UN IMINIEN DE BRETAGNE VISITE L'ASSOCIATION MICHKAT TASSOUMAT; REVENU À SA MAISON, IL RACONTE..

Une fois rentrés d'un voyage, la vie quotidienne nous reprend au pied de l'avion, passer la douane, rejoindre la voiture, reprendre la route. Le rythme s'accélère et nous sommes vite débordés par les évènements. D'ailleurs, la pluie, le froid à Nantes (4° centigrade au mois de mai) ont vite effacé les ardeurs du soleil marocain. Ensuite, il faut une dose de sérénité pour écrire un article, du recul pour « digérer » les impressions, et restituer les émotions ressenties, sans se tromper, sans tromper les lecteurs. En ce mois de mai, plusieurs personnes ont rendu visite à Malika ABDEDDINE et à ses « associés », et ont pu apprécier la nécessité d'être de l'Association Michkat Tassoumat dans l'environnement ouarzazi, et plus loin encore. Mais la sagesse veut que soit lancée sur des rails solides cette entreprise, avant d'arroser un territoire plus large, sans certitude de réussite. Beaucoup, trop, de femmes et d'enfants ont besoin d'aide. Comment faire ? En se rattachant aux seuls individus originaires d'Imini ?

Notre séjour fut l'occasion de pénétrer l'association présidée par Malika ABDEDDINE, et de rencontrer celle-ci, ainsi que son frère Abdallah, Pascale, … et la plupart des enfants. Nous avons été reçus très chaleureusement, tandis que nous étions impatients de découvrir les conditions d'existence et de fonctionnement de l'association. Un chaud soleil, un ciel bleu, tout ce qu'il faut pour être heureux. Ce qui est valable pour nous n'est-il pas valable pour les autres ? Qui de plus attendrissant qu'un enfant ? Quoi de plus important que la relation mère-enfant ?

 

© Photo Tramoyphoto_1_Dans_la_librairie

Jean-Yves Tramoy et Malika Addeddine

Avant d'aller jusqu'au local de l'association, nous sommes passés à la librairie prendre connaissance des livres ou fournitures utiles, en dresser la liste, en acheter, et envisager la suite. C'est aussi l'occasion de faire fonctionner le commerce local, dont les produits sont moins chers qu'en France, plus adaptés aux besoins, et qui évite l'écueil du transport. Nous pourrions comparer cela au 4L-Trophy annuel (mois de février) des étudiants français, qui transportent des fournitures scolaires et médicales jusqu'aux portes de Merzouga, sous le prétexte d'un rallye automobile à travers France, Espagne et Maroc.

La maison louée par l'association au coeur de Ouarzazate n'était pas en très bon état, pas pratique, mais nous en publions quelques photos pour mieux cerner les moyens nécessaires à la bonne marche de l'entreprise. La nouvelle maison est sans doute plus grande et plus confortable, plus adaptée.

 

© Photo Tramoy photo_2_Kasbah_murale

Toiture, murs et tables des anciens locaux

L'ancienne maison était décorée en « Disney » par une précédente association pour enfants, les décors sont évidemment restés sur les murs, imprimant un peu de gaieté infantile à ce lieu frustre. Le mobilier scolaire, solide, est lourd et encombrant. Les bancs et les tables en planche sont à structure métallique. Ca mériterait quelques transformations à peu de frais : raccourcir les tables et les bancs de façon à les ranger et déplacer facilement, qu'ils soient plus adaptés à la taille des enfants et que ceux-ci puissent aider les adultes sans danger pour eux. En fait, du matériel nouveau est indispensable pour faciliter le soutien scolaire, autant que pour prévoir d'autres activités à destination des enfants ou de leurs mères (apprentissage de cuisine, notion d'hygiène, d'éducation, …).

L'association ne dissocie pas l'intérêt des enfants de celui de leurs mères, l'associa tion vise à faciliter l'intégration des unes et des autres, à leur ouvrir le chemin de leur future autonomie en leur fournissant les connaisssances indispensables. Le but est de motiver tous les participants, de permettre leur envol le moment venu. Ceux-là seront peut-être les intervenants de demain, les successeurs des actuels promoteurs.

photo_3_Lecture

 

© Lecture

Un peu de temps pour faire connaissance, et ce sont les enfants qui nous ont mis à l'aise. Un peu intimidés par notre présence au début, ils ont eu plaisir ensuite à montrer leurs capacités de lecture, de récitation et de chant en français. Ils ont littéralement surpris et enchanté leur auditoire par leur aisance et leur facilité, et ils se sont libérés peu à peu, laissant leur fantaisie prendre le dessus.

photo_4_Examen

 

© Examen

Les professeurs, tout d'abord anxieux, n'étaient pas peu fiers de la prestation de leurs élèves et ravis des éloges des « touristes », ainsi récompensés de leurs efforts et de leurs nombreuses heures de travail, et rassurés quant au niveau des progrès. La qualité reflétait l'exigence des enseignants.

photo_5_Duettistes

 

© Duettistes

Chaque séance vespérale commence par 45 minutes d'apprentissage du Coran avec un professeur.

photo_6__Le_on_de_coran

 

© Leçon de Coran

Puis le véritable soutien scolaire, les devoirs, les leçons continuent la soirée pendant 45 minutes également.

photo_7_Tableau_noire_et_art_mural

 

© Tableau noir et Art mural

.. Au tableau noir, ou dans les livres...

photo_8_Fond_de_classe

 

© Fond de classe

Nous n'y avons pas assisté, mais nous ne manquerons pas la prochaine occasion dans la nouvelle maison louée dernièrement.

Une après-midi riche d'enseignements, mais frustrante parce que nous repartions loin de là, sans avoir la possibilité de collaborer directement à l'aventure, sinon par procuration. Mais quelle procuration ! Une équipe solide, enthousiaste, déterminée, toujours présente, disponible à chaque instant tout au long de l'année … de 365 jours, pour des années durant, dépassant largement le cadre de l'enseignement. Ce n'est pas une passade, une aventure sans lendemain, c'est une mission … possible à condition d'une aide continue. Il y a le temps de l'année scolaire, il y a le temps des vacances. Chaque jour qui passe est un jour utile, un jour à vivre une nouvelle expérience, un jour à comptabiliser les avancées. Faisons notre la devise de Charles Péguy : « nul ne doit rester au bord du chemin ». L'affaire vaut le coup qu'on s'y intéresse de loin pour être efficace de près.

Prendre contact avec Malika ABDEDDINE, c'est 

- épouser les objectifs très nobles de l'association,

- s'engager durablement pour porter les différents projets,

- participer à sa mesure,

- avoir et transmettre des idées personnelles, proposer des actions,

- donner son avis sur le fonctionnement de l'association,

- fournir du matériel (informatique par exemple, qui permettrait une relation directe et rapide avec les enfants et les enseignants, des reportages, des informations, etc …),

- aller sur place bricoler, etc …

- apprendre l'arabe, le chleuh, aussi bien qu'ils apprennent le français,

 la la liste n'est pas limitative et dépend des possibilités et des envies de chacun d'entre nous, nous les anciens iminiens, qui avons cotoyé les familles de ces mères et de ces enfants, parfois à l'école, parfois dans le travail, parfois dans le village tout simplement.

Les besoins sont nombreux, l'éventail d'actions n'en est que plus grand.

photo_9_D_part

 

p;amp;adurl= © Départ

Le coeur gros nous avons quitté la maison, ... en nous promettant à nous-mêmes de ne pas en rester là, parce que nos accompagnateurs ont découvert à Ouarzazate, dans ce quartier, dans cette maison, la vie de chaque jour, celle vécue hors des murs des paradis touristiques.

photo_10_Embrassades

 

© Embrassades

Ils ont découvert ce Maroc exclu des dépliants, ce Maroc jeune, ce Maroc en croissance, en crise d'adolescence, qui a besoin de se transformer pour le bien de tous.

photo_11_Tribu_OUFINT

 

© Le chauffeur OUFINT, ancien d'Imini entre sa fille Malika et son fils Abdallah.

Ce fut aussi l'occasion de retrouver le patriarche OUFINT venu à notre rencontre au bout de tant d'années … Il a belle allure encadré par Malika et Abdallah. Aujourd'hui, nous le saluons, et lui souhaitons longue vie et beaucoup de joies avec toute sa famille.

Jean-Yves TRAMOY

D'autres anciens iminiens ou leurs amis ont rendu visite à l'association, ils auront probablement d'autres informations à partager avec les iminiens qu'ils pourront ajouter aux commentaires ou envoyer au blog par le lien "contactez l'auteur". 

Pensons aussi à la prochaine rentrée des classes et aux besoins importants des familles.

Pour écrire à Malika : email de Michkat