DES ARTISTES IMINIENS

Yves Tramoy qui n'est plus qu'à quelques semaines du temps de la retraite est encore fort occupé, mais semble pouvoir après l'été être plus disponible pour les Iminiens. En attendant il partage avec nous des photos d'oeuvres d'artistes d'Imini accrochées en bonne place dans sa maison. Il s'adresse à nous:

"Je n'ai pu répondre immédiatement aux souhaits printanniers illustrés de Philippe KAYSER, parce qu'un gros rhume m'a tenu éloigné des claviers.

Merci pour ce bouquet, bien de circonstance, qui hume bon le printemps naissant. Ce muguet rappelle l'époque où les hommes se parfumaient facilement avec cette fragrance considérée comme masculine, parce qu'envoûtante ? Je félicite Philippe KAYSER pour cette oeuvre picturale, inspirée d'un passage au jardin sans doute ? En Bretagne, compte tenu de la fraîcheur, de l'humidité et des ombres protectrices de certains jardins, nous en voyons beaucoup. Et certains patients nous ont offert. Le muguet est particulièrement odorant, voire entêtant, mais il a ce caractère printannier qu'on ne peut nier. Il annonce les futurs beaux jours que nous attendons tous avec impatience, pour mieux nous dénuder, profiter des rayons de soleil, relancer le barbecue.

Mais ce muguet de Philippe KAYSER va au-delà de sa simple apparition sur nos écrans d'ordinateur, il est générateur d'idées. Philippe KAYSER n'est certainement pas le seul peintre amateur (ou professionnel) des anciens d'Imini. Nombre d'entre nous ont eu au moins quelques fois l'envie de traduire sur une toile, sur un papier, sur un carton, ... l'émotion ressentie devant une chose, un paysage, un visage, un sentiment intérieur. Combien l'ont fait ? Combien l'ont montré ? Combien ont pris des cours de dessin, de peinture, d'aquarelle, de gouache, de fusain, ... que sais-je ? Combien ont gravé leur bureau d'école ?

Combien oseraient nous les montrer maintenant ? Mais nous connaissons des peintres qui ont fait leur chemin, qui ont cédé leurs toiles à des amis, ...

Nous sommes plusieurs à posséder des toiles de nos concitoyens iminiens bien connus pour leur talent dans ce domaine.

Malheureusement, je n'ai en mémoire que le docteur GORCE et monsieur ROMANO, ancien instituteur de Bou Tazoult, sur lesquels je m'autorise une petite critique de néophyte."

Dr_Gorce- 1

Du docteur GORCE, je possède la reproduction de la kasbah de Tadoula, sur la route de Ouarzazate, non loin de l'ancien embranchement pour Aït Benhaddou (cf le film Cent mille dollars au soleil, de Henri Verneuil). Elle trône dans mon cabinet, et apporte cette ambiance qui nous manque tant ici. Au premier plan, des silhouettes d'hommes en burnous animent la cour de battage, dominant la plaine de l'assif Imini, sous un ciel d'azur parsemé de légères traînées blanchâtres. La technique au couteau accentue le relief déjà bien ressenti par les contrastes d'ombres et de lumières. Inusable plaisir à la regarder.

Roch-Romano- 2

De monsieur ROMANO, une toile magnifique est suspendue sur le mur de la salle à manger, c'est dire qu'elle est également présente dans mon univers quotidien. La kasbah de Taourirt vue par sa façade principale, impose sa silhouette trapue dont les tours s'élèvent gracieusement dans un ciel immaculé. Là aussi les ombres jouent un rôle primordial, mais on devine un jour chaud, ensoleillé aux heures crues. Cette toile est réellement contemporaine, puisqu'à l'heure d'aujourd'hui la kasbah a été restaurée pour attirer les touristes dans la cité de Ouarzazate où les curiosités font plutôt défaut. Elle me rappelle les lointaines fêtes organisées dans la cour lors de l'existence du Glaoui, les aouachs. Monsieur ROMANO a longtemps accroché ses toiles et exposé sur le littoral méditerranéen de la Côte d'Azur jusqu'à la région montpelliéraine. Il connaît encore un succès mérité, grâce à la minutie de son art, à la lumière qu'il lui imprime, à la gaieté traduite sur la toile. Ici je le félicite de ses talents qu'il nous présentait déjà dans son école de Bou Tazoult, quand il nous emmenait en promenade vers le château d'eau de Bou Azzer. Si le souvenir est encore là, c'est que l'évènement avait marqué les élèves, et déclenché des vocations artistiques.

Je vous renvoie au site de Jacques Gandini, fort documenté sur cette région, qui vous éclairera sur le phénomène des aouachs : www.ouarzazate-1928-1956.com/.../lahouach-les-voyageurs-se-souvienn... L'ahouach de Taourirt - Ouarzazate-1928-1956.com

Chaib_3Notre blog a aussi une page sur l'Aouach et l'amitié ==> voir  

"Une autre oeuvre originale, due à une discrète artiste ouarzazia (mais dont la famille est originaire de Bou Tazoult), orne les murs la salle à manger. Il s'agit de la reproduction d'une F sur une plaque de verre. L'artiste est une des filles de Mohamed CHAÏB, qui a mis son âme dans cette oeuvre, dont on peut saisir la légèreté du dessin et évaluer le poids du métal. Elle est le symbole des bijoux que portaient les femmes dans les grandes occasions, dont on retrouve trace lors des aouachs évoquées ci-dessus.

 

Paris abrite une exposition de bijoux berbères jusqu'au 20 juillet 2014, dans le cadre de la Fondation Pierre BERGÉ-YSL, ( 5 avenue Marceau ) bijoux issus du musée Majorelle de Marrakech" et d'autres collections.

Merci à Jean-Yves Tramoy pour ce partage d'oeuvres d'artistes de la Vallée de l'Imini conservées dans sa collection. Le blog accueillera d'autres oeuvres que vous souhaiteriez partager en hommage à tous nos artistes.