Jean-Yves TRAMOY est parti pour plusieurs jours à Imini et Ouarzazate en mai, il y a rencontré DANKA qui a aussi fait le voyage. Il nous parle de MALIKA, des animateurs et des enfants de l'association Michkat Tassoumat avec ses réussites, ses difficultés et les aides qui lui sont nécessaires et qui peuvent lui être apportées. Danka nous envoie aussi des photos et un récit de cette rencontre.

Incursions à Michkat Tassoumat

De l'oasis de Fint, distante de 10 kms, nous gagnons Ouarzazate par une piste qui sera bientôt une route traversant de gigantesques quartiers d'habitations sociales. Les bordures de trottoir, sont déjà posées sur un revêtement de caillasse. Les finitions sont faites avant les grands travaux. Bizarre !
Venant de Fint, nous franchissons l'oued, sur son pont radier étroit, gonflé par les pluies récentes. Au coeur de Ouarzazate, le tracé est rectiligne, bordé de petits immeubles de commerces et d'habitations. Tout est rose, laissant penser que la vie y est rose, aussi. Tassoumat, est un des quartiers à la sortie de la ville, quand on se dirige vers Marrakech, avant la belle et longue avenue bordée sur cinq kilomètres de trottoirs pavés luxueux, équipée d'immenses lampadaires alternés avec des bouquets de palmiers. On passe brusquement d'une avenue large à des rues vite étroites, où les voitures ne sont pas les bienvenues. L'association est logée dans une petite maison composée d'une entrée (avec toilettes attenantes), qui précède un couloir à ciel ouvert menant à un petit patio couvert. De là quatre portes distribuent une très petite cuisine, deux salles transformées en classes et une dernière pièce servant de bureau, de rangement.

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une partie de la cuisine

Le patio, dans lequel un placard en dur vient d'être construit, sert également de réception, de salle d'exposition des activités, d'offre de parrainage des enfants.

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les activités en photos

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parrainages
De fait, toutes ces pièces sont aveugles sauf une dont une fenêtre ouvre sur le patio.
La maison, comme dit plus haut, n'est pas immense, mais propre et plus confortable que la précédente, plus facile à entretenir, et plus accueillante. Une belle écriture arabe annonce le nom de l'association.

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l'intitulé en arabe
Lors de notre première visite, Malika nous reçoit en compagnie de son frère Abdallah, de Soufiane et d'un autre animateur culturel.

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le sourire d'accueil

Dès l'ouverture de la porte, s'engouffre une cohorte d'enfants, attirés qu'ils sont par l'espoir d'un goûter et d'animations.
Après les présentations, autour d'un thé à la menthe et de biscuits, nous prenons connaissance du fonctionnement de l'association, des besoins financiers, de l'équipe d'encadrement, des objectifs visés et des moyens envisagés. Les effectifs augmentent, l'objectif initial d'encadrement postscolaire est largement dépassé, puisque l'état de santé réclame des visites médicales, puisque les vacances sont organisées en colonies, en sorties, puisque les petits « pensionnaires » ont besoin de vêtements, ...
En face de ces objectifs, les ressources de l'association sont extrêmement faibles, exclusivement faites de dons pour couvrir les frais de location et les charges de la maison, ...
L'équipe évolue et accueille de nouveaux intervenants destinés à assurer la classe, l'étude du Coran, et créer des animations ludiques.
Ce premier contact nous permet de prendre conscience du fossé qui sépare la fin et les moyens.
Nous inspectons le local, observant les enfants occupés dans les classes. Ils veulent nous faire plaisir en interprétant des chansons et des textes, avec vigueur.

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Soufiane révise l'alphabet français

Nous pratiquons une série de photos qui leur permet de se voir aussitôt : une grande surprise pour eux.

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Les élèves attentifs

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le petit chouchou des grandes filles

Notre deuxième visite est une journée particulière, commencée par un chaud soleil de mai. Malika, par le biais de l'association, est le pivot de mes retrouvailles avec Danka au bout de 49 ans de séparation.

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délicieuse pastilla

Invités dans la maison de ses parents, nous avons goûté à une pastilla au poulet d'une merveilleuse finesse avant de sacrifier au traditionnel thé à la menthe.

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le thé à la menthe

Pendant le repas, tout à nos conversations, nous ne prêtons pas attention à l'orage qui éclate, un orage de grêle puissant, assourdissant, si fort que la rue connaît une inondation nécessitant l'intervention des pompiers.

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inondation due à l'averse de grêle

La bouche d'évacuation est vite débouchée et la circulation peut reprendre normalement

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juste un filet d'eau
Après un saut à l'association, la décision est prise d'installer des étagères: alors direction les magasins de fournitures pour acheter du bois, des vis, une visseuse.

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l'entassement des marchandises

Nous traversons des quartiers rendus boueux par les averses. Le personnel du magasin nous aide à scier des grandes planches, et nous livre les matériaux, ce qui nous fait gagner beaucoup de temps  pour la suite.

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calcul en tête
Aussitôt, la chaîne de découpe, de montage, de vissage se met en route.

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Tout le monde met la main à la pâte, avec quelques péripéties dues à la déficience des embouts de la visseuse.

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 le dépit total devant la mauvaise qualité des embouts

Pendant que les épouses boivent un petit thé

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la pause thé devant l'armature du placard en dur du patio

Pendant que les épouses boivent un petit thé, les enfants assistent aux travaux, d'abord interloqués

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 l'étonnement des enfants

Notre débauche d'énergie les encourage à nous imiter, et ils se mettent au nettoyage en grand de la cuisine, lavent et rangent les ustensiles.

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les ouvriers

En fin d'après-midi, après deux heures de travail assidu, les deux équipes d'ouvriers et de supportrices sont visiblement satisfaites et posent devant les étagères destinées à mettre à l'abri les aliments et les fournitures scolaires.

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les supportrices 
Le temps est lourd, l'heure est moite, nous quittons l'association après moult embrassades. Nous sommes heureux d'avoir partagé ces moments si riches d'émotion, pendant lesquels les enfants nous font des joies. 
Reviendrons-nous l'an prochain ? Il faut l'espérer. Il faut espérer que d'autres viendront aussi parce que tous ces bénévoles, tous ces enfants, toutes ces mères nous attendent, ont besoin d'un soutien, de notre aide. Sur place, un petit rien peut donner de grands résultats, à condition d'être pérennisé. Un seul coup de rein ne suffit pas. Plusieurs possibilités se dégagent :
1- des dons en argent,
2- des dons en nature (vêtements, fournitures scolaires, outils, matériaux, ...)
3- le parrainage d'un enfant,
4- l'aide aux travaux sur place, …
Le meilleur moyen est quand même l'argent (qui est bien employé) puisqu'en même temps ça fait marcher l'économie locale et donne à l'association un statut et une reconnaissance chez les commerçants et les fournisseurs de matériaux.
Le meilleur moyen est d'entrer en contact directement avec Malika (coordonnées disponibles auprès de l'un d'entre nous ou du webmaster).

 

 

DANKA PRÉSENTE LE MÊME JOUR NOUS RACONTE À SON TOUR

Jean-Yves est arrivé avant nous à Ouarzazate. Afin de pouvoir le rencontrer, nous avons calé notre arrivée le 13 mai et le samedi a été une journée particulière : d’abord parce que nous nous sommes retrouvés après 49 ans et des poussières.

 

Jean-Yves raconte fort bien cette rencontre, qui a débuté par un délicieux repas chez les parents de Malika, suivi de l’incontournable thé, qu’on aime toujours boire quelque soit le moment de la journée.

Et ensuite, parce que l’association nous tient à coeur, il en fait la description parfaitement, alors nous sommes contents de pouvoir à notre manière, faire quelque chose pour elle ; un long rajout à son écrit serait superflu ; il n’empêche qu’on ne peut que souligner encore une fois le travail accompli par Malika, secondée par son frère Abdallah, le « cybersiste » Sofiane, Bachir qui s’occupe également des enfants.

Ces enfants, qui lorsqu’ils viennent après l’école, sont heureux de se retrouver là, sachant que sans doute un goûter les attend, mais surtout, parce qu’ils sont heureux d’être entourés d’adultes qui les aident à réviser leurs devoirs, les écoutent, les raccompagnent parfois chez eux ; souvent cette « maison là » ferme ses portes assez tard, pour différentes raisons, mais elle est un havre pour eux et cela seul compte.

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En regardant ces minois, aux regards malicieux, on sent chez eux une certaine volonté, une gaieté communicative, une envie de faire bien et de faire plaisir, malgré leur vie en dents de scie.

Ils m’ont épatée en chantant une ou deux chansons apprise l’an dernier, grâce à Marité et sa sœur ! Ils n’avaient pas oublié les paroles !

Pendant le travail assidu des hommes pour monter la grande étagère, eux se sont mobilisés pour le nettoyage de la cuisine ; à plusieurs, ils avancent, mais de « l’autre côté », lorsque les pièces sont défectueuses, ben ça ralenti un peu, mais vous avez fait du bon boulot messieurs, puisqu’elle tient toujours.

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Le nombre d’enfants a augmenté depuis l’an dernier, mais les fonds ne suivent pas toujours. Trouver une colonie de vacances nécessite beaucoup d’énergie, de temps, car cela veut dire visite médicale, vaccins, donc coût financier. Il faut penser aussi fournitures scolaires, vêtements, produits d’hygiène, de quoi aussi garnir les placards pour les goûters, la fabrication de gâteaux vendus au profit de l’association, toutes ces petites choses qui font que cela permet aux femmes de participer, de s’occuper, d’aider et de donner un sens à leur existence et à celles des enfants.

La petite pierre ajoutée ensemble à l’édifice peut faire d’un petit ruisseau une grande rivière, comme dit justement Jean-Yves à condition d’être pérennisée.

Trouver des sponsors, parrainer un enfant, l’acheminent de vêtements et fournitures scolaires, il existe tant de moyens et de solutions, mais le fer de lance de cet engagement est bien évidemment l’argent, sans lequel rien ne peut avancer.

Argent utilisé à bon escient, et encore une fois, on ne peut que dire « Bravo Malika » pour son engagement, sa ténacité, sa recherche de soutiens ; alors revenir l’an prochain, oui Inch’Allah, parce que comme le dit justement Jean Yves, ces femmes, ces enfants, les bénévoles, tous ont besoin de soutien. Et plus nous serons nombreux, mieux ce sera évidemment.

Journée particulière avez-vous dit ? Oui, pour ces retrouvailles, de copains d’enfance, puis avec ces enfants côtoyés plusieurs jours, ravis de notre présence et qui d’un sourire, d’un bisou, vous rendent mille fois l’attention que vous leur portez. Et malgré l’orage, la rue inondée, belle journée oui.

On se quitte à regret, déjà vous partez ? On s’embrasse, à l’année prochaine, pourquoi pas ? En tout cas on l’espère très fortement.