fleurs07

Le 24 mars 2008 Jean-Yves Tramoy a écrit.
                         Chers amis iminiens de tous les pays,
    Comme je vous envie d'avoir une telle flamme, une telle envie, une telle motivation, ... qui autorise quelques maladresses ou quelques incompréhensions de la part des uns ou des autres.
    Je ne serai pas des vôtres cet été, et je suis puni de manquer un tel rendez-vous. Surtout que je souhaite une telle chance chaque fois que je me rends à Imini, dans la discrétion, parce que je me dis que je dérange tous ces gens qui vivent sur place, qui ont sans doute oublié ceux qui les cotoyaient il y a quarante et quelques années. Bien difficile d'arriver comme une deuxième vague de colonisateurs (voir la situation à Marrakech!).
    Néanmoins je souscris à cette initiative glorieuse et louable de rassembler un maximum d'anciens iminiens pour renouer ces liens légèrement distendus par le temps, mais jamais rompus. Bravo à ceux ou celles qui ont pensé à joindre une action caritative, culturelle ou autre. Ce n'est pas que j'ai omis d'y penser, mais comment s'imposer dans une région quittée depuis 1968, très exactement fin juillet. Cela fera 40 ans cet été, voyez que l'anniversaire n'est pas négligeable. Comment y participer sans être présent: en suivant les péripéties de votre organisation, en félicitant ceux qui ont eu l'idée initiale, en encourageant ceux qui vont porter le fardeau, en poussant toutes les bonnes volontés dans le même sens, le même bon sens. Et en participant à vos actions locales.
    Je suis très impressionné par les interventions écrites de la plupart, qui parlez et écrivez le français d'une manière fleurie, élégante, imagée. Bravo à vous, bravo à ceux qui vous ont donné ce goût, cet appétit. Il me souvient, comme dirait le poète, de ces jours heureux à Bou Tazoult, de ces séances de jeux à la piscine où j'aimais partager la compagnie de mes amis européens et de mes voisins marocains. Lahcen et Hassan BERKOU se reconnaîtront, eux qui étaient friands de lecture et de philosophie. Je partageais également d'autres lectures et d'autres jeux avec Mohamed BAMOU et l'immense Abdelkader TABOUZIT. Ah, nous en avons fait des jeux d'eau dans et autour de la piscine, cachés dans les contrevents en zig-zag. Les courses éperdues pour échapper au lanceur d'eau, les poursuites terminées en haut du grand plongeoir avec la seule issue de sauter dans le grand bassin. C'est ainsi que j'ai appris à nager, après avoir été contraint de sauter, et bêtement d'avoir traversé le bassin dans le sens de la longueur, tout affolé comme un chien trempé. Ah oui, j'en aurais des souvenirs à raconter, point n'est besoin de photos ou d'enregistreur. Il y en a un que je ne reverrai jamais, et pour cause, mais c'était un grand copain de classe et ça ne s'oublie pas: Michel ALBERTO.
    Maintenant que je suis débordé par mes occupations professionnelles et syndicales, je m'oblige à prendre des cours d'arabe dans une association dont je suis le président, pour faire connaître et apprécier cette culture à mes compatriotes. C'est ainsi que j'ai eu la chance de rencontrer quelques maghrébins, dont un petite poignée de marocains. Cela progressera avec le temps et les relations cousues peu à peu. Mais j'ai une grande chance d'avoir une femme qui fait merveilleusement la cuisine marocaine alors qu'elle n'avait jamais quitté la Bretagne avant de me connaître. D'ailleurs quand elle a été accueillie pour la première fois dans notre maison, Maman avait fait un magnifique couscous, Marie-Thé n'en avait jamais mangé, bien entendu, ne savait pas de quoi il s'agissait et  faisait la moue. Il faut croire qu'elle a découvert avec plaisir son futur mari et la cuisine marocaine en même temps. Ca dure depuis 36 ans. Tous mes enfants adorent le Maroc, Imini en particulier. Il y a une fibre paternelle très forte, qui va durer parce que je leur ai raconté les relations locales, la gentillesse proverbiale et naturelle des habitants du sud marocain.
    J'adhère à toute action que vous ferez dans l'intérêt d'Imini, et vous invite à m'informer continuellement, même si je n'ai pas le temps de répondre souvent. Je profite aujourd'hui d'un jour férié supplémentaire (le lundi de Pâques) pour prendre un peu d'air dans mes dossiers encombrés. Il y a quelques années j'ai pensé à sauver une partie du patrimoine européen d'Imini en demandant à la SACEM et au directeur de Sainte Barbe de me permettre d'acheter la cloche de l'église et le mobilier restant à l'intérieur. Malheureusement pas de réponse. Est-ce que le village est toujours debout?
    Je souhaite vivement, et j'encourage fortement, tous les initiateurs du projet à se regrouper, à ne pas se déchirer bêtement alors que vous êtes à quelques jours seulement de cette fête de retrouvailles unique et enthousiasmante. Voilà un beau but dans la vie; se renouvellera-t il? Personne ne le sait. Alors au travail et en serrant les rangs. Pourquoi mon ami Lahcen ne reviendrait-il pas derrière la charrette pour pousser avec les autres? Le bourricot qui la tire est si fatigué et sera content de recevoir l'aide des hommes et des femmes qu'il a portés pendant toute sa vie de labeur. Il mérite bien un coup de main, ce brave bourricot, lui qui a tout donné pour les humains. Soyez têtus comme le bourricot et choisissez une direction: la bonne, celle qui conduit au-delà de l'Atlas, dans la vallée d'Imini, vers cette terre multicolore zébrée d'ocre, de rouge, de verre, de blanc laiteux, de noir pulvérulent, cette poussière qui a tué tant des nôtres, mais donné du travail, nourri des foyers, permis l'instruction des jeunes pousses, rassemblé les énergies, mélangé les races, les ethnies, les cultures, ... tout pour un vrai bonheur de découverte, au prix de la sueur, des plaintes, des douleurs, des deuils.
    Que diriez-vous si j'informais toutes mes connaissances, celles dont j'ai les coordonnées, de ce rendez-vous iminien? Pour cela je vous demanderais de me donner les renseignements nécessaires, les dates, etc ...
    Je vous transmets à toutes et à tous mon meilleur souvenir, et je ne vous embrasse pas parce que vous êtes trop loin, mais ça viendra un jour.
                                Jean-Yves TRAMOY, surnommé fièrement 'Bou Tazoult'.
PS: à ceux qui m'ont écrit, à qui je n'ai pas répondu, qu'ils me pardonnent, je pense à eux sans cesse, mais le temps ... file et moi avec.

Oui Jean-Yves, c'est important d'informer toutes TES connaissances du grand rendez-vous 2008 des Iminiens.