BOUTAZOULT IMINI TIMKKIT 2008

15 novembre 2018

UNE ESCAPADE GASTRONOMIQUE DANS LA VILLE ROUGE

Les anciens iminiens ont des souvenirs marquants de leurs déplacements à la grande ville, Marrakech ! Et chacun peut raconter des moments festifs connus lors de ces visites à la capitale du sud. En particulier, nous profitions des restaurants que nous offrait Marrakech, et du changement de vie et d'habitudes. 

photo n° 1 maison rose du village minier de Bou Tazoult 1 - Le village rose de Boutazoult 

photo n° 2 maison noire du village minier de Timkkit

Parfois nous quittions notre village aux maisons roses, tachées de noir par le manganèse des mines de l'Imini, traversions le Haut Atlas pour « descendre » à Marrakech la Rouge. 

2 - Le village noir de Timkkit

Les jours précédant ce déplacement notre excitation croissait jusqu'à l'heure du départ, et nous ne craignions pas de quitter notre lit douillet pour partir sous la clarté d'une lune déclinante.

Aux premiers rayons du soleil, après avoir traversé le bourg ensommeillé d'Igherm N'Ougdal et franchi la barrière des Ponts et Chaussées, nous abordions les virages plus serrés du col du Tichka, puis attaquions la descente sinueuse jusqu'à Taddert. 

photo n° 3 la route sinueuse du Tichka en 2000

 

3 - La route sinueuse du Tichka, sérieusement améliorée récemment. Mais les camions se sont-ils améliorés aussi ?

Le danger ne venait pas que de la route elle-même, il fallait lire aussi les trajectoires des véhicules venant à notre rencontre, souvent irrespectueux du code de la route, ou imprudemment arrêtés en bord de route. En panne souvent, capot relevé, radiateur fumant, ou chauffeur allongé sous le châssis à colmater une fuite. Une fois dépassé le village de Toufliht à la source bienfaisante, la route s'améliorait progressivement jusqu'à Aït Ourir, puis devenait roulante jusqu'à la ville.

photo n° 4 Toufliht vu de la route

 

4 - Village de Toufliht, sous la route, bled d'où étaient issus nos amis Bou Tazoulti Aomar Noukrati et Mohamed Douider, surnommé Ben Ali

photo 5 Aït Ourir auberge du Zat

 

5 -  Aït Ourir, village bien connu pour son auberge, étape prisée des iminiens.

L'arrivée à Marrakech, pour nous, était comparable au mirage rencontré par les méharistes dans le désert. Nous n'osions y croire, tant la cité Rouge nous éblouissait par la luxuriance de sa végétation colorée, par ses artères larges bordées d'habitations élégantes et fleuries !  

photo n° 6 végétation luxuriante près du jardin Majorelle

6 - Végétation luxuriante de Marrakech, près du jardin Majorelle.

Après le passage devant la gare routière de Bab Doukkala, les effluves des faux poivriers et des orangers amers bordant les rues flattaient nos narines ouvertes à tout vent, quand les pétarades des vélomoteurs ne venaient pas s'immiscer dans leur fragrance délicate. Un parfum caractéristique de néroli ressenti encore aujourd'hui, gardé en mémoire … malgré notre éloignement de ce Maroc embaumant.

photo n° 7 avenue bordée d'orangers et ses fumées d'échappement

7 - Avenue Mangin bordée d'orangers, … et ses fumées d'échappement. 

photo n° 8 villa Sacem avec son gardien Aomar Noukrati

8 - L'escalier de la villa SACEM, avec son gardien Aomar Noukrati.

Nous allions séjourner dans la rue Sebou, à la villa S.A.C.E.M., du nom de la société employant mon père. Que de souvenirs dans cette asile verdoyant en centre ville, malheureu-sement détruit au profit d'un immeuble neuf. 

Le confort y était sommaire mais les différents locaux d'hébergement permettaient de retrouver des amis et de faire des rencontres imprévues. Le directeur et sa famille occupaient l'appartement supérieur gagné par un escalier maçonné. Tandis que deux studios occupaient le rez-de-chaussée semi enterré et intelligemment agencé. Une « cuisinette », comme l'on disait à l'époque permettait à chacun des préparations chaudes pour les repas, … et c'était aussi l'occasion de « pipleter » autour du réchaud, de partager les dernières nouvelles, tout en gardant un oeil sur les enfants jouants sous le préau.

Le gardien et sa nombreuse famille logeaient dans un coin de la propriété, dans le prolongement des dernières chambres, contiguës au garage du car de la société. Ce car dont le chauffeur, deux fois par semaine, avait la charge de faire les courses pour les habitants d'Imini. 

Au pied des bâtiments cheminaient des allées bordées de briques rouges, dans le jardin arboré d'agrumes et planté de rosiers aux parfums délicats, soigneusement entretenu, nettoyé et arrosé par le gardien. Nombre de photos souvenir y ont été réalisées par les « locataires » de passage, venus goûter à la grande ville ce qu'ils n'avaient pas dans leur bled. 

photo n° 9 l'église des Saints Martyrs

Le jardin était aussi un terrain de cache-cache avec les enfants du gardien, des courses effrénées dans les allées pour trouver la cachette appropriée.

La rue Sebou se prolongeait vers l'église des Saints Martyrs et le lycée Mangin en traversant l'avenue Mangin     xxxxxxxxxxxx 9 - Église des Saints Martyrs 

Des points communs avec nous, puisque l'église des Saints Martyrs a contenu des fresques peintes par Dom BOUTON, à l'identique de notre chapelle de Bou Tazoult. Et que le lycée Mangin a hébergé plusieurs élèves venus des mines d'Imini, dont moi.  

photo n° 10 le lycée Mangin

10 - Lycée Mangin.

Sitôt la voiture garée et les valises posées dans notre nouvelle chambre, nous quittions au plus vite la villa pour gagner le quartier du Gueliz en inspectant soigneusement les vitrines des magasins : spectacle inédit pour nous les bledardsdu sud. Suivant notre âge, certaines vitrines attiraient davantage notre attention. Je me souviens particulièrement de la vitrine du marchand de jouets, vitrine animée à Noël par un train électrique commandé par le contact de la main sur la vitre. Ah, combien je l'ai aimé ce marchand de jouets !

Maman et les filles visaient plus particulièrement les magasins d'habillement et de chaussures, tandis que Papa se réservait pour son rendez-vous dans le magasin de matériel minier installé dans la rue de Yougoslavie toute proche. Mais le meilleur restait à venir … 

A Marrakech pour déjeuner nous avions nos habitudes dans plusieurs établissements, tant en ville du Gueliz qu'en médina. De toute façon, nous les enfants, nous étions contents de tout changement dans notre vie. L'attrait des achats, les marchandages dans les souks, tout nous plaisait. Sans oublier les repas dont l'ambiance variait en fonction du restaurant. Nous en avons fréquenté beaucoup, et apprécié quelques-uns pour leur accueil, leur décor, leur carte succulente, leur animation, parfois la seule personnalité du patron ou du serveur. 

Notre sélection : La Taverne, le Rex, Le Poussin d'Or, le Petit Poucet, … et j'en oublie. Certains existent encore, tout en ayant fatalement changé plusieurs fois de propriétaires, d'ambiance, de menu. Une banque a remplacé le Rex. Beurk ! La Taverne et le Poussin d'Or persistent à régaler les gourmets. 

photo n° 11 façade du Petit Poucet

11 - La façade rose du Petit Poucet

« Le Petit Poucet »: j'ai fréquenté cette institution de cuisine française à Marrakech, au coin de l'avenue Mangin et de la rue Verlet Hanus, dans la période 1952-1968. 

Une façade rose à rayures blanches, une grande baie vitrée à guillotine, en métal vert, s'ouvrant largement au courant d'air quand la chaleur le commandait. La climatisation n'existait pas encore, et les arcades apportaient l'ombre indispensable aux clients désireux d'occuper les tables du premier rang.

La porte d'entrée voisine menait à un petit couloir dirigeant vers une salle vaste, haute de plafond, aux tables nappées de blanc et dressées de vaisselle blanche brillante.

Se détachant sur la peinture vert celadon des murs, sise entre la porte des cuisines et celle des toilettes, trônait le comptoir en bois brun de la caisse tenue par une dame d'âge mûr coiffée d'un chignon sage. Immuable présence, presque surnaturelle, … mais rigoureuse dans les comptes et attentive au bon déroulement du service en salle. Très discrètement, d'un geste simple elle savait quand intervenir auprès du serveur, ou de sa voix doucereuse auprès de son mari lors de la prise des commandes. Les clients se sentaient chouchoutés, et leur satisfaction était l'objet de toute son attention depuis son petit comptoir.

Malgré le volume de la pièce et l'amplitude des conversations des clients, peu d'éclats de voix venaient perturber la sérénité du service et le calme souverain du serveur : la saveur des plats retenait toute l'attention des dîneurs. 

photo n° 12 melon vert à la peau

Aller au restaurant était une fête. Surveillés par nos parents, nous nous tenions bien à table, droit sur notre siège, les mains de chaque côté de l'assiette, sages, propres, polis et respectueux dans nos conversations. Nulle envie de gâcher ces moments rares. 

12 - Melon vert, dont la peau imite les zelliges marocains.

C'est là que nous avons découvert le melon vert, ce gros melon au goût sucré, servi coupé en deux, rafraîchi par des glaçons, que les adultes pouvaient additionner d'une rasade de Porto. Un délice avant le plat principal … lequel arrivait quand notre faim avait subi un net coup d'arrêt devant la taille du plateau de hors d'oeuvre variés intercalés. Nos yeux étaient déjà plus gros que le ventre. Mais comment refuser les trois petites côtelettes d'agneau grillées, si bonnes et installées sur un lit généreux de haricots verts et de pommes de terre sautées. 

Ouf ! Non pas ouf ! Parce que le dessert suivait, à choisir parmi la corbeille de fruits, la crème caramel, la mousse au chocolat et autres fantaisies pâtissières. Repus, nous l'étions, certes ! Repus et ravis d'avoir participé à de telles agapes inhabituelles dans notre bled

Cela ne brisait pas notre élan pour courir les magasins pendant l'après-midi, pour rendre visite aux commerçants déjà connus et pour en découvrir d'autres selon les besoins et les envies.

C'était les années soixante ! Nous avons quitté le Maroc en 1968, avant d'y revenir pour un passage professionnel plus furtif. 

photo n° 13 hôtel La Menara près des remparts

13 - Hôtel La Menara, ancien hôtel luxueux à l'époque, mais qui a fermé depuis à cause de sa décrépitude.

En 2001, plus exactement au mois de mai, j'ai eu plaisir de retrouver le petit Poucet lors d'un séjour touristique pour y accompagner Maman dans sa quête de souvenirs. A peine débarqués de l'avion, une fois les bagages déposés à l'hôtel La Menara, pressés de retrouver nos traces dans cette ville attachante, un petit taxi nous a conduit directement au petit Poucet pour y déjeuner.  

photo n° 14 petit taxi sillonnant les rues

14 - La flotte des « Petit taxi » marrakchi a bien évolué depuis, et s'est modernisée.

Toujours installé dans l'avenue Mohamed V. Le nouveau propriétaire, très accueillant et souriant, était marocain. Toutefois le site était resté identique, avec la terrasse donnant sur la rue voisine, maintenant baptisée Mohamed El Beqal. De hautes toiles tombaient du plafond pour protéger du soleil les clients installés devant la baie vitrée.

Le murs étaient toujours habillés de la même fresque figurant le Petit Poucet enjambant l'ogre étendu sur l'herbe. Même après son ultime déménagement, un peu plus loin sur l'avenue devenue Mohamed V, la fresque immense, transportée, dominait encore la salle. 

photo n° 15 angle Mohamed V et Verlet Hanus - copie

15 - La vitrine du Petit Poucet protégée par des toiles à la saison chaude (derrière l'enseigne XBEL).

Derrière les toiles tendues sous les voûtes pour protéger des assauts du soleil sur la vitrine, le petit Poucet résiste.

Mais, envolée la caissière au chignon, et avec elle son comptoir devenu inutile.

Des personnes connues lors des années soixante, seul restait l'inamovible serveur, légèrement dégarni, à peine plus bedonnant, élégant dans son éternelle veste blanche immaculée. Affable et débonnaire. Il cumulait service et prise de commande, sous les yeux de son nouveau patron, charmant mais inactif, lui laissant la responsabilité de tout le travail quand la salle n'était pas remplie.

Pas de changement notable dans le menu non plus. La cuisine était restée à l'identique, copieuse, agréable, simple, … bonne en d'autres termes. Affamés par le voyage et déçus par les plateaux servis dans l'avion, nous avons fait honneur au repas, avec les éternelles côtelettes d'agneau retrouvées sur la carte.

… mais nous étions sans le sou ... marocain pour payer l'addition. Pas de problème : le distributeur automatique de la BMCE Banque installé de l'autre côté de l'avenue Mohamed V devait me permettre de retirer l'argent nécessaire. J'y cours … mais horreur : il est en panne. Me voilà, nous voilà bien embêtés. Que faire ? Sinon avouer notre embarras au serveur. Celui-ci, plein de sa bonhommie habituelle, sans même en référer au patron nous rassure et nous convie à repasser payer plus tard, quand nous aurons trouvé un distributeur efficace. Nous sommes restés cois, car sur la foi de nos conversations tenues à table il en avait déduit que nous étions des anciens du Maroc, des habitués du restaurant et il nous faisait confiance, … et son patron également.

Nous voilà partis, à l'aventure dans la grande ville, tellement changée depuis nos séjours antérieurs. La griserie du retour, la succession des découvertes nous ont fait oublier cet épisode du restaurant, et ce n'est que le lendemain matin que, honteux et confus, la chose nous est revenue à l'esprit.

Dès lors, laissant en plan nos envies de parcours dans Marrakech, nous sommes retournés déjeuner au Petit Poucet pensant le patron et le serveur inquiets de ne pas nous avoir revus la veille au soir. Que nenni ! Ils nous ont accueilli comme si nous étions des nouveaux clients, nous ont installé à la meilleure table, … et nous ont annoncé, preuve en main, que nous avions eu raison de ne pas payer la veille parce qu'il y avait une erreur dans l'addition, erreur en notre défaveur. Un coup de Monopoly ? Effectivement après calcul nous aurions été amputés de quelque chose comme 6 Dh. La galère ! Près de 50 centimes d'euro ! Ouille, ouille, ouille la tuile (lol). Tout est bien qui finit bien après avoir réglé la totalité des deux additions. Bien entendu le pourboire a été conséquent pour le serveur, à la satisfaction de son patron, souriant jusqu'aux oreilles.

Plus tard le restaurant a émigré temporairement au 56 avenue Mohamed V, non loin de là vers la route de Casablanca. 

Et il a disparu définitivement au début des années 2000, emportant avec lui la fresque célèbre du Petit Poucet, à l'artiste méconnu. 

La retrouvera-t on à Bab Khemis dans le fatras des vieilleries en vente ? Avis aux chineurs, on ne sait jamais. 

Malgré sa disparition définitive, le restaurant est toujours présent sur les annuaires :Le Petit Poucet 56 avenue Mohamed V 40000 Marrakech Téléphone :+2+212 524 448 238.Tentez votre chance, réservez une table … virtuelle !

Si vous possédez la photo de la fresque du Petit Poucet ou du restaurant lui-même, n'hésitez pas à les envoyez au webmaster pour l'installer sur le blog.

Merci à Jean-Yves pour sa mémoire liée à ses émotions gastronomiques de jeunesse. Merci à lui de montrer un chemin pour nous encourager à raconter les personnes et les lieux qui peuplent nos souvenirs.

 


10 septembre 2018

Le jardinier de Bou Tazoult.

Le jardinier de Bou Tazoult, conte par Jean-Yves Tramoy

Définition de mots fléchés en trois lettres : « liquide indispensable ». Réponse : « EAU ».

Sans eau point de salut pour l'Homme ! Mais pour la Nature cela apporte quelques exceptions, des exceptions de taille puisque dans certains déserts la vie se maintient vaille que vaille. Alors, on peut espérer que si l'on s'adapte, si l'Homme s'adapte aux lois de la Nature, on pourrait envisager de maintenir une forme de vie sur place malgré les conditions difficiles dues à la sècheresse, au manque de pluie.

Le conte ci-dessous a une grande part de vérité. Comme tous les contes il enjolive la réalité, mais repose sur une base où la relation humaine est prépondérante et basée sur des faits véridiques vécus par un enfant d'Imini.

Dans le ciel l'oiseau est très agité, il remue ses ailes frénétiquement et survole le village dans lequel il a fait son nid sur les branches solides d'un takaout en bord de route. Il y est en sécurité puisque le village est mort, totalement déserté par ses habitants depuis que l'exploitation de la mine de manganèse a cessé faute de rentabilité. Il n'est pas tout à fait seul puisque d'autres colonies de volatiles nichent par-ci par-là, mais ne se mélangent pas, en concurrence pour leur subsistance.

photo 1 maisons éventrées du village indigène Photo n° 1. Près des maisons éventrées par l'exploitation du dernier filon de manganèse affleurant à la surface dans le village. Les takaouts voisins abritent le nid de l'oiseau.

Pour lui aussi c'est la préoccupation première, et c'est très difficile dans cet environnement hostile. Il s'est posé sur toutes les toitures du village, a exploré ces maisons abandonnées depuis des lustres. Cà et là demeurent des jardins craquelés, des arbres fruitiers décharnés. Toutefois les eucalyptus, les takaouts et les jolis lauriers-rose font de la résistance. Les eucalyptus subissent les attaques de l'Homme qui en scient les branches pour en prendre le bois à des fins de combustible pour la cuisine ou le chauffage. C'est un trésor puisqu'il résiste aux abattages successifs et repousse. Le takaout semble épargné par ce bûcheronnage sauvage. Sans doute son bois ne procure-t il pas la qualité souhaitée. Les lauriers-rose persistent à fleurir et à parer cet environnement de leurs couleurs chatoyantes.

Le manque d'eau, et les pluies aléatoires ont fini de rabougrir les derniers vestiges de culture et de potager depuis que l'Homme a abattu les plantations d'arbres alignées en terrasses superposées tout au long des collines depuis le château d'eau de Bou Azzer et jusqu'au delà de la chapelle perchée. 

photo 2 le borj et les plantations d'arbres Photo n° 2 années 60. Le borj est récent, et les arbres des terrasses sont serrés et bien garnis.

photo 3 maison sous le château d'eau de Bou Azzer

Photo n° 3 de 2011. Le vallon décrit ci-dessous se trouve en contrebas de cette grande maison, qui fut la nôtre jusqu'en 1968. Sur la colline trône le château d'eau de Bou Azzer, encore verdoyant grâce aux palmiers résistants.                    

En descendant, on distingue les rangées d'arbres décapités (à comparer avec la photo des années 60 en noir et blanc). La façade arrière comporte la tonnelle en rail de wagon dépouillée de ses canisses.

Sur l'autre façade, à gauche, la roseraie n'existe plus, l'abricotier a disparu, mais subsiste la trace des carrés dessinés par le jardinier. Un eucalyptus dépasse du toit derrière la maison, tandis que les takaouts, les roseaux (bien malades) et les poteaux électriques (rendus inutiles) marquent le paysage. Le poulailler a perdu son grillage, et les étendages leur fil à linge.

Pour mieux chercher son quotidien alimentaire l'oiseau plane et incline la tête vers le sol, en explorant de nouveaux territoires, éloignés de son secteur habituel. Il n'hésite pas à quitter les arbres du village indigène, qui ne le nourrissent pas et ne l'abreuvent pas. Ce sont des arbres aux aiguilles sèches, raides, indigestes, … et il évite soigneusement les lauriers-rose tentateurs aux couleurs avenantes mais chargés de poison. Parfois il traque un mince filet d'humidité dans l'oued derrière la cantine ou près de la bergerie à la sortie du village, mais en saison chaude ce filon disparaît. 

photo 4 l'oued à sec devant la bergeriePhoto n° 4 de 2011. Le filet d'eau de la bergerie, invisible en surface, nourrit les roseaux, même en été au plus fort de la chaleur.

Les graines se font rares.

photo 5 l'oiseau sur la tige de roseau

Photo n° 5. L'oiseau se repose sur la tige d'un roseau, mais reste attentif à son environnement, toujours en éveil du danger.

Soudain, du ciel azur, son oeil aiguisé perçoit une minuscule tache d'un vert profond, qui l'attire, qui l'appelle inexorablement. En glissant vers le sol, cette couleur verte persiste, ce n'est pas un mirage sous le soleil ardent. La tache grandit, maintenant cernée par un liseré beige et assez flou, remuant. Peu à peu la netteté lui permet de discerner un ruban de hauts roseaux secs se balançant sous les assauts du vent, autour d'un petit champ.

Petit à petit la tache s'élargit, elle prend la forme d'une vague verte rectangulaire frémissant irrégulièrement au gré du courant d'air.

Méfiant, l'oiseau survole cette masse mouvante, bruissante, hésite à se poser. Avec prudence il volette de part et d'autre, aux aguets d'une éventuelle présence cachée. Pourtant point de danger dans cet univers désolé. Après quelques zigzags de reconnaissance au dessus des herbes, il identifie une culture, un champ de luzerne, et ose poser précautionneusement ses pattes sur le rebord de la séguia. Regardant nerveusement à droite et à gauche, il pointe du bec vers les plants et picore prudemment quelques tiges pour goûter cette herbe qu'il ne connaissait pas jusque là. Délicieux, et surtout humide. Il étanche sa soif en même temps qu'il se nourrit, une aubaine pour lui dans cette contrée si chaude, si inhospitalière ! Peu à peu une volée de congénères se rapproche qui, pour répondre à leur faim naissante, s'enhardissent également et le rejoignent au sol. A petits bonds ils se glissent sous la végétation clairsemée et se dispersent parmi les carrés bordés de buttes de terre, et quêtent leur nourriture. La vie s'exprime ...

Le champ est lové au creux d'un vallon encaissé, encadré de parois escarpées, rocailleuses, nues, essentiellement minérales. Les terrasses alentour ont vu leurs arbres ébranchés, sciés par des villageois en quête de bois de chauffage, leur seule ressource pour la cuisine. Maintenant il n'y a plus d'habitants mais ces arbres ont disparu à tout jamais. Plus rien pour retenir le ruissellement et empêcher l'érosion : la terre glisse inexorablement vers le bas à chaque pluie agressive, et les vents permanents l'emporte au loin en nuages de poussière rose contrastant avec celle des terrils, plus noire, collante et salissante.

photo 6 rigoles de l'érosion pluvialePhoto n° 6 de 2011. Les pluies ravinent la terre en rigoles profondes, emportant avec elles les végétaux restants, découvrant les pierres. Un feuillu, ayant échappé au massacre par miracle, tient compagnie aux takaouts et au palmier solitaire.

Dans ce vallon les oiseaux sont au paradis.

Seuls les roseaux vivent, bruissent, abritent le champ de leur ombre et de leur rempart contre les bouffées desséchantes des vents. Les roseaux sont gris de déshydratation, et leurs feuilles courtes et effilées coupent la main qui ose les effleurer.

Seuls les roseaux résistent à la sècheresse, ils emprisonnent le peu d'eau reçue à la « mauvaise saison ». Mais est-ce une mauvaise saison celle qui apporte la source de vie ? Grâce à ces roseaux, un semblant d'humidité persiste autour du champ, maintenant en vie quelques plants de luzerne.

Coupés au ras du sol, ils repoussent aussitôt et reconstituent la barrière du champ. Leurs longues tiges serviront à édifier des barrières de canisses, des tonnelles, des toitures, des moucharabiehs rafraîchissants.

Avec un bel appétit, l'oiseau s'enhardit et vole jusqu'aux branches des deux amandiers squelettiques trônant dans la parcelle. Par petits cris il manifeste sa satisfaction, son soulagement d'avoir trouvé au hasard de son vol une nourriture inespérée entre ces collines dénudées, seulement peuplées de maisons roses silencieuses. Il se délecte de cet univers tranquille, déserté par l'homme. Mais il reste en éveil, prudent : l'Homme n'est pas le seul prédateur. D'autres animaux ont besoin de manger et boire. Entre deux becquées il balance sa tête latéralement par saccades, en alerte, attentif au moindre mouvement.

Cet oiseau m'est inconnu, mais ce champ de luzerne ... je l'ai bien connu quand, enfant, ma famille occupait la grande maison située juste au-dessus. La villa avait une tonnelle aérée coiffée de canisses, dont l'ombre bienfaisante nous accueillait pour le déjeuner dehors, malgré la température estivale très chaude sur ce haut plateau marocain.

Chez nous, chaque jour, venait un homme misérablement vêtu d'une chemise longue couleur de la terre, nouée entre ses jambes. Hâlé par le soleil, de taille moyenne, paraissant âgé précocement, il était maigre, un peu voûté, musculeux, chaussé de sandales en caoutchouc coupées dans des vieux pneus. Son collier de barbe fin sur un visage taillé au couteau trahissait le caractère d'un berbère fort, résistant, ne s'exprimant qu'en chleuh. Il ne lui manquait que le poignard traditionnel pendant au côté, par dessus la gandoura des jours de fête, pour lui conférer la silhouette d'un guerrier venu d'une tribu de l'Atlas.

Dès son arrivée, après les salutations d'usage dont mes parents ne comprenaient que les gestes, il descendait dans le vallon la houe sur l'épaule, après avoir pris les consignes dans sa langue auprès de celui que l'on surnommait Boula, Abdallah OKHEIM, notre cuisinier. Il commençait par dérouler le tuyau d'arrosage jusqu'au jardin et modifiait le tracé de la séguia pour gérer la distribution de l'eau. Ici pas de gaspillage, l'eau était trop précieuse dans ce village construit en plein « désert » du sud marocain !

Cet homme se plaisait visiblement dans sa « mission » d'entretien du champ, avec soin il nettoyait la parcelle, arrachait les herbes indésirables. Il était son propre chef. Il était dans son domaine ! Sans précipitation, à coups de houe précis, il ouvrait les canaux vers les carrés les plus assoiffés et fermait les autres, modifiant au fur et à mesure l'écoulement en fonction des besoins. Il surveillait l'arrosage et ne se contentait pas d'ouvrir le robinet.

Pour nous ce creux verdoyant était un Eden permanent, une occasion de promenade rafraîchissante, lorsque le soleil stationnait au zénith. Et au plus fort de l'été on y cueillait les amandes, à l'amertume légère.

Avec le jardinier difficile de s'entendre puisqu'il ne parlait que son dialecte local, mais on se comprenait, grâce à une considération réciproque.

Pour lui cette occupation était de l'argent qui l'aidait à vivre, pour nous le plaisir de le voir arriver, de le voir s'activer avec énergie, sans geste superflu. Assurément il adorait ce bout de jardin à qui il donnait vie en plantant, en arrosant, en nourrissant nos lapins avec la luzerne. Eux, dans leur clapier, ils appréciaient cette plante nourricière, … et mâchaient, mâchaient toute la journée. Poules et mouton partageaient également cette pitance, … dans le poulailler. Immuablement, chaque jour le même manège se reproduisait : d'abord l'entretien du jardin, puis la distribution de nourriture aux animaux.

Pour autant ce jardinier était infatigable. Aussitôt fini l'entretien de la luzerne, il attaquait une autre partie du jardin en façade de la maison : une belle roseraie encadrant un abricotier généreux, aux fruits duveteux bien sucrés. Les rosiers souffraient rapidement de la soif et nécessitaient des soins méticuleux. Leur feuillage vert soutenu et leurs fleurs rouge, blanc, jaune et rose se détachaient harmonieusement sur la terre ocre, donnant l'impression d'un tapis berbère tissé par les jeunes filles du village. Près de la balançoire, un bouquet de roses trémières élancées dominaient les graciles fleurettes mauves de bordure d'allée. Dans le carré cimenté contigu baignait le cresson dans le courant d'eau permanent ; et tout l'art du jardinier consistait à contrôler le circuit d'eau créé par lui pour tout cet espace floral.

Lui était si courageux qu'il nous fallait l'obliger à se reposer, l'appeler à modérer ses efforts, le contraindre à prendre le temps de manger. En ombre silencieuse, il se réjouissait de notre compagnie, tout en discrétion, jetant un oeil de temps à autre pour voir si nous restions auprès de lui pour lui tenir compagnie et profiter de la leçon de jardinage. Au fil des jours, sa présence s'imposait. Lors de ses rares absences il manquait dans le paysage. Il faisait presque partie de la famille. Nous avions plaisir à le voir travailler, à sentir sa présence.

Un jour, mon père nous emmena visiter le village ouvrier de Tighermine, deux vallées plus loin. Après quelques kilomètres, sur le bord de la piste il nous a désigné le gourbi dans lequel vivait notre jardinier … dont j'ai tristement oublié le nom. La masure était totalement isolée, au milieu de la pierraille, sans eau, … et surtout sans jardin. Un serrement de coeur ! Ce berbère sec marchait donc longtemps pour venir travailler chez nous, traversant deux collines avant de descendre dans notre vallon, … et marchait tout autant pour s'en retourner chez lui emportant sur son dos quelques bidons d'une eau si précieuse pour sa famille.

De ce jour, notre élan de sympathie envers lui a grimpé et il a bénéficié de toutes nos attentions en vêtements, en nourriture, … qu'il pouvait ainsi rapporter à la maison.

Près de soixante ans ont passé, l'eau a coulé sous les ponts, comme dit le dicton. Notre ami le jardinier a sans doute disparu depuis très longtemps. Son existence oui, sa mémoire non. Dans mes souvenirs il s'impose, il est toujours vivant et m'a servi de modèle de courage et de dévouement.

Affectueusement, je l'appellerai le « jardinier de Bou Tazoult ».

Aujourd'hui Bou Tazoult est un village abandonné, mais surtout vide, … vide de vie. L'eau était pompée dans l'assif Tidili, lui-même moins généreux depuis que les neiges du Toubkal ont fondu et que les sècheresses se succèdent. Les amandiers du Tidili, la richesse du village, se décharnent chaque année un peu plus.

photo 7 station de pompage de l'assif TidiliPhoto 7 années 60. Le bâtiment de la station de pompage dans l'assif Tidili. Photo prise en été : l'oued est « maigre » et les neiges des sommets ont fondu.

Bientôt je retournerai là-bas pour rechercher le petit vallon vert. Existe-t il encore, résiste-t il au vent, à la canicule ?

Je demanderai aux oiseaux s'ils le survolent encore, si leurs grands-parents ailés ont guidé leur descendance jusque là, … et je leur raconterai l'histoire du petit oiseau chanteur et du jardinier de « Bou Tazoult ».

Toute ressemblance avec un lieu ou des personnages ayant existé est volontaire. Elle témoigne d'une réalité dans le jebel iminien.

A mon grand regret, il manque deux documents photographiques. Celui du vallon, dont la localisation se voulait secrète jusqu'à ce jour, et celui du jardinier dont je ne retrouve pas le portrait. Un jour peut-être ... JY Tramoy

Merci à Jean-Yves pour ce conte. Si d'autres iminiens ont des récits qu'ils aimeraient partager sur le blog; c'est volontiers qu'ils seront publiés. Envoyer le texte par le lien "contacter l'auteur" en haut et à gauche de la page.

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16 juillet 2018

LES ANNÉES BONHEUR

Les années Bonheur avec les photos d'Yvon Teyssier,

Un récit de souvenirs de Jean-Yves Tramoy 

A Gujan Mestras où ils se sont retirés, la villa d'Yvon et Pierrette Teyssier était nommée Mektoub (en arabe : « c'était écrit »). C'est dire qu'ils avaient aimé le Maroc, avant de le quitter en 1960, pour rejoindre leur sud-ouest natal. Raymonde, leur nièce, qui les a assisté jusqu'à leurs derniers moments, nous a confié quelques clichés issus de la collection familiale. 

J'ai retenu essentiellement ceux de la période iminienne. C'est une opportunité invraisemblable de retrouver des témoins aussi précieux de ces années depuis 1948 où ils ont posé les pieds à Imini. Ils ont laissé derrière eux nombre d'amis et de connaissances, partant avec des regrets sans doute, mais animés d'ambition pour leur nouveau destin en métropole. 

Loin de moi l'idée de retracer leur vie au travers de ces clichés, mais simplement fixer quelques souvenirs, rappeler quelques traces fugaces de ces années fondations de nos vies personnelles.

Ces photos en noir et blanc sont magnifiques et nous renseignent sur les conditions de vie d'une époque déjà lointaine.

photo n° 1

Les photos n'étant pas toujours datées et légendées, je les commente, mais je compte sur vous pour annoter, renforcer les traits de mémoire, corriger les éventuelles erreurs. Certains d'entre nous rapprocheront les clichés en question du vécu de leur propre famille. Un moment inespéré ! Qu'ils peuvent nous faire partager. Ainsi la chaîne se poursuivra et nous ajouterons les nôtres propres.

Photo n°1. Pierrette et Yvon lors de leurs noces de palissandre et des 90 ans d'Yvon.

N'étant pas propriétaire des clichés, j'ai choisi de commenter les photos dans l'ordre chronologique quand je le connais, … ou tout au moins que j'ai essayé de déterminer après mûre réflexion. Sinon, je fais au petit bonheur la chance, et les commentaires éveilleront peut-être votre curiosité.

Les deux premières photos montrent des baigneurs à la piscine de Sainte Barbe, c'est dire qu'il y a eu une piscine assez tôt aux mines d'Imini, une piscine aux dimensions plus modestes que celle de Bou Tazoult qui sera construite plus tard. Mais je pense que les utilisateurs ont été heureux de pouvoir en profiter, pour se rafraîchir en été.

photo n° 2

Photo n° 2. Plongeon ?

Cette première photo, datée du 15 août 1949, voit une naïade se préparer à plonger dans l'eau, s'agit-il de Pierrette ? C'est bien possible, la silhouette lui ressemble. Notez l'élégance du maillot de bain qui ressemble davantage à une tenue de loisir d'aujourd'hui.

Photo n° 3. Baignade collective.

Le bassin est entouré de takaouts, et bordé de bancs permettant aux spectateurs d'assister à la baignade … et peut-être à des jeux nautiques organisés lors de la fête du 14 juillet ou du 15 août. 

photo n° 3

En effet des guirlandes sont suspendues à des poteaux.

Sur la colline de gauche, on remarque la maison du directeur sur la colline. Nous sommes dans les années florissantes, celles où l'eau n'était pas rationnée, comme ce fut le cas plus tard dans les années 60-70, après les grandes sècheresses.

photo n° 4

Photo n° 4. Trempette pour une enfant.

Au 15 août de l'année suivante, le niveau d'eau est déjà beaucoup moins haut, et Mr Giraud (orthographe à vérifier) porte sa fille Mimi sur ses genoux, à l'entrée du petit bassin, sur les escaliers par où arrive l'eau. Vous notez que le grand poteau et les bancs ont disparu : la fête est-elle finie ? Ou la piscine de Bou Tazoult a-t elle été déjà construite ? Auquel cas les festivités se seraient passées là-bas. Au fait, qui est ce Mr Giraud ? Et quelles sont ses fonctions à la mine ? Le paysage est toujours aussi désolé alentour. Le terrain de tennis contigu n'existe pas encore, et les plantations sont toujours réduites au minimum.

photo n° 5

Photo n° 5. Galerie de Bou Tazoult.

L'année 1950 est assez prolifique en photos. L'entrée de la galerie de Bou Tazoult est facilement reconnaissable à sa voûte au décor berbère : un groupe pose sur les rails. Accroupis, Yvon Teyssier en pull rayé tient compagnie à un marocain en tenue traditionnelle et poignard au côté. Debout à droite se tient Mr Bourleau (orthographe à vérifier), comptable, accompagné d'une femme (situation rarissime dans une mine) : je ne possède pas les identités des uns et des autres. Les lampes à acétylène sont de sortie pour voir clair dans la galerie. On devine les premières boiseries dans la galerie, éclairée par un soleil très lumineux sur le mur de pierre. Deux voies : l'une pour les wagonnets entrants, l'autre pour les sortants.

 Photo n° 6. Mi-carême et déguisements. photo n° 6  1950 : mi-carême devant l'infirmerie et les bureaux de Bou Tazoult. Une scène où les déguisements sont foison et empêchent de reconnaître les personnes. Toutefois, à droite avec un chapeau gris, ne serait-ce pas Mr Moquais (ou Moquet, quelle est la bonne orthographe ?) ? Ensuite la « femme » la plus grande serait un homme que ça ne m'étonnerait pas. La « jeune mariée » fait également penser à un homme travesti. Derrière le marocain, le seul à ne pas porter de déguisement, l'âne, attelé à un char décoré de palmes, patiente jusqu'au départ du cortège vers le village. 

photo n° 7

Photo n° 7. Yvon en couple avec un bel inconnu.

Sur la deuxième photo de mi-carême, on reconnaît quand même bien Yvon, mais pas son acolyte. Les quelques marocains présents en restent bouche bée. Yvon a sans doute pris la photo précédente, puisqu'il n'y figurait pas.  XXXXXXXXXXXXXXXXXX

photo n° 8

Photo n° 8. Mr et Mme Maurel.

Toujours en 1950, Mr et Mme MAUREL sur le pas de leur porte, souriant. Mme Maurel a tenu un temps la cantine. Sorti de là je ne puis en dire plus sur ce couple, sinon qu'ils ont un fils et que c'est l'hiver. Je compte sur les lecteurs. XXXXXXXXXXXXXXXXX

 

photo n° 9 Photo n° 9. Ambulance ?    En 1950 encore, Yvon pose avec le chauffeur Si Lyazid sur le pare-choc de la Goélette Renault, ambulance ou simple transport de personnes puisque vitré sur tous les côtés. Cette camionnette a connu un grand succès commercial et vous pourrez faire un recherche sur internet. Bien que photographié à contrejour, Si Lyazid est parfaitement reconnaissable à sa silhouette frêle, … et anecdote : c'est lui qui m'a formé à la conduite et m'a amené à Ouarzazate passer avec succès mon permis en juillet 1966 !  Derrière le véhicule, on devine une table basse traditionnelle, et une fillette fait face à un adulte. Préparatifs du thé ? 

photo n° 10  Photo n° 10. Course cycliste.      Décembre 1950, fête de la Sainte Barbe, animée par une course cycliste. Les « clous » ne sont pas équipés comme des vélos de course, mais les jarrets sont solides, renforcés naturellement par le travail à la mine. La tenue tient davantage de la cérémonie que du sport. Les concurrents sont nombreux et répartis en deux rangées, … pour la photo ? Quels sont les lauréats et les lots de cette compétition ?  

photo n° 11   Photo n° 11. Sur la route d'Imini.   En juin 1950, Pierrette et Dom Bouton (l'auteur des décors de la chapelle de Bou Tazoult, de l'église des Saints Martyrs de Marrakech), conduits sans doute par Si Lyazid devisent près d'une hutte en roseaux, mais tous fument leur cigarette avant de reprendre la route.  

photo n° 12

 Photo n° 12. Petite fille.

A la mi-carême 1951, Monique Puny se promène le long d'une maison de Bou Tazoult, pas loin de la cantine. C'est qui cette charmante petite fille ? Et sa famille ? Les jardins ne sont pas encore cultivés, il n'y a pas de clôture de roseaux comme on en voyait souvent pour délimiter le terrain et protéger les cultures.

 Photo n° 13. Bou Tazoult enneigé.

photo n° 13

Les hivers étaient souvent neigeux, à cause de l'altitude de 1.500 mètres et la proximité immédiate de l'Atlas. Aujourd'hui, même en été persistent quelques traces neigeuses sur les sommets nous séparant de Marrakech. On comprend mieux que l'eau se soit raréfiée dans la vallée de Tidili où se trouvait la station de pompage, et où les amandiers, qui demandent beaucoup d'irrigation, soient morts, d'après mon ami Ahmed Chaïb ancien iminien de l'école de Mr Romano.

Dans presque la même direction que la précédente, cette photo de l'hiver 1951 montre la nudité du paysage où un début de végétation se fait jour avec des rameaux grêles. Je n'ose pas donner de nom aux maisons puisque les occupants des débuts n'étaient pas les mêmes que ceux que j'ai connus ensuite. Encore que ma première maison se trouve en plein milieu, sur la butte avec ses petits oeils-de-boeuf du salon, en dessous de ce qui sera plus tard la piscine « olympique ». Et que nous sommes arrivés en janvier 1951 (?).

La couche de neige n'est pas épaisse, mais elle souligne les courbes du terrain et les chemins descendant jusqu'à la cantine. 

photo n° 14

Photo n° 14. La moisson ?

En 1952, Si Lyazid, accompagné de Pierrette et Mr Bourleau, tient dans ses bras une gerbe de végétaux difficiles à reconnaître, devant le champ où ils ont été coupés. Un chien berger allemand fait le beau pour la photo.

Photo n° 15. Mgr Duval à Bou Tazoult. 

photo n° 15

En 1952, devant la chapelle de Bou Tazoult, près de laquelle on devine le mur de la piscine déjà construite, ou en cours de construction.

De g à d : X, X, Mr Moulinou de profil, deux militaires, une des filles Moulinou de dos (en tenue écossaise), Mgr Duval tenant son chapeau épiscopal, Yvon et Pierrette (mantille blanche) Teyssier, Mme Moulinou (mantille noire) quittant le groupe. Vous pouvez compléter les noms manquants.

Photo n° 16. Aouach au village marocain. 

photo n° 16

En décembre 1954, pour les fêtes de la Sainte Barbe, une aouach devant les boutiques du village marocain ; on reconnaît les voûtes protégeant les commerces, et plus en arrière les décors crénelés des murs de la file de maisons jumelées. Un groupe d'européens, dans lequel on voit nettement le visage poupin d'Yvon, assiste à l'aouach. Magnifique photo en noir et blanc qui traduit bien cette ambiance que l'on peut encore vivre dans le sud marocain à l'heure actuelle. Reconnaissez-vous les autres personnes ?

Photo n° 17. Famille Gorce. 

photo n° 17  1956, Pierre Gorce et sa soeur Mireille encadrent Mme Gorce. Ils posent devant ce qui pourrait être un des ateliers de Bou Tazoult, ou l'agence postale de Sainte Barbe. Aucun détail significatif ne me permet de situer précisément le lieu. L'absent, c'est-à-dire le docteur Gorce, est-il le photographe ? Cette famille était originaire du Gard, dans le coin de Goudargues, où le docteur Gorce aimait à taquiner le poisson dans le Gardon, et ne laissait pas sa part non plus dans le sud marocain, allant jusqu'aux gorges du Toghra. Cet arbre me fait penser au faux poivrier qui poussait devant l'agence postale de Sainte Barbe. Mais … Le docteur Gorce a été une figure marquante d'Imini, conservant son accent rocailleux, volontairement bourru, en apparence, et pourtant tellement généreux dans sa prise en charge des malades. En 1952, il avait succédé au docteur Mandryka resté une seule année.

photo n° 18

Photo n° 18. Mr Domos ? 

30 mars 1957 : la légende au dos de la photo dit seulement « Domos ». S'agit-il d'un Mr Domos, manipulant une in-offensive carabine? Il est endi-manché : costume, cravate, pochette. Ce monsieur a-t il une histoire ?

 Photo n° 19. La route d'El Kelââ M'Gouna. 

photo n° 19

Mai 1957, des palmiers majestueux bordent et ombragent la route. Mai est le mois de la fête des roses. Peut-être que les « touristes » d'Imini sont allés là-bas pour profiter des manifestations et des réjouissances organisées par les caïds locaux. Aujourd'hui encore, ces fêtes sont somptueuses et connaissent une renommée dépassant largement les frontières du royaume.

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Les photos suivantes ne sont pas datées, et je les livre au hasard.

photo n° 20

Photo n°20. Yvon à l'infirmerie.

Yvon pose en blouse professionnelle devant le bâtiment de l'infirmerie. Yvon, à partir de son arrivée en 1948, a usé de tout son entêtement auprès du directeur, Mr Moulinou, pour organiser une infirmerie digne de ce nom. L'unique pièce, servant aux examens et aux soins, sera transformée en une véritable infirmerie équipée de matériel.

photo n° 21

Photo n° 21. L'intérieur de la chapelle.

Dans le choeur de la chapelle de Bou Tazoult, sous les magnifiques fresques peintes par Dom André BOUTON, l'autel est constitué de bois de mine et porte le tabernacle recouvert d'un linge brodé par les petites mains des filles éduquées par les soeurs franciscaines. Les chandeliers, sans doute en cuivre, peuvent être de fabrication marocaine, mais la croix est certainement originaire de France.

Dans des articles précédents, les fresques de Dom Bouton ont été déjà présentées, on en retrouve les détails sur le livre de Sainte Barbe (en couleurs). Rapportez vous à l'article du 18 mai 2012 sur l'exposition consacrée à Dom Bouton à l'abbaye de Wisques. 

photo n° 22

Photo n° 22. Jardinier d'opérette ?

Pas moyen de savoir qui est ce personnage qui s'attaque aux rames de haricots verts : le maquillage rend impossible son identification.      XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

photo n° 23Photo n° 23. Avant la distribution de cadeaux.

Le Père Noël se prépare à partir en tournée, coton hydrophile à profusion y compris dans les chaussures. L'âne est bâté à la marocaine. XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX Photo n° 24. A l'infirmerie. 

photo n° 24

Yvon rédige consciencieusement les fiches des patients et les classe ensuite dans les meubles prévus à cet effet, dans son bureau. Le calendrier témoigne de l'année 1957. Mais c'est tout ! Au fond, on distingue la table d'examen.   xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxPhoto n° 25. Réception de Noël. 

photo n° 25  Une photo de Noël dans la salle de la cantine (?). Il y a des fenêtres aux volets clos, mais la salle est bondée. Le Père Noël trône au milieu avec son déguisement agrémenté de coton hydrophile. On reconnaît près de lui l'omniprésent Mr Bourleau se tournant vers le photographe, et distribuant les paquets. Plus loin sur la gauche, une jeune fille ressemblant comme deux gouttes d'eau à Joseline Decailloz-Alberto s'intéresse à un enfant blond dans les bras d'une adolescente (si ce n'est elle c'est donc sa mère ?). Est-ce que je me trompe ? Difficile de dater l'évènement. Peut-on identifier tous ces visages ?

 

Photo n° 26. Le village de Bou Tazoult prend forme.

photo n° 26Depuis la chapelle, la vue est plongeante sur le village et la mine. L'Atlas domine le paysage de ses neiges éternelles qui, aujourd'hui, ont fondu de beaucoup. Le village commence à se dessiner dans sa forme définitive. Au loin les installations minières, sans la laverie, et le village indigène sur la droite. A gauche on distingue le bâtiment brillant de la centrale électrique, gagné en passant sous le petit pont. La route issue des ateliers amène au bâtiment de la cantine-épicerie. Quelques villas jumelles occupent l'espace. Sur l'esplanade de la chapelle, au premier plan se dessine le tracé d'arrosage d'une plantation. Les terrains sont encore vierges de végétation, excepté quelques arbres (takaouts ?) vers le bas, bordant le jardin de ce qui sera la villa des Wojciekowski (elle-même jumelée à celle des Decailloz).

Photo n° 27. Des années après ... 

photo n° 27 Une photo vraisemblablement prise lors d'un séjour de Pierrette et Yvon Teyssier, retournés sur leurs anciennes traces. C'est bien longtemps après leur départ : la photo est en couleur, le borj est déjà en ruine, mais les jardins potagers sont développés, les arbres fruitiers, les takaouts et les épicéas sont imposants. La verdure règne malgré le rationnement de l'eau. 

Une famille marocaine occupe sans doute l'ancienne maison des Teyssier, parce que la clôture est faite de roseaux tressés, le porche est en terre battue, signant un changement de mentalité. Le village vit encore puisqu'il est habité.

Le terril des stériles cache le bâtiment de la laverie.

Ainsi se termine ce premier volet de la saga Teyssier. Une page est tournée. J'aimerais pouvoir continuer, si d'autres documents me sont communiqués. Chacun d'entre nous a des clichés de la présence de sa famille aux mines d'Imini. Tous les documents sont intéressants pour les autres, les lecteurs. Ils rendent compte d'une tranche de vie, d'une épopée.

Jean-Yves TRAMOY

N'hésitez pas à faire des commentaires, à rédiger un article, à publier des photos.

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05 avril 2018

LIVRE D'OR DES MINES DE L'IMINI - 1940 - LES DÉPUTÉS à IMINI

ANNÉE 1940 - LES VISITEURS DE LA MINE AU DÉBUT DE LA 2e GUERRE MONDIALE

Branko YOVANOVITCH, géologue d'origine serbe, avait écrit sur le livre d'or en 1939 qu'il était prudent de ne pas dire si on avait l'intention de revenir à Imini. Quelques mois plus tard un géologue d'origine italienne, reprend sa citation à son compte:

"Il a été dit plus haut, que le "géologue prudent ne dit pas qu'il revient."  Je ne peux qu'approuver ... car les problèmes de ce jour passionnant sont multiples. Il faut voir, revoir, beaucoup méditer, étudier tous les détails, fussent-ils les plus minimes... avant d'oser affirmer une opinion.... On devra se garder de dire, comme beaucoup ! hélas !!  VÉNI - VIDI - VICI - (20 février 1940 )

Ces pensées sont signées Féderico HERMANN, docteur es sciences, géologue d'origine italienne, chargé d'établir la carte géologique d'Algérie et invité à Imini. 

Or37v  "Vu par l'ingénieur des Mines soussigné, 1er mars 1940,

pagezy-H

"sans observation" Henri Pagezy" -

Henri Pagezy, ingénieur des Mines, était Ingénieur en chef, attaché à la direction de Pennaroya. Il l'était depuis 1925:

Pagezy-Paris-mars-1925  Voir plus d'infos sur H. Pagezy

 "Premier passage à l'Imini - Souvenir et remerciement" 4 avril 1940 - Cinq signatures non identifiées...

André_Moulinou08_Bureau_dr_1940 L'ingénieur Moulinou a désormais un bureau directorial, où sont affichés la progression de l'exploitation du Manganèse.

Le 12 avril 1940 (la "drôle de guerre" va se terminer dans seulement un mois par l'invasion de la Belgique). La commission de parlementaires chargée des questions minières à l'Assemblée Nationale a envoyé plusieurs députés, accompagnés de géologues en poste au Maroc et d'officiers affectés au territoire de Ouarzazate. Une photographie de 1940 nous permet de  nous rendre compte de l'importance de cette délégation. 

André_Moulinou-_13 La photo a été prise devant la maison du directeur Moulinou qui domine la vallée (voir photo ci-dessous: maison en haut à gauche)  

André_Moulinou09avant40

Deuxième voyage des membres de la Commission des Mines de la Chambre des Députés;

Deuxième plaisir pour ceux qui la composent..

Première partie de ce plaisir: excellent repas, pomme de terre excellente au manganèse de choix.

Deuxième partie: atmosphère de cordialité, traits d'esprit de M. Baudou, plaisanteries spirituelles de M. Moulinou, silence amical de M. ?  Découverte de M. Sion: Lyon ville du nord perdue dans le midi.

Or38 Deuxième partie: Satisfaction de constater l'effort de production pour servir la France en manganèse.

Conclusion: Les français sont toujours spirituels, mais celà ne leur empêche pas d'être forts et décidés quand c'est nécessaire.

Petrus FAURE, député de la Loire -  Paul SION, député du Pas-de-Calais. Ces deux députés élus dans des circonscriptions minières étaient venus voir les progrès réalisés à Imini en quelques mois. (Voir leurs biographies sur la page de 1939, ils ne voteront pas les pleins pouvoirs à Philippe Pétain)

Suivent leurs signatures accompagnées de celle de BONDON, du service géologique du Maroc, adjoint de P. DESPUJOLS

Or38v  Le 20 avril 1940, les musulmans d'Imini célèbrent le MOULOUD, naissance du prophète : 12 Rebia 1359 

André_Moulinou06_Imini_Fete-Mouloud1940 Les échoppes et habitations  échelonnées le long de la piste (photo Moulinou).

"Imini avec tous ses coloris, s'agale en beauté avec Paris" le 2 mai 1940, Jeudi de l'Ascension - Signature de BODART

Mine de rien ! mon lieutenant

De désormais à dorénavant

j'dis qu'il y en a tellement et tellement 

Que c'en est suffocant.    L'adjoint à la mission

Un troisième député qui n'était pas encore venu à Imini, fait à son tour la visite: Henri GÉRENTE, député de la Haute-Savoie --  CORNET, Aspirant 1er chasseur d'Afrique

Lt d'Auvisme ? (Le député Henri Gérente votera les pleins pouvoirs à Philippe Pétain en juillet)

Or39v Mine en gésine !

Soleil de braise

Veine de fine

Auvent  de frese ?  

Pierre DESPUJOLS, ingénieur en chef des mines à Rabat, Directeur du service des mines et de la Carte géologique au Maroc.

Le vaillant ingénieur à l'oeuvre dès matins

Faisait de son marteau d'où sortait le métal

Sur l'Azur pacifique et le carreau des mines

Epanouir le stock du minerai total

          Sur la piste au son clair de la note argentine

          Du clakson Chevrolet, le bourgeron étale,

          Coudoit la djelaba de laine blanche et fine

          Et le soleil de mort implacable et fatal.

Or40  Il a vu le travail humain et l'homme fort

Il se dit que bientôt nous serons sûr au port

Vainqueur et bienheureux ! l'homme de manganèse

           A forgé de ses mains, dans l'ardente fournaise

           L'acier victorieux aux éclairs de cobalt

           Qui réduira les Huns, après avoir dit "Halt"!

P.P.C. en collaboration avec J.M. de Heredia

Les deux dernieres strophes sont "sorties" de la mission pour partie.

Signé H. CORNET, O.N.A.  le 8 mai 1940

Or41   La guerre fait rage au nord et à l'est des frontières françaises depuis le 10 mai - L'ingénieur LELOUTRE qui représente la Compagnie Mokta el Hadid pose des réflexions en lien avec la situation dramatique des pays en guerre.

Le 27 octobre 1940

Quatre mois après...

Ce recueil de pensées, mi sérieux, mi comique,

Fut, comme il convenait, clos aux heures tragiques,

Alors qu'on projettait d'en enrichir l'éclat

Par ces précieux dessins où Delhaye enferme,

Toute l'âme du Sud, âpre et mélancolique.

Fallait-il le rouvrir ? et donner la réplique,

Sur un ton grâve, au gai persiflage d'alors ?

Peutêtre... Pourquoi non ? car, sous les coups du sort,

L'Imini, acharné à naître, veut survivre

Quelque soit l'avenir inscrit sur le grand livre

Du destin ! Un lecteur acharné, en six mois,

A, sur ce sol ingrat, fait surgir pistes, voies,

Cités, mine, ateliers comme un réel mirage.

Des succès de demain, ce grand oeuvre est le gage.

J'y ai puisé ma foi et nourri mon espoir

Devant nos trois couleurs claquent au vent du soir.

            Georges LELOUTRE, ingénieur civil adjoint au directeur général de la Cie Mokta El Hadid 

Sur la fin de l'année 1940 la production de minerai de manganèse a progressé, il a été nécessaire de stocker car la guerre empèche de livrer comme en temps de paix. 

André_Moulinou05_SteBarbe1940

 Mardi 29 octobre 1940, le chef du territoire vint repérer les points névralgiques afin d'en assurer la sécurité avec le minimum de forces et écrit sur le Livre d'Or:

Avec l'espoir du grand rendement des mines de l'Imini si bien conduites et engagées pour l'intérêt de l'oeuvre française dans l'Empire.

Lt-Colonel SCHMIDT, chef du territoire, considéré comme un "héros de la pacification"

En décembre 1940, lors de la Sainte-Barbe, les mineurs des mines d'Imini et leurs familles étaient encore peu nombreux. Une photo en garde le souvenir. Le Directeur Moulinou est debout à droite; sa maison est sur la colline encore plus en haut à droite.

Ste-Barbe-1940

Le lieutenant-colonel Schmidt accueillera le Général Weygand venant de Tindouf le 23 décembre 1940 à Marrakech et le recevra le lendemain à Ouarzazate où il atterrit à 10h50 pour rencontrer les caïds du territoire.

Or41vo1940 Signature du Lt-Colonel Schmidt

Nous poursuivrons la publication du Livre d'Or d'Imini en 1941, ajoutant des renseignements complémentaires sur les personnalités qui sont venus visiter ce lieu mythique. Merci à ceux qui auraient des documents sur ces personnalités et qui accepteraient de les partager sur le blog des Iminiens

31 janvier 2018

PIERRETTE TEYSSIER NOUS A QUITTÉ,..

... 

PIERRETTE-TEYSSIER-1 Danka, entre Yvon et Pierrette Teyssier autrefois.

Pour toi notre Pierrette,

Petite, je ne suis pas sûre de t’avoir côtoyée !

Petite j’étais tout le temps malade, et qui venait ?

Ben Yvon, que j’ai appelé bien plus tard Docteur Piquouse

Il avait le don, en tout cas pour moi, de me faire oublier

Ces vilaines piqûres que je détestais,

Avec une poupée il savait me calmer !

Tu peux imaginer le bonheur immense

Lorsque nous nous sommes retrouvés ?

Chez Bichon, tout est bon !

Quand il est parti, nous avons eu du mal

A imaginer qu’effectivement il ne serait plus là

Ta force, ton courage, ont fait que tu as traversé

Cette épreuve avec dignité, amour encore et toujours

Nous avons partagé des moments inoubliables avec toi,

Qui connaissait toutes tes photos par cœur !

Chaque jour, chaque endroit, chaque manifestation !

Tu savais tout, et ta mémoire a fait que la nôtre

A pu se réveiller …

Tu nous faisais rire avec tes anecdotes, sur la

Vie du village, sur telle ou telle personne,

Toujours avec gentillesse

Aujourd’hui, tu as rejoint Yvon

Combien de choses allez-vous vous raconter !

Landerrouat, un lieu que nous connaissons

Pour avoir vu le panneau sur notre route vers Margueron

Alors que je le localisais plutôt vers la Bretagne

Donc le destin ? la vie ?

A fait que toujours nous étions proches,

Sans le savoir !

Sainte-Foy La Grande, l’hôpital Pellegrin

Où Yvon a donné beaucoup de lui

Tu seras toujours dans notre cœur

Et aujourd’hui tu es avec Yvon !

On t’aime profondément

Tu seras toujours dans notre cœur

Avec toute notre tendresse et notre affection

Danka MIQUEL-PAWLAK.  

Yvon Teyssier avait marqué son passage à Bou Tazoult par son activité d'infirmier jusqu'en 1960, avant de regagner le sud de la France, dont il était originaire avec son épouse Pierrette. Leur séjour aux mines d'Imini n'est pas passé inaperçu. D'ailleurs Yvon avait écrit un article sur ce sujet le 27 mai 2008, et un hommage lui avait été consacré dans un article le 01 mai 2011. Un retour en arrière et la lecture de ces pages nous rafraîchit la mémoire.

Yvon-Teyssier-2 Yvon Teyssier examinant un candidat à l'embauche

Yvon, magnifique infirmier, doux, amusant savait détourner l'attention des patients pour les "piquer" par surprise, sans douleur. Toujours disponible pour aller à domicile quand il en était besoin, au gré d'un accouchement, d'une grippe, d'une forte angine, ... pour appliquer des ventouses, des cataplasmes à la moutarde, dispenser des soins qui s'adressaient autant au moral du patient qu'à son corps souffrant. Yvon Teyssier avait plusieurs cordes à son arc, et il passait ses loisirs, avec beaucoup d'enthousiasme, à distraire les habitants des mines d'Imini, à créer des animations en toute occasion : arbre de Noël, courses de vélos, courses d'ânes, grimper au mât de cocagne, ... payant de sa personne en déguisements.

Yvon-Teyssiercourse-3 Yvon, animateur de fêtes à Boutazoult

... Et Pierrette suivait, participait. Tous deux avaient une personnalité affirmée, volontaire, mais Pierrette possédait en plus une voix déterminée, caractéristique du sud-ouest, un rire communicatif, tout au contraire d'Yvon plus discret, plus modéré.

Aujourd'hui, ils sont partis tous deux. Le 22 janvier, Pierrette a rejoint son époux dans les territoires d'un monde qu'on ne peut rencontrer qu'après ... au bout d'une longue route qui les a promenés du Sud ouest jusqu'au Maroc, puis en Algérie avant de retrouver le berceau natal et n'en plus bouger.

En avril 2013, passant par Bordeaux pour remonter vers la Bretagne, ... une envie irrépressible m'a pris de pousser jusqu'à Gujan Mestras pour revoir éventuellement Pierrette, quelques mois après le décès de son mari. En me disant que je ne voudrais pas avoir de regrets supplémentaires d'avoir manqué des retrouvailles plus de 50 ans après l'épisode "Imini". Un peu d'angoisse vraiment avant d'appeler au téléphone, et d'être rassuré par un accueil enthousiaste qui m'encourageait à venir dès le lendemain, comme si on ne s'étaient jamais quittés. Un peu d'appréhension quand même en arrivant à la maison dans ce quartier tranquille du Bassin d'Arcachon.

Teyssier-Mektoub-4

Rassurant en découvrant que la maison portait un nom : "Mektoub", "C'est écrit" en arabe, ... en hommage à son ancien collègue de l'infirmerie Mohamed El Ghazi. 

Un signe que la période marocaine n'a pas été oubliée, a marqué les occupants à vie, ... comme beaucoup d'entre nous, et que l'on se soumet à la fatalité du destin.

Deux femmes vivent là : Pierrette assistée de sa nièce Raymonde, laquelle partage son temps entre sa tante et sa propre mère distante de cent cinquante kilomètres. Nous sommes reçus chaleureusement par une dame déjà âgée, souriante, dont la mémoire est vive, la parole facile, le dynamisme communicatif. Peu à peu nos timidités s'envolent, et je m'enhardis avec cette aînée si pétulante malgré ses difficultés à marcher. Elle surprend son auditoire par les précisions apportées dans ses souvenirs, donne aussi des nouvelles d'anciens iminiens avec lesquels elle est restée en contact malgré les années, malgré l'éloignement.

Le décor intérieur est majoritairement marocain, rempli d'objets artisanaux : tapis, plateaux en cuivre, ... et collection de photos. Est-on vraiment en Gironde ? On retrouve ici le réflexe de tous ceux qui sont revenus du grand sud marocain, et qui ne peuvent oublier leurs jeunes années d'"active", qui sont marqués à jamais de cette empreinte marocaine, et l'emportent avec eux jusqu'au bout.

Mais comment fait-elle pour retenir autant de détails, pour les raconter aussi aisément, et avec autant de plaisir ? Le temps glisse sans que l'on s'en rende compte, ... mais la Bretagne est toujours aussi loin. Il faut partir, sans savoir si une autre occasion se présentera, mais avec le soulagement de n'avoir pas manqué celle-là. 

Raymonde-Jean-Yves--Pierrette-5 Raymonde, Jean-Yveset Pierrette Teyssier

Cinq années, ou presque sont passées, pendant lesquelles la santé de Pierrette a baissé progressivement, et pendant lesquelles je pensais à lui souhaiter son anniversaire … parce qu'elle avait la même date de naissance que mes parents, avec deux ans d'ancienneté supplémentaires.

Pierrette, usée par la maladie dans sa dernière année, est partie sereine, ... au bout d'un long chemin de vie, Pierrette nous a abandonné, emportant avec elle une partie du Maroc, une partie des mines d'Imini, une partie de nous-mêmes par la même occasion.

Gardons-la dans nos pensées, et n'oublions pas nos autres anciens qui, encore vivants, restent notre référence et peuvent corriger nos souvenirs enjolivés d'adolescents.

N'oublions pas, non plus, que le blog Timkkit2008 n'est pas seulement une chronique nécrologique, mais un relais de témoignages entre membres de la communauté iminienne, quel que soit l'âge, quelle que soit la nationalité. La seule nationalité qui soit : la citoyenneté iminienne ! Alors réagissez aux articles, ... et proposez les vôtres.

=> Retrouvez les articles parus sur le blog le 27 mai 2008 (Yvon Teyssier, infirmier, 1948-1960), et le 01 mai 2011 (Yvon Teyssier n'est plus parmi nous), et constatez que certains noms se manifestent comme Mr BARBONI et Evelyne SANCHEZ, ancienne élève de l'école primaire de Bou Tazoult. Dommage qu'il n'y ait pas eu de suite de leur part pour nous raconter leur vécu à Imini.

Les Iminiens adressent leurs condoléances à la famille de Pierrette TEYSSIER née JAY; notamment Mme Huguette JAY, ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants, M. et Mme Juliette BARRET, leurs enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants, Mme Georgette TEYSSIER et sa famille, Mme Claudine GOMES et ses enfants, parents, alliés et amis. La cérémonie religieuse a eu lieu le vendredi 26 janvier 2018, à 10 heures, en l’église de Landerrouat, suivie de son inhumation dans la même tombe qu'Yvon TEYSSIER au cimetière de leur commune.


05 juin 2017

Madame TRAMOY , veuve de l'ingénieur Jean-Louis TRAMOY a été enlevée à l'affection des siens

Nous recevons un faire-part de sa famille:

Jean-Yves et Marie-Thérèse Tramoy, Pascale Tilly, Marie-Agnès et Sixte de Mijolla, Sabine et Stéphane Couder, ses enfants et leurs conjoints,

Béatrice, Anne-Laure, Jean-Damien, Florence, Fabien, Raphaël, François-Boris, Maxime, Gabriel, Léonor, Arthur, Juliette, ses onze petits-enfants et leurs conjoints, ses quatorze arrière-petits-enfants, et toute la famille ont la tristesse de vous faire part du décès de

Jeanne Francia TRAMOY

dans sa 93e année. Elle a rejoint son mari Jean-Louis TRAMOY, autrefois ingénieur du fond à Imini, décédé en mai 1982, et sa fille Béatrice décédée en mars 1966 sur la route de Marrakech. Les obsèques ont eu lieu mercredi 17 mai 2017 à 10 heures en l'église Saint Sébastien de Meyzieu.

Les Iminiens disent à Jean-Yves toute leur sympathie et lui demandent de transmettre leurs condoléances attristées à toute sa famille. 

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13 mai 2017

LIVRE D'OR D'IMINI - ANNÉE 1939

LES VISITEURS DES MINES DE L'IMINI EN 1939

L'année 1938 fut celle du démarrage de l'activité de la mine, celle du lancement de sa production. Les années précédentes avaient été celles des études préalables et des investissements. Cette production de 1938 où les 16785 tonnes de manganèse extraites avaient fait grand bruit dans les univers économique et politique attirait les visiteurs à la veille d'une guerre qui se préparait. Cette production était prometteuse puisque plus de la moitié du manganèse extrait était restée sur le parc en attente de clients. Seulement 7100 tonnes de manganèse avaient été vendues. L'armée s'intéressait aussi aux mines de l'Imini devenu lieu stratégique à protéger.

C'est ainsi que de nombreux visiteurs affrontèrent la route en lacets du Tizi n' Tichka pour se rendre compte des promesses de cette nouvelle mine productrice de richesses. Des généraux, des élèves de deux Écoles supérieures des Mines (Paris et Saint-Etienne), des géologues célèbres, des administrateurs et des cadres de Mokta El Hadid, des hommes politiques français connaissant bien l'univers de la mine et des mineurs, des personnes restant à identifier furent nombreux à apprécier l'accueil de la SACEM avec M et Mme Moulinou, Georges Cantarel et leurs fins cuisiniers Embarek et Bouchik.

On trouvera quelques photos de 1939 sur une autre ==> page du blog

En janvier, M. Georges LELOUTRE un ami de passage du directeur MOULINOU propose un poème qui cite les cuisiniers qui ont fait la réputation de l'accueil aux mines de la SACEM. Il joue sur les mots en comparant la table de tri du manganèse à grande capacité avec la table gastronomique réservée aux invités.

Il y a table et table ... (cela se chante)

L'Imini, fort délectable, a plusieurs bonnes tables

Dont les mets sont abondants et le fumet excellent...

C'est qu'EMBAREK se surpasse, Mais BOUCHIK le dépasse!

L'consommé est délicieux, Mais le concentré est mieux !

Or30b-01_39 

Si l'on manque de sucre en poudre, Le selecteur peut moudre,  

Des tonnes de poudre de riz, À l'usage des houris.

En haut, on tient table ouverte, Mais, en bas, il vaut certes

Beaucoup mieux pour le texte Que la table soit fermée !

En haut, lorsqu'on sort de table On n'est pas toujours stable

Mais d'en bas c'est chaque soir Que l'on rentre complétement "noir". 

La morale de cette histoire C'est, vous pouvez m'en croire,

Qu'il y a tables et tableaux, comme fagots et fagots.

Janvier 1939, Leloutre

Or30v-01-03_39  

Le 13 MARS 1939, la visite du groupe MORY et HAY. La présence d'Alexander Hay montre l'intérêt des administrateurs du groupe Mokta El Hadid pour la SACEM sa filiale.

"Nous garderons un souvenir inoubliable de l'Imini et de l'accueil si cordial et si merveilleux que nous y avons reçu. Quel contraste entre l'aridité de ce pays et le charme de ses habitants".

Le 1er AVRIL, visite de ROQUES et Th. RIVIER. Qui nous aidera à identifier ces visiteurs ?

"Remerciements pour une visite sympathique ..

En remerciement de l'accueil si cordial et des bons repas pris aux mines de l'Imini"

5 AVRIL 1939 - Six élèves de ENSMSE, (École Nationale Supérieure des Mines de Saint-Etienne) promo 1939

"Accueil d'un jour à l'Imini Charmant séjour Trop vit' fini".

  • Or31v-SEt-04_39  Les noms d'élèves à partir des signatures correspondent à P. ISERT, RENGADE, PINEL, peutêtre aussi J. MURGUE... La photo de la promo 1939 permet aussi de repérer le professeur Louis NELTNER ainsi que François PERMINGEAT qui viendra plus tard à Imini avec une nombreuse délégation internationale de géologues et Jules AGARD qui eut une carrière marocaine en dirigeant la SEGM (section d'études des gîtes minéraux) à partir de 1954.

    Promo-1939-Saint-Etienne 

    Louis Neltner (1903-1985), fut chef adjoint du Service des mines et de la Carte géologique du Maroc, aux côtés de Pierre Despujols, de 1927 à 1931. Il apporta une contribution majeure à la stratigraphie des terrains anciens de la zone axiale du Haut-Atlas et de l’Anti-Atlas. Appelé, en 1931, comme professeur de géologie à l’École des mines de Saint-Etienne, il continua à travailler au Maroc de façon épisodique jusque dans les années 1950. 

5 avril 1939

Adieu, mines de l'Imini, dernières mines de l'Iminette, nom charmant, évocateur de tendres caresses.

Rêverais-je jamais, chère Iminette ton azur profond, ton soleil ardent, tes horizons de corail et de chair émue,

Tes membres dévêtus, et la blancheur immaculée de ton collier de cîmes lontaines, et la sérénité de ton visage. Impossible à rien                                                                                                                  

Or32-04_39

 Adieu chère Iminette, ton image restera, claire et fière, dans ma mémoire encombrée  de visions, et je n'oublierai jamais la quiétude qu'inspire ton inhumaine beauté."  Jean HENRY, ingénieur de la société Mokta El Hadid, responsable de la mine d'Imini avant qu'André Moulinou en soit nommé directeur revient avec une certaine nostalgie.

8 avril 1939

M. BOULINIER dirigeant de la SACEM vient s'enquérir du progrès des recherches et fait visiter Imini à des hommes politiques français appatenant à la SFIO.

"En souvenir du délicieux séjour passé dans le cadre grandiose de l'Imini."

Il est accompagé de Paul SION, homme politique et mineur qui participe à une Mission parlementaire d'étude sur les mines et les mineurs du Maroc avec Augustin MALROUX, Petrus FAURE et CARION du service des mines.

Paul SION travaille dans la Mine dès l'âge de treize ans, il se lance dans le syndicalisme à 20 ans et y occupe rapidement des responsabilités qu'il exercera jusqu'en 1936. Parallélement, il devient conseiller municipal de Lens en 1925 et conseiller général en 1928. Il est élu député SFIO du Pas-de-Calais en 1936, dans la circonscription de Béthune. Le 10 juillet 1940, il ne prendra pas part au vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain.

Un homme politique peut en cacher un autre. Fait partie de la visite Augustin MALROUX: Fils d'un ouvrier mineur très marqué par la pensée de Jaurès, il fit ses études à l'école primaire supérieure (collège) d'Albi, puis à l'école normale d'instituteurs de Toulouse. Il adhère à la SFIO avant 1928 et fonde la section de Lafenasse dans le Tarn. En 1934, il devient secrétaire de la section du Tarn. Élu maire en 1935, il est élu député du Tarn en 1936. Il manifeste son anti-colonialisme à l'occasion d'un voyage à Oran en 1937. Il s'opposera par son vote à l'attribution des pleins pouvoirs à Philippe Pétain. Arrêté en 1943 à Paris, il est déporté en Allemagne. Le croyant toujours vivant il est élu Maire de Carmaux le 17 mai 1945, ce n'est qu'après son élection qu'on apprendra qu'il était mort depuis le 10 avril au cmp de Bergen-Belsen.

Petrus FAURE fait aussi partie de la mission parlementaire: Fils de mineur, il grandit dans les misérables quartiers ouvriers de la banlieue stéphanoise. Il passe son certificat d'études, et devient ensuite berger à 12 ans, ouvrier à 13 et mineur à 16. Il est d'abord anarchiste de conviction. Il se conduit avec bravoure en 1914-1918 et renonce à ses sentiments libertaires à la sortie du conflit. Il devient socialiste, puis communiste après le congrès de Tours; mais il en est exclu en 1929. Maire du Chambon-Feugerolles entre 1925 et 1940. En 1931, il devient conseiller général, puis, en 1932 député. Il fonde en 1929 le PUP, Parti d'unité prolétarienne, est élu député en 1936 sous cette étiquette. Il maintient l'indépendance du PUP jusqu'en 1937, année  de la fusion avec la vieille maison socialiste. Il retrouve alors la SFIO. Il s'abstiendra volontairement lors du vote sur la remise des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. Il sera  démis de ses fonctions par le Régime de Vichy.

 Or32v-04_39députés 

Le passage d'une mission où se trouve monsieur Sion

En visitant ces trous, tout nouveaux pour Malroux

On éprouve une émotion que cache monsieur Carion

Et on comprend l'effort des hommes qui sont forts (Faure)

Livre d'or du manganèse c'est mieux !  Le 24 avril 1939

"Souvenir d'un agréable séjour à Imini". Augustin MALROUX et d'autres

Or33-04_39"Nous viendrons à l'aube triomphante de notre exploitation commençante.." Signature à déchiffrer

André Moulinou compose un poème décrivant les étapes que subit le manganèse d'Imini à cette époque

L'exploitation de l'Imini ou...le martyre du Manganèse

L'Imini, sous son ciel est splendidement beau,

Le ciel de l'Imini éternellement beau

Resplendit. Sous ce ciel, il y a du manganèse

En gisements fameux, enfin prêts. Ô, genèse

Tu ne nous aidas point, mais nous te pardonnons,

Puisqu'il en est ainsi dans toute exploitation.

Le gisement s'étire dans son lit crétacé

On le réveille enfin, et, tel le pélican

À un monde affamé, il livre ses entrailles

Les travaux du mineur lui transpercent les flancs

On construit des usines, des trémis, des murailles

Le supplice, régal des hommes est commencé.

Or33v-05_39   Arraché de son lit, jeté dans les berlines

Il gravit le traînage et arrive à la cime,

Des trémies. Là, des broyeurs puissants,

Dans leurs fortes machoires le réduisent en poudre

Puis des tables à air, en un rythme prenant

Enlèvent le stérile. Il reste à résoudre

Le problême important de l'agglomération

C'est le dernier supplice. Pour aviver les plaies

On sale le produit; puis la trituration

Mélange du charbon au pauvre minerai

Une flamme jaillit, c'est l'horrible cuisson

Qui purifie le corps. Ô , l'immense frisson !...

Le minerai, riche à souhait

Sur des camions, tournats en rond

Partira. Il ira finir

Dans les gueules béantes des hauts-fournaux tournants

A. Moulinou (Etudes des avants-projets), mai 1939

Or34-01-05_39 

23 mai 39 "Meilleurs voeux pour l'heureux développement de l'Imini et cordiaux remerciements pour l'aimable accueil."  G.Fougère, Hurel et le Commandant Balmigère

Or34v23-05_39 

"Je Frémissais au vent qui retenait sa plainte

Puis soupirait d'un coup, largement et sans feinte

A quoi bon, me disais-je, la trop grand'ville

Si tout ce qui s'y rapporte est matière à souci ?...

Imini, l'Imini ! Oh! le sage Imini!...

Or35-05-39  N'aurais-je pas compris le signe cherché tant !

Perforateurs, diésels, forages, manganèse"...

Voilà, peut-être, enfin ! Du repos la genèse.

Je dinai ce soir-là dans la maison du haut que deux enfants illuminèrent un instant et je rentrai, pensif, en murmurant "Oh ! Oh !  signature J.Teste ?

Les deux enfants dont il s'agit sont Fillou et Martine Moulinou

Le 6 juin 1939 - Le trouveur de la mine, Georges CANTAREL se voit confier une nouvelle mission par la SACEM et fait ses adieux à Imini, sa muse.

Après ces deux années, passées auprès de toi,

J'ai appris Imini à t'aimer malgré moi.

Je le sens maintenant que mon départ approche

Combien impressionnant est l'éclat de tes roches;

       Comme du sang épais s'échappant de tes flancs

       Parmi les schistes verts et les calcaires blancs

       Le rouge dominant donne à ton paysage

       Cet aspect effrayant d'un terrible visage

Après t'avoir haïe et traitée d'inhumaine

Celui qui te connaîs te trouve une âme même

Effrayé tout d'abord, voulant te fuir presque,

Il finit par se plaire à tes charmes dantesques

Or35v6-06_39 

Puis, bien qu'il parte un jour pour un lointain voyage

Dans son coeur à jamais est drapée ton image

Et sache bien surtout que son plus cher désir

Sera de te revoir dans un proche avenir

G. Cantarel

Le 11 juin 1939 : La mission de la piste de Tachkirt est invitée

"Encore un wisky, veux-tu bien !

Un visky qui n'engage à rien, pas même à faire un front de manganèse de celui que M. Moulineau  a trouvé le Péloponèse."

Le chef de mission - le sous-fifre - le civil

Cdt Balmigère - pout ampliation 

Or36juin39 

19 juin : Au revoir l'Imini et à bientôt (il reviendra fin décembre)

Meilleur souvenir d'un accueuil chaleureux - DRIOT

10 -11 aout 1939: "Sincères remerciements aux hôtes d'Imini qui nous ont ménagé un accueil si sympathique, et nous ont permis de passer deux jours dont nous nous souviendrons." Les élèves de l'ENSM-P (Ecole Nationale Supérieure des Mines - Paris): Pinier, Chereau, Doucet

"Coeli enarrant gloriam Dei..."

"Auction auditonum suam et temie..."

"Il vantait devant la porte..."

S Royer, Cantarel, C Delsol,

Lundi - mardi - 22 aout

Or36v-aout39 

Le 29 aout : Actualités sous la forme classique

1er acte: Le cellier était plein et tous les ventres creux

2e acte: Et le cellier vidé, nous fumes tous heureux

3e acte: Mais le cruel dieu Mars soufflait fort dans son trou

4e acte: Délaissant aussitôt Imini et ses pompes

5e acte: A son appel sans tarder répondirent pour le grand péril Teuton abattre à la fin.

4 de l'Ecole Nationale Supérieure des Mines de Paris: LEIGLET, DUSOURD, ROY, COEUILLET

Note: Robert COEUILLET (Promo 37) sera un grand patron des Charbonnages de France. Il est décédé en 2012. 

La France entre dans la guerre contre l'Allemagne 

Branko YOVANOVITCH, géologue de nationalité serbe avait fait des recherches d'hydrocarbures au Maroc dès 1919, puis il assura le secrétariat du comité des Eaux souterraines. De passage à Imini, le 14 septembre, il écrit:" Le géologue prudent ne dira rien. Il reviendra ! Comprendra-t-il ? PS: Mr Cantarel indulgent envers les scientistes purs, lui expliquera..."

Branko Yovanovitch serait décédé à 44 ans quelques semaines après cette visite à Imini. Une plaquette fut éditée en souvenir: 

A la mémoire de Branko Yovanovitch, ingénieur-géologue, collaborateur de la carte géologique du Maroc, Secrétaire général du C.E.E.S. (1895-1939). Éditions Felix Monchod, Rabat, 12 pages. 

Or37sept-dec39- 

30 novembre 1939: Mission du Général MELLIER, qui s'illustra quelques mois plus tard (fin mai 1940) dans la poche de Lille à Lambersart avec les débris de la 1ere Division marocaine et notamment le 2e RTM

Plusieurs signatures dont celle du Commandant Balmigère accompagnent celle du général.

L'année se termine par la visite de M. et Mme DRIOT (déja venus en juin)

"Ma première visite à l'Imini fut  très agréable séjour dont je conserverai un excellent souvenir"

Le livre d'or d'Imini ne sera réouvert que le 20 fevrier 1940.

En raison de la guerre la production de l'année 1939 fut nettement inférieure à celle de l'année précédente: 4790 tonnes au lieu de 16785 tonnes. Moins de travail pour les mineurs ...les ventes de manganèse chutèrent également: 4700 tonnes au lieu de 7100 tonnes. La ronde des camions sur la route du Tizi n'Tichka fut plus intermittente.

Cette page dédiée à la mémoire de la mine d'Imini et de ceux qui l'ont connue en 1939 veut rendre aux iminiens le Livre d'or de la mine avec sa richesse de détails. Nous en distingons les progrès et l'évolution à travers les poèmes de ses hôtes et de ses visiteurs. Savoir quelles étaient ces personnes derrière leurs noms nous renseigne aussi sur l'importance des mines d'Imini dans l'histoire du Maroc et de la France. Certaines signatures nous parlent, elles nous révèlent un nom, d'autres nous restent silencieuses; merci à ceux qui ajouteront des commentaires sur ces personnes et nous les feront mieux connaître.

06 janvier 2017

BONNE ANNÉE AUX IMINIENS

Une bonne année 2017 

1701 04 voeux iminiens Timkkit

 

Chacun peut écrire ses voeux dans les commentaires ou réagir à l'article de Jean-Yves. 

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20 septembre 2016

LIVRE D'OR D'IMINI - LA MINE EN 1938

LE LIVRE D'OR DES MINES DE L'IMINI 

LES VISITEURS DE L'ANNÉE 1938 ET LEURS ÉCRITS

L'année 1937 s'était terminée par une visite du Cdt Balmigère, commandant la place de Ouarzazate.

L'année 1938 commence par un lexique de M. Henry qui donne le sens de plusieurs noms de la géographie voisine (exemple : Taddert = la maison)

Les officiers du 3e Bataillon du 4e Étranger viennent en février. le chef de Bataillon Guémenay, A. Guéninchault, Bayris.

Cyril Hay, administrateur de la Société Mokta visite la mine d'Imini en mars. Il est accueilli par MM. Boulinier, Moulinou et Laurence.

En avril, les docteurs Bonjean et Georges Blanc

En septembre F. de Torcy et des légionnaires artilleurs

En octobre Justin Savornin, le célèbre géologue, venu avec madame, présente des croquis inédits pour illustrer trois tableaux.

L'année se termine par une visite de l'Ingénieur général Gavard, venu en mission pour la défense nationale avec M.B. Renault.

Or26-38

Nous nous sommes trouvés tous à l'aise,

Devant un excellent gateau au manganèse

A l'Imini,

Tout le monde sous- rit         Cdt Balmigère

Année 1938: 31 janvier

Or26v-01-38 

Jean HENRY est l'un des ingénieurs de Mokta-El-Hadid.

Année 1938, le 20 février

Or27-02-05_38 

Guenichault sera tué avec ses légionnaires le 17 mai 1940 devant Narvik, 

Le procédé de prévention d'André Moulinou contre le typhus consistait à enrober les humains dans du bioxyde de manganèse.

Année 1938, aucune signature entre mai et septembre, mais tous les hôtes ont-ils signé le livre d'or ? Par exemple le grand reporter Raymond Lauriac a fait un article et des photos (voir reportage) mais n'a pas signé le livre d'or.

Or28-09_38  

Année 1938, le 4 septembre

Or28v4_09_38Le gite Ste-Barbe pour un artilleur bivouaquant à Imini quelle attirance! Une mine de manganese c'est très intéressant,.. Mais que dire de l'hospitalité des sympathiques mineurs !

Journée fort agréable au milieu de la poussière de Manganèse qui vaut bien le sable chaud!

Un artilleur légionnaire de la batterie de marche du 4e REI -le 4 septembre 38 - Chauteau

 Année 1938, après septembre

Le géologue Justin Savornin, venu avec sa femme à Imini, et charmé par l'accueil des Moulinou se lance dans l'écriture théâtrale

L'ANCRE (Sketch-express en trois tableaux)

1er tableau: Sous un soleil torride, quelquepart entre 25° lat. N et 25° lat. S, un bateau fend paresseusement l'eau tiède. Un errant, accoudé à la rembarde, s'éponge la figure en fredonnant - c'est une manie-: Ainsi toujours poussé vers de nouveaux rivagesNe pourrons-nous jamais sur l'océan  des ans

Ne pourrons-nous jamais jetter l'ancre un seul jour ?

2e tableau Il est arrivé à Imini et, séduit par le charme étrange du paysage - symphonie en vert et rouge sur un ciel bleu - par l'aimable hospitalité des hôtes, l'errant a jetté l'ancre pour quelques heures.
Note: Pendant ce tableau l'errant se tait. Le Coran n'a -t-il pas dit : L'imini est de Mn, la parole est d'argent, le silence est d'or ?

Or29-10-38 

Suite du sketch de J. Savornin

3e tableau: C'est fait, l'errant est reparti. On le retrouve dans la forêt vierge, embourbé jusqu'aux genous. Tandis qu'il répare sa pirogue échouée, il fredonne - sa manie l'a reprise -:
Pourquoi dans les grands bois aime-je à m'égarer ? Pour y forer .. Pourquoi suis-je attristé au murmure des eaux Dans l'potopoto ?
Pour un trépan cassé, une carotte qui tombe ! Pourquoi !
Le rideau tombe avant que les réponses ne soient parvenues.

Imini, le 30/10/1938

Or29v30-10_38 

Justin SAVORNIN géologue et géographe (1876-1970) a établi des cartes  géologiques du Maroc.

L'Ingénieur général André GAVARD, vient se renseigner sur les capacités d'extraction de Manganèse à la veille du conflit avec l'Allemagne. Le 1er fevrier 1941, il fera partie du GQG comme Inspecteur général des Essences et carburants. 

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Les iminiens grâce au livre d'or sauront ainsi les noms des bonnes fées qui se sont penchées sur le berceau de la mine de Boutazoult à l'époque du début de sa production.

10 août 2016

DES IMINIENS S'INSTALLENT À MARRAKECH

JEAN-YVES A RETROUVÉ À MARRAKECH UNE PERSONNALITÉ CONNUE: ALLAL ABOU AMER, UN AUTRE IMINIEN. IL TÉMOIGNE:

Panorama avec Atlas Bertrand   La chaine de l'Atlas vue depuis Marrakech - Photo René Bertrand

"La communauté des mines d'Imini était forte et riche de nombre d'ethnies, de nationalités, de professions naviguant autour de l'activité centrale qui était l'exploitation du manganèse. Des professions indispensables à la vie quotidienne des familles et des individus, pour le travail, l'alimentation, la santé, l'éducation, les loisirs, … Tous les villages circonscrits autour de l'exploitation, autant européens que marocains, ont bénéficié de cette logistique nécessaire, logistique qui a évolué avec les années à cause des besoins nouveaux, en fonction des changements de population, …

Dans cette population forcément hétérogène, par le fait de l'origine des familles, se sont détachées des personnes, des personnalités, déjà par la hiérarchisation professionnelle, mais également par leur implication ou leur rôle important dans le quotidien des familles.

Pourquoi les oublier, pourquoi ne pas les mettre en valeur, en sachant que mon témoignage est extrêmement succinct du fait de mon regard et de mon souvenir d'enfant de l'époque ?

Comment penser que les lecteurs, fidèles amis des mines d'Imini, aient pu les oublier, en n'ayant pas fatalement le même regard que moi ? J'espère vivement que ce modeste article réveillera quelques commentaires à tout le moins, quelques anecdotes, quelques réflexions de toutes les « fratries » ayant séjourné sur place, et désireuses d'apporter des précisions, des contradictions éventuelles, … une vie sur ce blog qui a le mérite d'exister et d'être entretenu par notre ami marrakchi, Michel..

Au printemps dernier j'ai connu un véritable dilemme dans mon petit coin de Bretagne nord. Dilemme qui m'a obligé à choisir entre deux évènements majeurs intéressant la vie d'Imini. Je réside à côté de Morlaix, dans le Finistère. Et le même jour je devais soit aller rendre visite à Malika ABDEDDINE, séjournant dans la région de Rennes (dans le cadre de son association avec Tiwizi22), soit aller à la rencontre de l'auteur des bandes dessinées du Concombre masqué, Nikita Mandryka (parrain d'un salon de la BD), ayant vécu avec sa famille, celle du Docteur Mandryka qui exerçait à Bou Tazoult dans les années 50. Malheureusement, les deux sites étant à l'opposé de me suis résolu à rejoindre Malika, à qui notre petit groupe familial voue une amitié fidèle et reconnaissante pour ses activités au sein de Michkat Tassoumat.

A tous, bonne lecture, bonne réflexion , … et bonne écriture. Amitiés estivales, chaleureuses de Bretagne, où le soleil brille (mais pas comme à Imini).

Jean-Yves TRAMOY."

Y A-T IL ENCORE UN RESTAURANT IMINIEN À MARRAKECH ?

Ou : le portrait d'une célébrité de Bou Tazoult.

Pour gagner la place Jemââ el Fna, après la Koutoubia, on marche entre l'ex-Club Med Médina et la station des calèches du square Arset El Bilk, où les odeurs des chevaux attaquent véritablement nos narines.

photo 1 les calèches devant la Koutoubiaphoto 1 : les calèches près du square Arset El Bilk

photo 2 entre la Poste et la banque Al MaghribSur le trottoir de droite, la Poste et la Banque Al Maghrib encadrent la voûte de la rue Bani Marine* photo 2 : la plaque de rue, presque piétonne, assez commerçante où se niche, au numéro 35, le restaurant discret d'un de nos amis Boutazoulti, l'ancien épicier Allal ABOU LAMER.

photo 3 Bou Tazoult, l'épicerie d'Allal

photo 3 : l'épicerie de Bou Tazoult. Une figure illustre de Bou Tazoult appréciée de tous, marocains et européens, toujours affable dans sa boutique, souriant, prêt à vendre et à rendre service. Je vois encore les caisses de légumes en bois dans lesquelles oignons, carottes, pommes de terre, poireaux, salades étaient bien alignées. Leurs odeurs mélangées persistent dans ma mémoire. Mais l'épicerie d'Allal ne faisait pas qu'office de commerce, elle était aussi l'occasion des rencontres à toute heure, le lieu de toutes les conversations dans un couloir rafraîchi par la fabrique de glace toute proche. Pendant l'été, son neveu Boubker, adolescent, venait le suppléer dans son commerce, avant d'entamer une belle carrière aux Etats-Unis (cherchez sur internet). Bou Tazoult : tremplin vers les hautes sphères ? Oui, ce n'est pas une exception !

Au jour d'aujourd'hui, il semblerait qu'Allal soit remplacé dans son local par le seul commerçant resté à Bou Tazoult, Si BOUSTA, qui a abandonné son petit commerce du village marocain où il se sentait bien isolé, et qui a retrouvé comme clients les tâcherons chargés de « poursuivre » et d'exploiter le filon de manganèse serpentant sous les bâtiments déserts, émergeant par-ci par-là de temps à autre. Les pluies successives, souvent fortes, drainent des boues de terre rouge sur la route, qu'il faut nettoyer de temps à autre.

photo_4_Si_Bousta_et_moi_memephoto 4 : Si BOUSTA dans son ancien commerce du village marocain.

Pour la suite de sa carrière, Allal a délaissé son établissement contigu à la cantine de Bou Tazoult, et emmené sa famille à Marrakech pour ouvrir cette escale sans prétention, mais ô combien accueillante.  xxxxxxxxxxxxxxxxxxx

photo 5 entree

photo 5 : la façade principale.

 A l'entrée une grande jarre permet au passant de se désaltérer gratuitement (témoignant ainsi de l'hospitalité marocaine tradition-nelle), et les tajines alignés sur les kanouns libèrent leur parfum d'épices pour appâter le client.

photo_6_les_tajines

photo 6 : les tajines

Dès l'entrée, derrière le comptoir, Brahim, maître des fourneaux salue chaleureusement la clientèle, et reconnaît les amis même quand ils ne sont pas venus depuis longtemps, trop content de leur lancer : « Marhbabikoum ! », de leur attribuer une table, et de leur servir aussitôt une boisson fraîche.

La salle, aérée, spacieuse et bien éclairée, meublée de tables et chaises en plastique blanc, permet de déjeuner en retrait de la chaleur crue de la rue.

photo 7 la salle

photo 7 : la salle.

Parfois, quand l'été n'est pas trop chaud, Allal fait un passage, il reste quelques instants assis sur le seuil à discuter avec les visiteurs, jette un oeil sur le service, puis regagne son domicile à l'autre bout de la ville, laissant les employés tenir la maison.

photo 8 Allal en propriétaire heureux

photo 8 : Allal éternellement souriant.

Il est toujours heureux de recevoir ses anciennes connaissances ou ses anciens clients des mines d'Imini qui passent par la médina de Marrakech, d'avoir la surprise de leur passage.

Au cours de nos différents séjours marrackchis, nous y avons pris régulièrement nos habitudes, vite imités par nos accompagnants, ou par nos amis lors de leur voyage au Maroc.

photo 9 le cadeau d'anniversaire pour Maman

Maman, fidèle cliente de l'épicerie de Bou Tazoult et du restaurant de Marrakech, a même fêté son anniversaire chez Allal (avec un petit décalage) photo 9 : l'appareil photo, cadeau pour Maman, et y avait auparavant rencontré des anciens des mines d'Imini : ROUDANI le maître menuisier, et Hassan BEN TALEB le comptable

photo 10 ROUDANI, ABOU LAMER, BEN TALEB en notre compagnie

photo 10 : ROUDANI, ABOU LAMER et BEN TALEB en notre compagnie.

La carte toute simple, mais gourmande, propose des salades de tomates aux oignons, d'olives, d'oeufs, … et viennent ensuite les délicieuses petites brochettes de viande, de coeur, de foie, … accompagnées des tajines embaumant l'atmosphère.

photo 11 la dégustation du tajine en se frisant les moustaches

photo 11 : la dégustation du tajine en se frisant les moustaches.

Les assoiffés se désaltèrent de bouteilles de Sidi Ali, perlant de fraîcheur, et aidant à supporter les épices avant un thé à la menthe servi à la marocaine pour favoriser une bonne digestion avant de participer à la « fièvre acheteuse » dans les souks voisins.

photo 12 le traditionnel thé à la menthe

photo 12 : le traditionnel thé à la menthe.

C'est toujours à regret que l'on quitte cette table, … pour souvent y revenir le lendemain après avoir visité les curiosités voisines : palais de la Bahia, les ferblantiers, le souk des bijoutiers, … xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

Mais le temps passe pour tout le monde. A nous regarder dans la glace, nous constatons que nous avons beaucoup vieilli depuis cette période, que nos forces ont décliné. Qu'en est-il de nos amis marrakchis et iminiens ? Eux, non ! Loin de nous, dans notre mémoire ils ont conservé cette silhouette et ce visage que nous leur avons connus autrefois. Que sont-ils devenus aujourd'hui ? Nous leur souhaitons de conserver la santé, et de bien profiter de leur vie en famille. Avec l'espoir de les retrouver au plus vite sur leur terre accueillante et de revivre avec eux quelques instants de ce bonheur d'antan.

Jean-Yves TRAMOY

*Bani Marine : le nom vient d'une tribu, les Banou Marine, qui gagna une bataille en l'an 613 de l'Hégire (1216) contre les Mouwahhidine au sud de la ville de Fès, devenant ainsi une force incontournable dans les prémices de construction du Maroc médiéval.

Témoignage qui date, puisque les faits sont authentiques mais la situation a changé depuis ces années 2001 à 2011, où nous avons fréquenté cet établissement plein d'un charme typique local. Aujourd'hui, des jeunes ont succédé à l'ancien propriétaire. Ne pouvant nous priver éternellement d'un séjour à Marrakech, nous ne manquerons pas d'y retourner à l'occasion pour prendre contact et vous rendre compte.

Merci à Jean-Yves pour ce portrait d'un ancien d'Imini qui a su créer une nouvelle activité après la fermeture du village de Bou Tazoult. Merci à lui d'entretenir vivante la flamme du souvenir des pionniers et d'entretenir l'amitié; il mérite notre gratitude.

 

18 mars 2016

TIWIZI 22 PARTENAIRE DE AL MICHKAT

MALIKA ABDEDDINE PRÉSIDENTE DE AL MICHKAT S'ALLIE AVEC CHRIS HINRY PRÉSIDENTE DE TIWIZI 22

IMG_2576 LES DEUX ASSOCIATIONS SIGNENT UNE CONVENTION DE PARTENANRIAT LE 8 AVRIL 2016 EN BRETAGNE.

Malika Abdeddine écrit à la communauté des Iminiens: "Je serai en France du 30 Mars au 21 Avril pour la signature d'une convention avec l'association Tiwizi22 et pour une petite formation au sein de l'association Secours populaire. Dans ce cadre, l'assemblée générale de l'association Tiwizi aura lieu le 8 Avril 2016 et nous aurons l'honneur de recevoir tous nos amis iminiens qui ont aidé pour le démarrage et la création de notre Michkat (2009) ,nous serons toujours reconnaissants à vos gestes de soutien. Je souhaite voir le maximum de nos amis d'imini. Veuillez vous mettre en contact avec la présidente de l'association Tiwizi, Mme Christiane Hinry qui organisera la soirée . tél. 06 77 71 90 99 - À bientôt. Malika

logo-TIWIZI-22

TIWIZI 22 Association :
2, rue Crech’ Catel, L’Armor, 
22610 Pleubian
L'association n'a pas encore de logo, mais il pourrait ressembler à ces deux mains dont l'une marocaine et l'autre européenne se tiennent par la solidarité.
le terme tiwizi (« solidarité ») désigne l'activité collective consistant à aider un villageois dans une de ses tâches au moment où seul il n'y arriverait pas. En échange il nourrit ceux qui l'aident. 
L'association TIWIZI 22 a seulement 1 an ce mois-ci; objet apporter aux personnes les plus démunies du continent africain, dans un esprit de solidarité, indépendant de tous mouvements politiques et/ou confessionnels, toute l’aide possible dans les domaines suivants : aide matérielle (nourriture, vêtements, matériel médical) ; scolarisation, alphabétisation (l’association soutiendra les écoles et les éducateurs locaux en procurant des fournitures scolaires) ; le but de l’association est d’apporter toute l’aide possible ; l’énumération ci-dessus ne peut donc être considérée comme exhaustive ; ces actions seront menées dans le respect de la personne humaine, des coutumes et usages des populations rencontrées sans ingérence d’aucune sorte.

logo-almichkat-tiwizi22

Elle est partenaire de l'Association Al Michkat Tassoumat située dans un quartier de Ouarzazate (80.000 habitants), au Sud du Maroc, non loin du désert, à proximité des premiers contreforts de l'Atlas. L'association marocaine travaille surtout auprès des enfants abandonnés et en difficulté car cette ville, connue mondialement pour le tournage de films, cache des foyers de pauvreté où la jeunesse est en danger.

Pour Al Michkat (la lampe du foyer - qui ressemble à une lampe de mineur) il s'agit de protéger les enfants et les jeunes des grands maux de la société : mendicité, prostitution et trafic de drogue. Les projets élaborés en collaboration avec l'association partenaire portent sur le financement de fournitures scolaires, de la scolarité de jeunes lycéennes, d'achat de vêtements, l'aide aux devoirs, l'aide aux jeunes pour partir en centre de vacances, etc.

La Présidente, Malika Abdeddine, très impliquée, se bat courageusement pour apporter un mieux-être à ces enfants. Aidée de bénévoles, elle les accompagne, parmi les nombreuses actions réalisées, avec l’aide aux devoirs chaque jour. La priorité est mise sur l’éducation qui seule peut donner une chance à ces jeunes.

http://almichkat.com/

Le bureau de Tiwizi 22 : présidente, Christiane Hinry ; vice-présidente, Sylvie Badouard ; trésorière, Marie Fores ; secrétaire, Marlène Simon

Tiwizi 22 - Chris Hinry

Chris HINRY: "J'ai rencontré Malika en 2012 et depuis elle est devenue une référente de stage pour les élèves de l' établissement où j'enseigne, la MFR de Baulon, en Ille et Vilaine. Elle accueille régulièrement des stagiaires de Bac Pro SAPAT services aux personnes et des BTS en économie sociale et familiale. Pour cette année scolaire, elle aura accompagné 9 stagiaires à des périodes différentes, c'est beaucoup!!

aide-aux-devoirs-Tiwizi22

De plus j'organise des voyages d'études avec les terminales et pour la 3ème fois nous allons au Maroc en novembre avec un groupe de 20 jeunes environ et dans ce cadre, les élèves découvrent l'association Al Michkat et participent à l'aide aux devoirs et à des activités sportives avec les enfants. De plus on part toujours les valises bien remplies de vêtements et de fournitures scolaires.
Au cours de ces années les liens entre  Malika et moi se sont renforcés et je désirais soutenir son association et encourager Malika dans son action en dehors du cadre de l'école.
C'est pourquoi nous avons crée l'association TIWIZI 22 en mars 2015, notre asso est donc toute jeune!! je suis la présidente.
Notre objectif principal est de soutenir l'éducation, tenter de donner une chance à tous ces enfants d'avoir une scolarité normale. Seules des études peuvent aider ces jeunes à avoir un meilleur avenir.
A la rentrée scolaire de septembre 2015 nous avons donc acheté sur place les fournitures scolaires des enfants et financé les études pour 2 jeunes filles en apprentissage. C'est une première et  nous espérons qu"elles réussiront pour encourager d'autres jeunes à emprunter cette voie.
Le séjour de Malika en Bretagne va permettre à tous les membres de la rencontrer, d'échanger et ce sera l'occasion bien sûr de discuter des projets à venir, notamment la venue à Ouarzazate de Pierre, médecin, en mai."
Le week end du 8 avril: à L'Armor Pleubian (commune de Pleubian) près de Paimpol
-- le vendredi 8 avril à 19H30: 
1-  Assemblée générale de l'association Tiwizi 22, salle des Chardons bleus
2-  Intervention de Malika et signature de la charte de partenariat, puis pour finir un petit repas convivial
-- le samedi 9 avril; en fonction de la météo, parfois capricieuse en Bretagne!! Balade sur le sillon de Talbert, ou île de Bréhat
journée d'échanges, discussion, pauses thé!! en toute simplicité et convivialité!
Repas du soir à prévoir, resto? pizzas? nous déciderons ensemble;
-- le dimanche 10 avril: nous sommes toujours sur place! départ en fin d'après midi
Les personnes qui connaissent Malika sont les bienvenues!  elles peuvent être logées au rando gîte (20euros/nuit), gîte confortable. Nous prévenir pour réserver.. 06 77 71 90 99
LES IMINIENS AURONT À COEUR DE SOUTENIR CETTE INITIATIVE
Faire part de son soutien dans les commentaires

21 janvier 2016

UN NOËL À IMINI - côté Igherm n'Ougdal

Monique Drouin, petite fille de Mémé Drouin, l'aubergiste d'Igherm, partage avec nous une photo de Noël avec le Père Norbert

Un Noel à Imini dans les années 1960  

Monique Drouin:" Voici une photo des années 1960 en période de Noël puisque l'on voit au fond un arbre de Noël, à gauche le père Norbert que l'on ne présente plus. Assis aussi autour de la table: Mme X..... , Mr EL HACHIMI Moulay Tayeb et sa fille aînée avec un bandeau blanc dans les cheveux (Mr EL HACHIMI était le Kalifa d'Igherm n'ougdal qui considérait ma grand mère comme sa propre mère), ma grand mère et Mr X......, entourés d'enfants d'Imini." 

Si vous reconnaissez des visages veuillez citer les noms ou surnoms dans les commentaires

Jean-Yves Tramoy a regardé de près la photo:

"Bonjour à tous les habitués du blog Timkkit2008, et merci à Monique DROUIN d'être intervenue sur le blog. Je lui réponds avec retard (je ne pouvais le faire plus tôt), mais je me devais de réagir pour le plaisir des lecteurs, … et pour la vérité. En fait, en concertation avec Joseline qui possède une réserve de souvenirs et une justesse d'observation, nous avons convenu que cette photo de réception de Noël ne se déroulait pas à Imini. Joseline fait remarquer que le bâtiment est un préfabriqué, comme on peut le constater en notant les montants métalliques muraux entrecroisés. Aux mines d'Imini, de tels bâtiments n'existaient que sous forme d'habitations, et en aucun cas en bâtiment de réception. D'ailleurs nous ne reconnaissons personne, excepté le Père Norbert et peut-être le serveur debout face au photographe. Le Père Norbert est en majesté naturelle, comme toujours. Ne peut-on penser que ce Noël pouvait se dérouler dans les locaux d'Agouim, ou dans ceux du téléphérique ? Réfléchissons !

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Le serveur, et sans doute également cuisinier si je ne me trompe pas, pourrait être El Madani, qui a terminé sa carrière en tant que cuisinier chez nous à Sainte Barbe, après avoir connu plusieurs « patrons » entre Bou Tazoult et Sainte Barbe. Je joins une photo issue de ma famille où figure justement El Madani apportant un peu de sauce piquante pour le couscous servi. Au premier plan Patrick IACHELLA, puis de gauche à droite en bas moi-même dans ma période barbue, ma soeur Pascale, Mr IACHELLA, ma soeur Sabine, Papa, Mme IACHELLA, et debout à côté d'El Madani ma soeur Marie-Agnès. Maman prend la photo, et tout le monde semble apprécier le couscous fameux d'El Madani, qui est meilleur que la photo. La moustache ressemble bien à celle du serveur du Noël décrit plus haut. Heureuse époque des années 68, dans la maison voisine de la piscine de Sainte Barbe.

 

Mais il y a parfois des ressemblances trompeuses ! Sur un article illustré relatant Noël à la salle des fêtes de Bou Tazoult, j'avais déjà confondu mon ancien cuisinier Abdallah OUKEM, dit Boula, avec son frère lui-même cuisinier, mais ensuite émigré à Casablanca (d'après son fils Hamid, qui m'avait corrigé sur ce point). Boula était la crème des hommes, toujours joyeux et dynamique, il est malheureusement décédé à Tiouine où il s'était retiré, dans le premier semestre 2014.

 

Pour en revenir à l'article, si Monique a des arguments qu'elle n'hésite pas à intervenir (ainsi que les autres lecteurs). Nous serons toujours heureux de parler de cette époque riche en évènements."

Le blog a déja publié des pages avec le père Norbert et l'oeuvre d'Agouim; voir les liens 4 juin 2008; 16 janvier 2009;  14 juillet 2012; D'autre part on trouvera sur un autre blog des photos avec Mémé Drouin et des enfants à la cantine d'Igherm.(Voir jacqueline Abt)dispensaire d'Agouim 1962 Mémé Drouin et Mme Badie  

Monique:  "A Agouim 1962, une photo de ma grand-mère et de Mme BADIE qui triaient le linge

A l'époque le dispensaire d'Agouim recevait des Etats Unis "don du peuple americain" du lait  poudre et du linge en grande quantité pour une distribution aux familles berbères des environs. Le linge devait être trié puisqu'il n'était pas toujours adapté à la population (robes en tulle, tenue de soirée etc...), le Père Norbert faisait appel à ma grand-mère et à Mme BADIE qui à l'époque travaillait chez la "mémé" d'Igherm n'ougdal".

Le calicot cousu sur le colis porte: Entraide Nationale, Don du peuple américain, Dispensaire d'Aguim.

Merci à Monique pour ces photos qui rappellent des souvenirs à certains et peuvent permettre à des personnes perdues de vue de se retrouver. 

31 décembre 2015

De 2015 à 2016 -

Google vous souhaite une bonne année 2016 ! 

L"ANNÉE 2016 EST SORTIE DE SA COQUILLE

Google vous souhaite une Bonne Année 2016 !

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21 décembre 2015

NOÊL À BOUTAZOULTE

 

pin-de-noel

APRÈS LA SAINTE BARBE, LE 4 DÉCEMBRE, FÊTE DES MINEURS, LES HABITANTS D'IMINI-BOUTAZOULT SAVAIENT QUE NOËL ÉTAIT PROCHE

Joyeux Noël à ceux qui le fêtent et Heureuses fêtes de fin d'année à tous !

Joseline nous transmet quelques photos des Teyssier, de Mamie Paulette et de sa propre collection.

Le Père Noël passait à Imini

Noël à Imini1

Yvon Teyssier faisait toujours le père Noël. Il apparaît ici sortant de chez lui.

Noël à Imini2  L'arrivée du père Noël ou des pères Noël. Les rennes avaient trop chaud à Imini, ils étaient remplacés par un bourricot. Qui est le deuxième barbu au poil blanc de coton hydrophile ...? 

oranges-mandarines_017

La distribution des jouets et cadeaux au village.

C'était de vrais cadeaux, pas seulement des clémentines et des oranges.

Cette distribution se faisait peutêtre à Noël, peutêtre le jour de l'Achoura, jour de fête musulmane des enfants.

Noël à Imini3

Voir une autre distribution de jouets: ICI 

Un Noël à la Salle des fêtes

Noël salle des fêtes

Nous avons déja publié cette photo le 4 décembre et nous avons pu découvrir les noms de plusieurs enfants, mais nous n'avons pas encore trouvé les noms des adultes assis ou debouts le long du mur. cliquer ici

C'est pourquoi nous avons tenté d'agrandir le côté des adultes

 

contre-le-mur-1 De gauche à doite assis: X, X, X, X, X, et debouts: X, X, X, X, X.

Puis en suivant le mur de la salle des fêtes:

contre-le-mur)2 De gauche à droite : X, X, X, X, X , X, et debouts X, X, X.

Chacun peut ajouter dans les commentaires des souvenirs de Noël à Imini.

Voir aussi un goûter de Noël à Imini: ici 

Une photo du Père Noël avec les enfants:Ici

Bonne fêtes dans la paix de Noël

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13 décembre 2015

LES JEUX DE LA SAINTE-BARBE

LES JEUX DE LA SAINTE-BARBE

Comme promis et grâce à Joseline qui rassemble plusieurs collections de photos venant de sa famille, de Mamie Paulette et des Teyssier nous pouvons partager des souvenirs des jeux de Sainte-Barbe organisés pour tous les travailleurs de la mine et pour leurs familles. 

12_04_0

LES JEUX: deux concurrents sous les gargoulettes remplies de...

12_04_1 LES JEUX, un bâton sur l'épaule..  qui reconnait-on ?

12_04_2 Les yeux bandés, cruches ou gargoulettes ? 

Jeux Ste Barbe4 

Le départ de la course d'ânes

Jeux Ste Barbe-5 Les concurrents sur leurs "destriers" Qui est le joyeux propriétaire du noeud papillon? 

Jeux Ste Barbe-1951 Le mat de cocagne. Les ramasseurs de régimes de dattes sont avantagés pour ce concours.

Jeux Ste Barbe7 Deuxieme mat, les ascencionistes ont de nombreux supporters...  

Jeux Ste Barbe8 Course cycliste devant la Cantine - Sainte-Barbe 1952 - Photo Teyssier

Joseline commente:"À gauche de la photo, Mme et Mr Azam (ingénieur du fond) - le directeur Mr Moulinou avec son chapeau - le sous-directeur Mr Girod - Mr Bourleaux chef administratif en premier plan - Mr Pélissier l'ingénieur du service jour.

À droite: derrière Yvon Teyssier qui lève le bras sur la ligne d'arrivée: Mr Reggiani - Mme Rallo - Estrella Garcia et sa mère juste derrière elle, le jeune garçon mon frère Michel Alberto."

 

Jeux Ste Barbe9 Course cycliste devant la Cantine décembre 1952

Joseline:"Jne reconnais pas la première personne derrière Mr Bourleaux - Mr Azam - Mr Reggiani - Mme Rallo - Mme Garcia derrière sa fille Estrella -

 

Derrière le vainqueur de la course, ma mère (je suis juste devant elle cachée par le vainqueur) après, il me semble que c'est Marie-Paule Pérez puis ma soeur cadette Nini - je ne reconnais pas les deux jeunes garçons qui suivent -" 

Jeux Ste Barbe10 Les danses berbères, l'Aouache  

Jeux Ste Barbe11 Aouache, les belles toilettes des danseuses et assis devant en cercle, les tambours  

Jeux Ste Barbe12  Chauffeur de M. Moulinou?

 Jeux Ste Barbe13

Invités marchant en compagnie du directeur M. Moulinou.

MAMIE PAULETTE, NOUS ADRESSE AUSSI DES PHOTOS DE LA SAINTE-BARBE MARMI LES ANNÉES LES PLUS ANCIENNES.

D'abord une photo de décembre 1946. À cette époque la Sainte-Barbe ne pouvait pas se fêter à La Cantine de Boutazoult. C'est l'auberge d'Amerzgane Mme Kohler, de l'autre côté de l'oued Imini qui fut choisie.

46-Amerzgane C'est l'occasion de rappeler les noms des pionniers qui se trouvaient là juste après la seconde guerre mondiale, dans l'auberge de madame Kohler.

DECEMBRE(1)

 Une autre photo de groupe lors d'une Sainte-Barbe, cette fois sur les deux niveaux de la cantine.

 

Copie de Visite à Ouarzazate Une visite à Ouarzazate en 1946 avec X, X, Paulette Vautrin, Lauze, X, Betz.Rang dessous; Poguenec, Dédé, Léon, X, X..

Copie de Ste Barbe 1951 Lors de la Sainte Barbe 1952 Paulette et son mari sur le départ vers Marrakech.

Copie de Fête 53 Une autre photo de groupe lors de la Sainte-Barbe (1953). Quelques noms de gauche à droite: H. Décailloz, Alberto; Jobert, René Juif, Poguenec, X, Martinez,...

Bientôt des photos de la fête de Noël. Si vous en avez, vous pouvez les partager sur le blog, en les envoyant à assif.imini (arobas) free.fr