TRAITEMENT DU MINERAI 4e ( TOURS D'EXTRACTION)
Des nouvelles du marathon des sables sur Facebook: Les Ouled Imini soutiennent toute l'équipe de Willy et Thierry. A dimanche avec l'école de Timkkit et le directeur Zizan El Houssene.
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Après l'Acheminement du minerai, Jean-Marie DÉCAILLOZ nous présente son quatrième chapitre sur les tours d'extraction à IMINI et le fait commencer par une introduction sur les différentes techniques d'extraction pratiquées. Ce texte et ses illustrations inédites permettent de comprendre un procédé d'extraction différent de ceux déjà présentés et contribue à l'histoire des mines de l'Imini. Rappelons que les droits de ce texte et de ces photographies sont réservés.
La construction de la laverie de Tighermit et de sa tour d'extraction.
GÉNÉRALITÉS SUR LES TOURS D’EXTRACTION
Les tours d’extraction sont des ascenseurs ou monte-charge, utilisées dans les mines permettant de transporter le personnel et la manutention des charges et matériels comme les berlines ou wagons pleins ou vides au fond de la mine
Il en existe de plusieurs types, selon la profondeur du puits et de la charge à transporter
Elles sont toutes constituées d’un chevalement comprenant :
- une tour métallique, parfois en béton, placée au-dessus du puits
- un treuil ou machine d’extraction
- une ou plusieurs cages dans lesquelles prennent place les berlines ou le personnel pour être remontés ou descendus par la machine d’extraction.
Les treuils d’extraction sont de 2 types :
- à tambour : le câble s’enroule sur un tambour qui tourne alternativement dans un sens ou dans l’autre pour faire monter ou descendre la cage. Il faut donc un treuil par cage.
- à poulie KOEPE : du nom de l’inventeur, et plus généralement utilisée.
La première fut installée en 1877 dans la Ruhr
Cette poulie comporte des blochets où se loge le câble.
Ces pièces en caoutchouc ou en matière plastique, fixées tout autour de la poulie, et comprenant une ou plusieurs gorges semi-circulaires, du diamètre du câble, font que la poulie peut être monocâble, bi-câble ou quadri-câble, suivant la charge à transporter.
Dans chacune des gorges du blochet, le câble fait un demi-tour sur la poulie et une cage est fixée à chaque extrémité.
Quand une cage est au jour, l’autre est au fond :
- pour régulariser par son poids, la différence de charge, un câble dit d’équilibrage, de même longueur et de même poids, que celui qui relie les deux cages, est fixé sous le plancher de chacune des cages formant une demi boucle au fond du puits, évitant ainsi, les "efforts" trop importants sur le treuil.
Dans les puits de grande profondeur (1 000 à 1 200 mètres dans les mines de charbon) où des wagons de grande capacité sont utilisés, la machine d’extraction est placée au sol en raison de sa taille et de son poids, et le diamètre de la poulie KOEPE peut atteindre 5 à 8 mètres de diamètre.
Depuis la machine d’extraction (treuil), au sol, les câbles sont tendus obliquement jusqu’au sommet du chevalement où des poulies de renvoi, appelées "molettes", replacent les câbles verticalement dans le puits.
Les wagons, pleins ou vides, sont entrés et sortis des cages, dans des installations appelées "recettes", situées au fond, à la base du puits et au jour, à la sortie.
TOUR D’EXTRACTION à IMINI
L’installation de la tour d’extraction, sur le centre d’exploitation de Tighermit, débuta par les travaux de préparation élaborés par les services du fond, assistés des services du jour pour certaines fabrications et constructions.
Le puits de Tighermit, qui existait, fut mis à section de forme circulaire d’environ 4 mètres de diamètre.
Ci-contre: Jean Décailloz dirigeant les travaux de construction de la Laverie de Tighermit, dite "Laverie 3" et de sa Tour d'extraction - Photo Décailloz.
Les parois ont été recouvertes de béton projeté, sur une armature en métal déployé, par une machine à air comprimé, appelée CEMENT-GUN de marque américaine INGERSOLL.
Montage de la laverie et de la tour d'extraction à Tighermit - Photo Décailloz
Un passage "personnel" (de secours) obligatoire fut réalisé :
- sur la hauteur de la paroi du puits, de bas en haut, des paliers à niveaux réguliers, tous les 5 mètres, composés de plates-formes métalliques, en arc, plaquées contre la paroi, et reliées par des échelles –
L’ensemble était recouvert d’un grillage de protection, côté puits.
Des massifs en béton ont été construits pour édifier la tour d’extraction et les" recettes".
Les charpentes de la tour et des "recettes" furent fabriquées par les Ets CAMUSAT & GUEGUEN à Casablanca.
L’installation du matériel fut effectuée par un monteur de la société FOURNIER & MOUILLON qui avait fourni l’ensemble de la machinerie.
Ci-contre: Tour d'extraction de Tighermit à l'époque de sa construction - Photo Décailloz
Le puits, peu profond (100 m environ) et la charge des cages, relativement faible, 2 berlines par cage, en mode "extraction",
- chaque berline SARTIAUX de 1 000 litres de capacité pesant environ 1 500 kg pleine -
ou en mode "personnel",
- 15 personnes maximum -
Vue depuis la Tour de Tighermit - Photo Décailloz
Le treuil d’extraction était donc de petite dimension, composé :
- d’une poulie KOEPE d’environ 2 m de diamètre
- d’un réducteur (de vitesse) de marque CITROËN, avec des pignons à chevrons
- d’un moteur électrique de 100 KW
Treuil d'extraction - Photo Décailloz
D’un poids, peu conséquent, l’ensemble du treuil d’extraction a été installé au sommet de la tour, dans une salle de plus grande dimension que le pylône support.
La poulie KOEPE était bi-câble.
Les deux câbles, en acier à 6 torons, de 22 mm de diamètre et de 135 m de longueur, étaient toronnés, l’un à droite, l’autre à gauche pour annuler l’effet de rotation.
A la différence des treuils à "tambour" où le câble, qui s’enroule autour d’un cylindre horizontal appelé "tambour", peut être plus long que nécessaire, les treuils à poulie KOEPE ont un câble bien précis en longueur.
Comme cela se fait pour les treuils à "tambour", il n’est pas possible de prélever un échantillon pour analyse de l’état de détérioration du câble.
Par sécurité, la législation obligeait le remplacement systématique des câbles qui se faisait tous les 2 ans.
Dans les "recettes", le guidage des cages était assuré par des "moises" en bois :
- 4 moises par cage, d’une dizaine de mètres de longueur.
Le bois utilisé à la fabrication de ces "moises", était de l’iroko.
Cet arbre, d’Afrique tropicale, pouvant atteindre 40 m de hauteur et 1,70 m de diamètre, a la particularité d’être un bois sans nœud.
La Tour de Tighermit en construction - Photo Décailloz
Dans le puits, le guidage était assuré par 4 câbles par cage.
Les câbles étaient des "câbles clos" dont les fils de la couche extérieure, ont un profil particulier rendant le câble lisse, ce qui réduit l’usure des bagues coulissantes en bronze situées sur les cages.
Les câbles de guidage, suspendus à la tour, étaient maintenus en tension par des contrepoids, placés dans le bure, partie en prolongement du puits située sous la "recette" du fond.
Les cages étaient munies de parachutes :
- des pinces qui, en cas de chute de la cage, serraient les 4 câbles de guidage.
Ils étaient enclenchés en mode "personnel" et désactivés en mode "extraction".
Il n’y a jamais eu d’incident entraînant leur fonctionnement.
Lors du fonctionnement en mode "personnel", des portes de sécurité étaient installées sur les cages.
En mode "personnel", la vitesse des cages était de 1,50 m par seconde.
En mode "extraction", elle était de 3 m/s.
Le pupitre de commande était placé, dans une cabine vitrée, au niveau de la "recette" (au jour).
L’opérateur avait une vue directe sur l’arrivée des cages en "recette".
Vue aérienne de la Tour d'extraction de Tighermit en fonction- Photo Décailloz
En mode "personnel", la machine était conduite manuellement.
En mode "extraction", la marche de la machine était automatique :
- un système électronique assurait le ralentissement à l’arrivée pour un arrêt précis de la cage à berlines, juste en face des rails fixes des "recettes".
Les "recettes" sont des installations, situées au fond du puits et à la sortie au jour, qui servent à l’encagement et au décagement des berlines par des vérins à air comprimé.
Site de Tighermit en exploitation - Photo Décailloz
L’ensemble du matériel, nécessaire au montage des "recettes", a été fourni et installé par la Société LECQ du Nord de la France.
Merci à Jean-Marie Décailloz d'avoir composé cet article qui permet à tous les Iminiens de mieux comprendre les cas où les tours d'extraction sont nécessaires. Nous aurons bientôt la suite de son texte sur le traitement du minerai proprement dit. Merci aussi d'avoir conservé les photographies de la construction. Leur communication est particulièrement intéressante pour l'histoire des mines d'Imini. Les droits des textes de J.-M. Décailloz sont réservés, INPI n°456058 de même que les photos.








