua Tahtia à Titouha Fouqia : on retrouve le cours de l’Ouad Adrar n Iri, (…) on le suit : les premières pentes et le fond de la vallée sont couverts de villages et de cultures ; orges et maïs, ombragés de noisetiers, de trembles, surtout de noyers ; ce fond de vallée a peu de largeur (…) chemin facile. 3° De Titoua Fouqia au col de Tizi n Telouet, où je franchis la crête supérieure du Grand Atlas. (…) Il est atteint à 4 heures du soir. (…) 4° J’entre ici dans la quatrième portion de mon trajet d’aujourd’hui : du Tizi n Telouet à Aït Baddou. On commence par une descente raide : c’est un passage dangereux, comme l’indique son nom, Taourirt n Imakkeren, ‘colline des brigands’ ; puis on débouche dans la plaine du Telouet ; sol plat, bonne terre couverte de cultures. Je m’arrête à 6 heures et demie, près de son extrémité sud, au petit village d’Aït Baddou. »

15 octobre 1883 : Suivre l'Ouad Iounil: Départ 7 heures du matin. Je rentre en bled es siba (…) En quittant Aït Baddou, on achève de traverser la plaine de Telouet. Puis on entre dans la région la plus désolée qu’on puisse voir : tout est roche (… ) Je ne quitte plus l ‘Ouad Iounil (Waounila) jusqu’au gîte : un moment je monte sur le sommet du flanc gauche ; un vaste plateau rocheux s’y offre à mes yeux : il s’étend à perte de vue ; le thym est la seule plante qui y pousse ; les gazelles sont les seuls êtres animés qui y vivent. À 3 heures je m’arrête à Tizgi (Tizgui-n-Barda), principal village du district de ce nom.»

Tisgui1893

16 -17 octobre 1883 Séjour à Tizgi (Tizgui-n-Barda). "J’ai été frappé, à mon entrée dans la vallée de l’Ouad Iounil (Waounila) , d’un des caractères qui distinguent le bassin du Dra : l’élégance des constructions ; j’en remarque ici un autre, plus im portant : il se rapporte à la race qui occupe le pays. Jusqu’à présent, je n’avais vu que des Imaziren blancs, ceux qu’on appelle Chellaha ; désormais, une bonne partie de la population se composera d’Imaziren noirs ou bruns, Haratin. Dans tout le bassin du Dra, je les trouverai mêlés aux Chellaha, dans une proportion d’autant plus grande que j’avancerai d’avantage vers le sud : dans la vallée même de ce fleuve, ils sont si nombreux que le nom de Draoui y est synonyme de celui de Hartâni ; sur ses affluents, ils existent aussi en grande quantité : c’est dans ce bassin qu’ils semblent s’être concentrés ; il n’ y en a point dans celui du Sous, très peu dans celui du Ziz. (…) Malgré cette égalité politique, malgré cette communauté d’origine reconnue, les Chellaha se regardent comme supérieurs aux Haratin, et ceux-ci ont le sentiment de l’infériorité. Ils cherchent à se relever en épousant des femmes de couleur claire. « Parle-t-on mariage ? dit un proverbe, l’Arabe demande : Est-elle de bonne maison ? le Chleuh, est-elle riche ? le Hartâni, est-elle blanche ? »

18 octobre 1883: Vers Tikirte: Départ à dix heures et demie. De Tizgi à Tikirte, on ne cesse de suivre le cours de l’Ouad Iounil (Waounila) ; une bonne partie du chemin c’est dans son lit même que l’on marche : ce dernier a ici 15 à 20 mètres de large ; la rivière y coule, tantôt en une seule masse de 5 mètres de large et de 30 centimètres de profondeur, tantôt y formant plusieurs bras, tantôt l’inondant presque en entier et étant alors très peu profonde. Depuis sa source jusqu’à son confluent avec l’Ouad Imini, elle a, quelque soit sa force, cette même manière irrégulière de couler. D’ici à Tikirte, sa vallée peut se diviser en deux portions, l’une jusqu’à son confluent avec l’Asif Marren (Marghene), l’autre au delà. Dans la première, le fond reste ce qu’il était au-dessus de Tizgi, large de 50 à 60 mètres, couvert de cultures, ombragé de beaucoup d’arbres. Les deux flancs sont toujours de grés rouge et très hauts : cependant ce ne sont plus des murailles perpendiculaires, si ce n’est à leur partie supérieure où se voient des cavernes (...). À une heure et demie j’atteins Tamdakht, village en face duquel l’Asif Marren (Marghene) se jette dans l’Ouad Iounil. La vallée change d’aspect : le fond s’agrandit et prend une largeur de 300 mètres ; il est couvert de cultures; les cultures qu’on voit ici à Tikirt n’ont aucune ressemblance avec celles d’auparavant: jusqu’à présent, une foule d’arbres ombrageaient les champs ; désormais on n’en verra plus, excepté aux abords des villages ; encore y sont-ils peu nombreux et parfois manquent ils. La rivière coule dans un lit de 40 mètres de large, moitié vase, moitié galets, dont l’eau n’occupe qu’une faible partie. Les flancs, tout en restant rocheux, s’abaissent peu à peu, le droit surtout ; il diminue graduellement, et disparaît à quelque distance de Tikirte. Le flanc gauche conserve une hauteur minima de 150 mètres au-dessus du niveau de la vallée, mais ses pentes deviennent de plus en plus douces ; sa couleur change : il n’a plus le rose ou le rouge du grès, mais une teinte blanche qu’il gardera jusque auprès de Tikirt ; là, variant de nouveau, il deviendra noir et luisant : à partir d’ici plus de cavernes.

plaine1893

Cliquer sur le croquis de la plaine de Tikirte dessinée par le Vicomte pour l'agrandir

La traversée de l'Ouad Imini: En face de Tikirt, s’étend une plaine triangulaire au confluent des ouads Iounil et Imini ; très plate, à sol de vase desséchée, elle se cultive en automne et est inondée en hiver. À l’extrémité de la plaine un étroit 'kheneg', se creusant entre les roches noires des montagnes, donne passage à la rivière. Un peu plus haut, un spectacle nouveau réjouit mes yeux : un bois de palmiers entoure le village de Tazentout ; c’est le premier que je voie : on approche du Sahara. À 5 heures, je parviens à Tikirt, où je m’arrête. Peu de voyageurs sur le chemin, quoique le pays soit très habité. L’Ouad Imini, que j’ai traversé avant d’arriver, a 9 mètres de large et 30 centimètres de profondeur ; peu de courant ; il coule au milieu d’un lit de gros galets, large d’environ 700 mètres. Cette rivière est moins considérable comme volume d’eau q ue l’Ouad Iounil, qui, deux heures plus haut, avait, avec un courant très rapide, la même profondeur que lui et une largeur de 10 mètres.

Tazentout1893

19-24 octobre 1883 : Séjour à Tikirte et visite de la région.(...une autre page prochainement sur la région à cette époque) Voir une video sur Tikirte aujourd'hui --> 2500 habitants

Tikirt1893

Tikirt: la demeure du Chikh

25 octobre 1883 : Vers Tazenakht: " Départ de Tikirt à 9 heures du matin. Je m’engage aussitôt dans un vaste désert qui s’étend, moucheté de loin en loin de petites oasis entre les trois ouads Idermi, Aït Tigdi Ouchchen et Tazenakht.(…)"

Il est intéressant pour les Iminiens et les habitants de la région de disposer de ces notes de voyage du Vicomte car elles permettent de se rendre compte de la vie avant la mine de manganese il y a plus d'un siècle. Le vicomte a remarqué les roches noires et les a consignées dans ses notes, mais il n'est pas géologue, il est plutôt géographe, il n'a pas identifié le manganèse. Des changements ont eu lieu depuis un gros siècle, chacun les aura notés: les villages beaucoup plus peuplés autrefois, un gibier abondant qui est devenu rare, les forêts ont reculé, le Vicomte ne parle pas de Ouarzazate et de son lac qui n'existaient pas encore, ... parmi ce qui ne change pas restent les oueds et leurs galets, même si certains ont moins d'eau aujourd'hui.

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06 septembre 2009

TENTE DES HOTES ET CHASSE AU LAMET

HUGUES LE ROUX, JOURNALISTE VOYAGEUR

Hugues Le Roux commença sa vie professionnelle comme journaliste. Il fut élu sénateur en 1920 et ne put aller au bout de son mandat; il est mort en 1925. De bonne heure il quitte sa Normandie natale pour tenter sa chance de jeune écrivain dans la capitale. Débuts difficiles. À 22 ans, il collabore déjà à la 'Revue politique et littéraire' puis bientôt au Temps, au Figaro, au Journal, au Matin. En 1885 paraît son premier roman, aussitôt suivi d'une série d'études documentaires et sociales. Épris d'aventures, il fut un voyageur infatigable, notamment au Magherg et dans nos régions au confins du désert. Même si Hugues Le ROUX est un journaliste controversé qui dans certains de ses livres mélange les faits historiques avec les histoires romancées, il est intéressant de noter quelques unes de ses observations sur nos régions qui datent maintenant de plus d'un siècle puisque publiées en 1891. Ci-dessous une description des tentes des nomades du sud, telles que celles qui font partie de notre patrimoine.

LA TENTE DES HÔTES
" Au centre du campement on a dressé, pour nous recevoir, la " tente des hôtes ". Au dehors, elle est blanche et parsemée de vases d'un dessin hiératique, coloriés en bleu, qui, du sommet à la base, en cercles toujours plus étroits, décorent la blancheur de la toile. A l'intérieur, c'est une alternance symétrique de bandes rouges et vertes. Des tapis anciens recouvrent entièrement le sol. La tente est meublée de divans bas. Sur ces divans sont étendues des étoffes légèrement ouatées; ce sont des morceaux de soieries claires, bleues-pâles ou jaunes-pâles, à fleurs, entourés de bandes plus foncées; les soieries jaunes sont relevées de rose, les bleues de ponceau vif. Et il y a partout une profusion de traversins et de tabourets multicolores. En sortant de la plaine où les yeux, pendant des heures, se sont habitués à la monotonie de la terre brûlée, cette chanson de couleurs claires, rencontrée en plein désert, ravit comme une boisson fraîche.

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" Et l'on goûte aussi sous cette tente la douceur de l'abri, car, dehors, le vent est très vif. Il s'abat tout d'un coup, en rafale, sur le campement de l'agha. Il s'engouffre sous la tente. Il va l'arracher à ses pieux. Mais un cri d'alarme a été poussé, les cavaliers ont vu venir cette trombe; à chaque cordage, il y a un homme qui tire, s'arc-boute. A cette minute, la tente a l'air d'un ballon qui se balance pour s'enlever. Puis la colonne de poussière court vers les montagnes. L'ordre se rétablit."
(Extrait de son livre Au Sahara)

Il n'est pas douteux que M. Moulinou en faisant construire une Maison des hôtes à Imini ( en plus de la Cantine) a voulu s'inscrire dans la tradition d'accueil du pays dont la tente est le symbole. Ci-dessus des photos d'une tente prises à Timkkit en 2008 semblable à celle décrite par Hugues Leroux plus d'un siècle avant)

Mais poursuivons notre lecture.AuSaharaHLR1891

 

HISTOIRE DE CHASSEUR: LA CHASSE AU LAMET
Connaissez-vous la chasse au Lamet ? (prononcez lammtt). Personne n'a vu cet animal. Mais les chasseurs en parlent beaucoup. Certains disent que c'est un quadrupède dont le bipède droit est plus court que le gauche pour mieux courir à flanc de coteau. C'est un inépuisable sujet de plaisanteries. Le voyageur-journaliste-romancier Hugues LE ROUX raconte aussi une histoire qui lui fut contée par Taïeb lors d'un voyage vers les dunes du désert:
"Taïeb n'est pas seulement un traditionaliste distingué. Il a la spécialité des récits de chasse. Le plus merveilleux dont j'ai gardé le souvenir, est la poursuite d'un animal mystérieux que mon guide appelait le lamet. Le seul détail précis que j'ai pu obtenir sur ce gibier fantastique, c'est qu'il n'a qu'un pied. Avec ce pied unique, le lamet court plus vite que tous les chevaux. On les crève inutilement à sa poursuite.
" Je suis - je ne sais pourquoi - beaucoup plus rebelle aux histoires de chasse qu'aux récits surnaturels, et je ne peux m'empêcher de présenter à Taïeb cette objection candide
" - Comment sait-on que le lamet existe puisque personne ne l'a jamais vu ?
" Le spahi a répondu avec sang-froid :
" - Si, il y a bien longtemps, un chasseur a tué un lamet. Il l'avait surpris endormi sur son seul pied et appuyé contre un arbre. Alors le chasseur a scié l'arbre et le lamet est tombé par terre.
"

L'histoire de la chasse au Lamet se retrouve dans d'autres cultures et d'autres pays, le nombre de pattes change parfois: certains ont déjà entendu parler de la chasse au Dahu que le chasseur muni d'un grand sac poursuit à la nuit tombée. Dans d'autres pays il est appelé Tarnagas, il suffit de l'approcher par derrière et de siffler par surprise , il se retourne alors, perd l'équilibre à cause de sa patte plus courte du mauvais côté et le chasseur en profite pour le coiffer de son sac pour l'y enfermer. Le lamet de Taïeb est plus vulnérable parce qu'il n'a qu'un pied. Le récit de l'histoire est souvent suivi d'un exercice pratique et il n'est pas rare de voir à la tombée de la nuit des apprentis chasseurs munis de grands sacs, marchant avec précaution et essayant de repérer un Lamet à flanc de dune ou de colline. Parfois certains y passent un bonne partie de la nuit sans résultat espérant montrer qu'ils sont capables de réussir audelà de ce que les chasseurs les plus expérimentés savent faire.

Il n'est pas toujours productif de se lancer dans des activités pour lesquelles d'autres sont plus compétents et expérimentés.
Les récits et les histoires font aussi partie du patrimoine régional d'Imini; conservons-les!

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30 août 2009

DÉCEPTIONS D'IMINIENNES

25 JUILLET 2008 : IMMENSE DÉCEPTION DE JANINE RIVE

Madame Janine RIVE, qui fut la femme de Marcel RIVE, jeune ingénieur des mines travaillant pour la SACEM, vécut à Bou Tazoult entre 1951 et 1957. C’est là qu’est née leur fille Geneviève. Elles reviennent presque tous les ans au Maroc. Mme RIVE avait participé à la rencontre des iminiens en août 2008. En raison des promesses données à cette occasion, notamment sur la réfection des fresques de la Chapelle, elle avait fait le nécessaire pour que la chapelle Ste-Barbe retrouve une Cloche ( Jaras, Nnaqous) semblable à celle qui avait disparu. Elle écrit sa profonde déception:

cloches003 Ste_Barbe040

Bonjour amis iminiens,

J’ai attendu que retombe mon ressentiment pour vous écrire. Comme envisagé depuis longtemps, porteuses de la Cloche et de la corde destinées à la chapelle Ste-Barbe de BouTazoult, promises l’an dernier lors du rassemblement des « anciens », nous sommes allées, Geneviève ma fille, Sandrine ma petite fille et moi-même au « rassemblement » du 25 juillet, annoncé depuis déjà quelques mois. Il n’y avait eu aucun contre ordre ; aux dernières nouvelles connues, il était question de deux rassemblements, l’un les 18 et 19 juillet, puis le second les 25 et 26. Bizarre, inepte même ; nous avions pas mal de doutes !! Mais depuis un mois nous avions nos billets d’avion pour Marrakech, alors, en route ! avec cloche, corde et quelques fournitures scolaires qui avaient pu trouver place dans les valises au dernier moment, jusqu’à la limite du poids autorisé.

Bon voyage, pas de soucis à la pesée des bagages, coucher à Marrakech le 23, et le 24 après récupération de la voiture de location et un petit tour dans les souks de Marrakech, montée vers le Tichka avec toujours le même bonheur devant les paysages splendides ; arrêt inévitable au col, un petit crochet pour admirer une fois de plus les Aït Benhaddou, une petite poussée jusqu’à Tamdaght pour jeter un coup d’œil à la « kasbah aux cigognes » du Glaoui (très très abîmée par le dernier hiver), coucher à Ouarzazate le 24 où impossibilité pour diverses raisons de joindre Saadia ou Malika au téléphone ; juste une liaison avec Aomar Herda qui était au volant de sa voiture, loin de là, conversation hachée avec maintes coupures et « retiré de ça » ; merci Aomar, pour votre gentillesse et votre patience au téléphone, merci encore.

Aucune nouvelle donc, nos doutes s’étaient transformés en certitude qu’il n’y avait rien ; mais quand même, en route pour Imini : PERSONNE ; route goudronnée en bon état jusqu’à BouTazoult, mais à part la salle des fêtes, propre extérieurement tout au moins (nous n’avons pas tenté d’entrer), le village minable (oui, je sais qu’il a fait très mauvais l’hiver dernier et que la région a souffert !), tout à nouveau à l’abandon, mort, mort, mort. Chapelle close, bien entendu : où sont les promesses de l’an passé : « la chapelle est notre priorité, il faut retrouver des photos des fresques pour les restaurer , etc…etc… » Pffft !! oubliées.

Tour du village néanmoins, « tour souvenir » bien sûr ; montée vers l’ancienne exploitation où nous avons vu vers l’ex « village indigène » quelques maisons habitées (2 ou 3) en cours de route ; continuation vers le Tidili en souvenir des parties de pêche ! et retour sur Ouarzazate ; toujours impossible de toucher Saadia et Malika.


Alors ? et bien nous avons repris la route et savouré encore ce « pèlerinage » en ce pays si cher à mon cœur ; sommes descendues sur Demnat au départ de Skoura par cette magnifique route si sauvage et si belle ; petit arrêt à Imi n’ifri où les crues énormes de l’oued, l’hiver dernier ont ravagé les « stalactites » du pont, hélas !


Nous avons, la rage au cœur malgré tout, rapporté toutes les fournitures scolaires ( le directeur de l’école de Timkkit était absent, en congés ! à qui les confier ?). Nous avons rapporté Cloche et corde qui trouveront bien une chapelle pour les accueillir ! car je doute fort aujourd’hui que la chapelle Ste-Barbe soit restaurée un jour malgré les promesses de l’été 2008 ! ( si je me trompe, je ferai mon ‘mea culpa’ promis, et je tiens mes promesses !)


L’association telle qu’elle était envisagée au départ est bien mal en point, elle a du plomb dans l’aile ; ce ne sera plus une association iminienne telle qu’elle se prépare ! le musée, les expositions photos, les livres,.. c’est beau et c’était envisageable à Imini, bien sûr ! C’est beau, oui, mais pour Ouarzazate et pour l’ego et l’orgueil de certains qu’il va flatter ( si cela finit par se faire) bien sûr ; mais quelles retombées pour Imini ? les femmes nécessiteuses, l’école ? Les projets d’entr’aide, où sont-ils ? Je suis déçue, très déçue pour ce village qui nous as tous marqués, marocains et européens ! Je suis peut-être pessimiste, mais … réaliste. Pour une fois, sans doute avais-je rêvé ! Cela aurait fait preuve de civilité de prévenir quelques jours auparavant que le rassemblement des 25 et 26 juillet était annulé.


Mes amitiés à vous tous, iminiens, iminiennes qui y avez laissé une part de votre cœur.


Janine RIVE, ce 25 août 2009


 La déception de Janine RIVE (et celle d'autres iminiens) pose des questions :

- Pourquoi Janine RIVE et beaucoup d’autres n’ont pas été informés qu’une réunion aurait lieu à Marrakech le 24 mai et une autre à Ouarzazate le 30 mai qui allait modifier la date de la rencontre ?
-
 
Pourquoi a -t-il fallu tant de temps (le 25 juin) pour que les conclusions de ces réunions soient communiquées aux iminiens ? Cette méthode a eu pour effet d’empêcher les européens de modifier leurs réservations et d’être présents à la rencontre des 18 et 19 ; mais pas seulement les européens. Beaucoup de marocains actifs et performants l’an dernier ne sont plus présents.

-
 Que reste-t-il des ambitions de l’association ( entr’aide, école, exposition photo, musée,…) si ces projets se passent ailleurs qu'à Imini et qu'elle ne rassemble qu’une partie des iminiens et des iminiennes ?

-
 Les doutes de Janine RIVE (et de beaucoup d’autres) vont-ils être levés par une information sérieuse des co-responsables ?

 

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22 août 2009

RAMADAN MOUBARAK SAID

TIMKKIT2008 SOUHAITE UN RAMADAN BENI A TOUS LES IMINIENS

Un Ramadan 1430 pleinement béni pour tous les musulmans des Aït Imini

Dans le saint Coran il est écrit Sourate 2 verset 185 :
Allah le Très Haut dit :
« (Ce temps est) le mois de Ramadân au cours duquel le Coran a été descendu comme guide pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et du discernement. Donc, quiconque d’entre vous est présent en ce mois, qu’il jeûne! Et quiconque est malade ou en voyage, alors qu’il jeûne un nombre égal d’autres jours. - Allah veut pour vous la facilité, Il ne veut pas la difficulté pour vous, afin que vous en complétiez le nombre et que vous proclamiez la grandeur d'Allah pour vous avoir guidés, et afin que vous soyez reconnaissants! »
Certains chrétiens d'Imini (et d'autres aussi) pratiquent le jeune pour s'associer à la démarche de leurs frères musulmans. Même si le contenu de leurs prières ou de leurs méditations diffèrent ils pensent ainsi souligner que nous sommes tous frères et soeurs, tous descendants d'Adam et d'Eve.

La sourate 3 du saint Coran les versets (133-136) peut être méditée :
Allah le Très Haut dit: « Et concourez au pardon de votre Seigneur, et à un Jardin large comme les cieux et la terre, préparé pour les pieux, - qui dépensent dans l'aisance et dans l'adversité, qui dominent leur rage et pardonnent à autrui - car Allah aime les bienfaisants - et pour ceux qui, s' ils ont commis quelque turpitude ou causé quelque préjudice à leurs propres âmes (en désobéissant à Allah), se souviennent d' Allah et demandent pardon pour leurs péchés - et qui est - ce qui pardonne les péchés sinon Allah ? - et qui ne persistent pas sciemment dans le mal qu’ils ont fait. - Ceux-là ont pour récompense le pardon de leur Seigneur, ainsi que les Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement. Comme est beau le salaire de ceux qui font le bien! ».

Belle coïncidence: cette année, le mois de Ramadan commence juste après la fête de la Révolution du Trône et du peuple et l'anniversaire du Roi Mohamed VI.  Bon Ramadan béni à toutes et à toutes.

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20 août 2009

PHOTOS 1954 (11) HABITAT, MINE, TRANSPORT

POUR L'ANNIVERSAIRE DE LA REVOLUTION DU TRONE ET DU PEUPLE, TROIS PHOTOS D'IMINI A LA MEME EPOQUE.

Ces photographies de la collection de M. Moulinou sont postérieures au 20 aout 1953, date  de l'acte décisif du Roi Mohamed V vers l'indépendance du Maroc. Elles sont antérieures au retour de Sa Majesté sur son trône. Elles témoignent de l'activité de la mine à cette époque.

PHOTO 30: LES VILLAGES ET LE CARREAU DE LA MINE

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PHOTO 31: LES INSTALLATIONS

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PHOTO 32: LE TRANSPORT DE MANGANESE

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L'histoire d'Imini et celle du Maroc se rejoignent dans ces photos.   

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14 août 2009

LE DOCTEUR CHATINIERES A IMINI DES 1913

DEUX TEXTES DU DOCTEUR PAUL CHATINIERES, EXTRAITS DE SON LIVRE: LE GRAND ATLAS MAROCAIN NOUS PARLENT DE L'AMITIE ET DES TRADITIONS A IMINI AVANT LA MINE DE MANGANESE

Le docteur Paul Chatignières fut un médecin que Lyautey avait envoyé dans l'Atlas pour soigner les maladies, lutter contre les épidémies et évaluer les besoins des tribus en matière de santé. Lors de sa première période au Maroc (1912-1916) il fit partie du Groupe Sanitaire Mobile (GSM) de Marrakech et c'est à ce titre qu'il exerça son métier de médecin dans l'Atlas.

Un musée lui a été consacré à Taroudant où lors de sa seconde période marocaine (1924-1928) il est décédé des suites d'une épidémie de typhus qu'il combattait. Ce musée dispose d'un site internet:  MUSEE CHATINIERES

Ecoutons le docteur Chatinieres parler des traditions d'accueil de la vallée de l'Imini telles qu'elles existaient il y a un siècle:

« Le cheikh, pour fêter ma venue, avait ordonné des réjouissances à la mode du pays, et à la chute du jour. quelques hommes réunis sur la place du village tapaient à coups redoublés sur de grands tambourins en peau de chèvre, appelant ainsi les montagnards et les conviant à la fête de nuit. La vallée, à ce moment, paraissait plus resserrée encore et le site plus intime.(...) Le serpent argenté de l'oued, animé par la rapidité du courant, palpitait de mille reflets. Son murmure accru par le silence de la nuit se répercutait à tous les échos de la montagne, coupé par le rythme sauvage des tambourins; à leur appel, de petites lumières vacillantes, apparaissant alors au-dessus de nos têtes, descendirent lentement en zigzags; elles grandissaient en s'approchant, laissant bientôt distinguer de petits groupes d'hommes et de femmes, précédés d'une lanterne. Les nouveaux venus s'alignèrent, épaule contre épaule, les hommes avec les hommes, les femmes ensemble.

Les deux groupes se faisaient face. Les hommes aux tambourins entonnèrent alors d'une voix criarde une vieille cantilène; les femmes reprirent l'air d'une voix douce, fine et timide. Insensiblement, ils se mirent à danser; les épaules penchées en avant, et les têtes nonchalamment inclinées. Le groupe des hommes et celui des femmes, comme deux longs chapelets, se balançaient lentement et d'un seul mouvement, les genoux pliaient, les hanches oscillaient, toutes les épaules s'élevaient et s'abaissaient en même temps, les mains jointes battant en cadence et les pieds frappant le sol.

Les deux groupes décrivaient lentement des courbes en ailes de moulin. Petit à petit, le rythme s'accéléra et les mouvements se précipitèrent. Brusquement, la lune se montra dans l'entrebâillement des deux sommets neigeux et chassa les ombres qui dissimulaient les danseurs. Aussitôt les physionomies fines et gracieuses des femmes se devinèrent, s'harmonisant avec leurs costumes blancs, rehaussés du voile et de la ceinture de couleur si seyante qu'elles avaient revêtue pour la fête. Les hommes paraissaient rudes et leurs muscles épais s'accordaient assez bien avec la bonhomie de leurs traits. La douce lumière que la lune répandait sur toute la vallée, le murmure si doux de l'oued, la simplicité des chants et de la danse formaient un ensemble d'une exquise et paisible harmonie. De loin, nous parvenaient les cris aigus et plaintifs du chacal en chasse et de la panthère aux aguets dans la haute forêt. On m'invita à m'étendre sur un tapis étalé à terre et on me servit du thé à la menthe pendant que les danseurs infatigables continuaient leurs ébats jusqu'à une heure avancée de la nuit."

Sans en donner le nom, le docteur Chatignières nous décrit l'aouach, telle qu'elle se pratiquait il y a un siècle dans la vallée de l'Imini. Il la décrit non pas comme un musicien, mais comme un médecin plus sensible aux mouvements des corps et à la lumière.  Est ce qu'elle se pratique toujours comme autrefois ? L'influence du tourisme ne l'a t elle pas modifiée ?

Le docteure Paul Chatignières s'intéressait aux traditions berbères et écoutant le poète Si Hammon qui parlait de l'amitié, il se fit traduire les paroles par Hadj Aomar son ami qui l'accompagnait:
« Que Dieu garde Si Hammon, le chanteur :
« La balle de l'embusqué est plus amère que tout.
« Les larmes de l'ami qui pleure sont amères.
« Le laurier-rose est amer; qui jamais l'a mangé et trouvé bon ?
« Moi, je l'ai mangé pour mon ami; il n'était pas amer.
« Il ne dira jamais, celui qui n'a pas d'ami:"J'ai été heureux."
« Parce que, la vie, ce sont les amis qui la font passer.
« Celui qui a le cœur brisé, qui le guérira ?
« Sinon le sourire de l'ami, ou sa parole.
« Le cœur qui n'a point à qui parler,
« Mieux vaut, pour lui, l'exil ou même la mort.
« Le fusil ne se sépare pas de la balle.
« Les yeux peints ne se séparent point de l'antimoine.
« Le cœur ne se sépare pas de ses amis,
« Jusqu'à ce qu'ils entrent sous terre. »

Timkkit2008 a trouvé important de permettre aux iminiens de disposer de textes parlant de leur patrimoine artistique et littéraire. Peutêtre que cette chanson sur l'amitié pourra être retraduite en langue berbère afin qu'elle puisse retrouver les mots de son inspiration première. Puisse-telle toujours inspirer les Iminiens d'aujourd'hui ? 

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06 août 2009

PHOTOS 1954 (10) L'USINE EST LÀ, LE BORDJ PAS ENCORE

DES PHOTOGRAPHIES DE 1954 POUR LA GALERIE DU MUSEE D'IMINI

Proverbe arabe: "Il y a cinq degrés dans la sagesse: se taire, écouter, se rappeler, étudier, agir."

PHOTO 26  DEVANT LES VILLAS, A DROITE LE VILLAGE ET LA KISSARIA, AU CENTRE LE CARREAU DE LA MINE AVEC L'ATLAS ENNEIGE A L'HORIZON? LE BORDJ N'EST PAS ENCORE CONSTRUIT;

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PHOTO 27 VUE RAPPROCHEE DE L'USINE DE TRAITEMENT DU MINERAI
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PHOTO 29 VUE PANORAMIQUE

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30 juillet 2009

CÉLÈBRONS LES 10 ANS DE RÈGNE DU ROI MOHAMMED VI

LE ROI DU MAROC S'EST ADRESSÉ AUX MAROCAINS AUJOURD'HUI JEUDI

Les iminiens du Maroc, les MRE d'Imini et les européens qui restent attachés à leurs amis d'Imini auront été attentifs à ses paroles.

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A l'occasion de l'anniversaire de ses dix ans de règne, sa Majesté a déclaré qu'elle poursuivrait sa politique de réformes.
Il a pressé le gouvernement de son Premier ministre de redoubler d'efforts pour l'éducation et le développement social. Il s'est prononcé aussi sur "la bonne gouvernance publique", nécessaire à "la consolidation d'un climat économique propice à l'investissement et au développement".
Le roi a également plaidé pour une "réforme profonde de la justice" dont il va "entretenir prochainement" les Marocains. Le souverain a aussi annoncé l'ouverture d'un chantier sur la régionalisation: "La mise en place d'une régionalisation avancée marquera un saut qualitatif dans le processus de démocratie locale", a-t-il dit.
Tous ces thèmes de politique intérieure intéressent au plus haut point les habitants de la vallée d'Imini, leurs familles et leurs amis qui ressentent leur nécessité comme une évidence, mais d'autres points auront été notés avec beaucoup d'intérêt.
Par exemple lorsque le Roi Mohammed VI a annoncé sa décision de donner "une nouvelle et forte impulsion" à l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH) dont nous parle le professeur AZIKI Slimane pour Imini ou quand le Souverain a appelé le gouvernement à élaborer un projet de Charte nationale de l'environnement "permettant la sauvegarde des espaces, des réserves et des ressources naturelles, dans le cadre du processus de développement durable".

Vive le Roi Mohammed VI

maroc

En espérant que la politique confiée au gouvernement se traduira positivement et dans un délai raisonnable pour Imini et sa région.

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25 juillet 2009

LA SACEM FÊTE SES 80 ANS

80 BOUGIES POUR LA SACEM

C’est en 1929 que la SACEM (Société Anonyme Chérifienne d’Exploitation Minière) fut créée pour exploiter les mines de manganèse de l’Imini; elle suivit de quelques semaines la création du BRGM. La SACEM est donc une vieille dame respectable.
Au cours de ces quatre vingt années l’exploitation a profondément changé. Aux périodes pionnières ont succédé des années d’expansion, puis des temps de consolidation sur une partie du site. Parvenue à seulement vingt années de son centenaire, la SACEM se devait de marquer cet anniversaire.

UNE ASSOCIATION POUR LES IMINIENS DE PLUSIEURS GÉNÉRATIONS

Déjà en aout 2008 une importante rencontre des anciens des mines, villages et écoles d’Imini venus de différentes régions du Maroc et de différents pays d’Europe et même d'autres continents, a rassemblé un très grand nombre d’iminiennes et d’iminiens. Cependant beaucoup d’anciens avaient regretté d’avoir été informés trop tardivement pour pouvoir y participer.
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La première rencontre en 2008 avait permis d’une part de faire acte de mémoire, d’autre part de recueillir des fonds pour l’achat de fournitures scolaires au bénéfice des écoliers et de l’école de Timkkit.
Une association devrait permettre de consolider ces actions et d’en créer d’autres, différents projets alliant sauvegarde du patrimoine, aide aux populations résidentes et développement durable pourront bénéficier de la structure de l'association. (Photos prises à Timkkit en 2008.)

LES RENCONTRES D’IMINIENS ONT LE SOUTIEN DE LA SACEM
La SACEM a facilité la rencontre des iminiennes et des iminiens en 2008, par la mise à disposition de moyens, mais aussi par la présence de son Directeur général.
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Pour les 80 ans de la SACEM, M. Ahmed BENJILANY a voulu offrir le repas aux nombreux participants en donnant un caractère festif à cette rencontre pendant laquelle les bases d’une association des anciens d’Imini furent établies. 

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