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BOUTAZOULT IMINI TIMKKIT 2008
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13 avril 2020

Bou Tazoult, VILLAGE OUVRIER

 Dans la grande série « les villages des mines d'Imini »

Bou Tazoult, village ouvrier.

photo 1 vue générale de Bou Tazoult cliché Bertrand Marrakech 1962photo 1: vue générale de Bou Tazoult photographe BERTRAND Marrakech 1962

Une belle « forêt » encore naissante agrémente le paysage.

Avertissement de l'auteur : la jeunesse a l'excuse de la jeunesse, elle amplifie les impressions, transforme les souvenirs, exalte les faits. Que le lecteur lui pardonne les erreurs « poétiques » et les corrige par ses commentaires bienvenus.

Une promesse est une promesse, je la tiens aujourd'hui. Certains souhaitaient lire au plus vite la suite de mes précédents articles. J'y avais numéroté les maisons à ma façon, pour que chacun puisse repérer la sienne ou les siennes, tant il est vrai que beaucoup d'entre nous ont changé de domicile pour cause d'agrandissement de la famille.

Mais la vie réserve des surprises. Vous savez que, depuis longtemps, je suis un « chasseur de têtes » iminiennes. J'obtiens, grâce à mon entêtement et à des contacts privilégiés (que je tairais ici), des résultats dont je fais profiter l'ensemble de la communauté iminienne. Il n'y a pas d'ostracisme, chacun a droit à sa part s'il est équipé d'internet, et s'il ne la refuse pas. Ca n'est pas encore arrivé, mais tous les goûts sont dans la nature. Chacun a ses raisons !

Pour ce reportage portant sur l'urbanisme des mines d'Imini, des surprises viennent d'un document (daté de 1965) retrouvé dans les archives de mon père, et surtout d'une collection de clichés datant de l'année 1962 tirés de celles de l'ancien directeur d'exploitation André GORICHON. Comme je le faisais remarquer à Olivier GORICHON, qui les met à notre disposition aimablement, nous possédons tous des trésors enfouis dans nos albums, classeurs, placards, greniers, caves, laissés de côté. Nous en avons  connaissance, … ou pas. Parfois ce sont des documents familiaux, d'autres fois professionnels, ou touristiques. Mais ils ont tous leur intérêt pour tisser ou retisser la toile entre nous : les particularités de l'un servent aux autres pour recoudre leur propre histoire. Faisons abstraction de nos différences, de notre timidité, de notre pudeur, mettons en commun ces pièces qui sont le MUSÉE de notre existence. Ce musée a été évoqué déjà dans des articles précédents pour être constitué avec les matériaux et matériels réformés de la mine, mais celui-ci, beaucoup plus virtuel et mémoriel, est facile à mettre en place, si nous acceptons de « transmettre ou prêter » ce que nous possédons dans nos bibliothèques, dans nos armoires, dans notre mémoire. Même des photos de familles peuvent éveiller en nous des souvenirs ou nous donner des renseignements sur les modes de vie. Pierrette TEYSSIER, en son temps, avait manifesté la volonté de nous transmettre la collection inestimable Noir et Blanc de son mari Yvon.

Les surprises survenues depuis peu m'ont obligé à corriger mon écriture, à modifier mon exposé sur l'urbanisme des mines d'Imini, urbanisme dont je suis un fervent admirateur, mais qui, pour moi, n'est qu'un puits de questionnements, n'en connaissant ni l'instigateur, ni le(s) concepteur(s), ni le(s) bâtisseur(s). Ici, je m'appuie sur le plan officiel de l'implantation datant de 1965 (tout y est numéroté officiellement, suivant l'ordre de construction m'avait assuré Jean-Marie DECAILLOZ), et j'illustrerai à l'aide de ces plans dressés par les géomètres et dessinateurs de la mine, agrémentés de photos tirées de la collection TRAMOY (photographe PIGNEUX Marrakech 1954) et de la collection GORICHON (photographe BERTRAND Marrakech), ainsi que d'autres « piochées » sur des blogs. Note de l'auteur : je me suis permis cette liberté au nom de l'intérêt de tous les lecteurs, y compris des auteurs de ces photos, que je remercie ici.

Une dernière précision : depuis 1965, peu de changements sont intervenus, la grande épopée de construction arrivait à son terme, nous verrons peut-être si d'aucuns viennent me contredire sur ce point. Ce que j'apprécierais.

Aborder les mines de l'Imini nécessite de remettre en mémoire les sites, les noms.  

photo 2 plan de la concession minière

photo 2 : plan de la concession minière en 1965

Cette vue d'ensemble indique les oueds (plus ou moins constants suivant une pluviométrie inégale), les routes et pistes, les limites de la concession minière, les altitudes, … Une mine d'informations dans laquelle les cours d'eau donnent leur nom aux lieux, Tidili, Bou Azzer, Timkkit, Boulgir, … On reconnaît le tracé sinueux des oueds secs, que nous traversions ou longions sur la route reliant Sainte Barbe, ou lors de nos courses dans les villages.  

photo 3 plan du village ouvrier

 photo 3 : Bou Tazoult, plan du village ouvrier, photo Pigneux Marrakech 1954

Bou Tazoult est le chef lieu des mines, centre des infrastructures techniques, et draine la majorité de la population dans le village marocain d'une part et dans le village européen d'autre part, autour des écoles, du bloc cantine-cinéma-commerces, … 

NDLR : curieusement, sur le plan le village ouvrier est intitulé « village n° 1 », tandis que le village européen, que nous verrons plus loin, est intitulé « village n° 0 ».

Cette vue panoramique, prise de la colline de Bou Azzer, embrasse l'essentiel des installations minières avec, de l'avant vers l'arrière, à gauche : la bascule, la laverie, la centrale électrique, les magasins. Sur la droite du pont : les trémies de chargement, le parc à bois, les ateliers. Tout au fond, dans la lumière, on distingue le puits de Tifersine. 

Au plus près des services techniques de la mine, dont nous ferons abstraction dans cet exposé, et de l'exploitation proprement dite (la première descenderie), le village des familles d'ouvriers occupe les flancs du jebel, en face de la laverie, et se déploie au pied de la colline de Bou Azzer. Il est l'exemple de toute cité minière typique se voulant source d'égalité parfaite et symbole de solidarité : les logements y sont collés les uns aux autres, strictement identiques, alignés avec harmonie non loin du site du travail quotidien. A l'origine, ils ont été peints avec ce rose joyeux qui caractérise le site d'Imini, mais qui subit au fil du temps l'avilissement du noir minerai.  

photo 4 vue panoramique des installations minières et du village ouvrier cliché Pigneux Marrakech 1954

 photo 4 vue panoramique des installations minières et du village ouvrier, cliché Pigneux Marrakech 1954

Les barres d'habitation, doublées dos à dos, sont parfaitement alignées, épousant les pentes dirigées vers les rives de l'oued, arborées de Takaout Beldia et de petits buissons épineux que les ovins viennent brouter, et dans lesquels les enfants viennent jouer. Au premier plan, un îlot de commerces occupe la place centrale, agrémenté d'une galerie les protégeant de la chaleur. Deux autres séries de commerces sont situées plus haut en bout d'une rangée de logements.

En 2020, malgré leur abandon, les bâtiments résistent vaillamment aux intempéries et aux effractions, construits avec soin, avec des matériaux de qualité : les pierres apparaissent entre les plaques d'enduit ciment déchirées. Tout est encore debout, disponible pour de nouvelles familles. Des mineurs ? Qui dit mineur dit extraction, d'où présence de minerai suffisament riche et abondant pour être exploité. 

photo 5 vue des commerces vers le village européen, cliché Pigneux Marrakech 1954

 photo 5 vue des commerces vers le village européen, cliché Pigneux Marrakech 1954

Sur la gauche de ce cliché, on devine la constitution du logement ouvrier type, avec une courette précédant deux ou trois pièces d'habitation. Chaque logement adopte le style local, avec une porte cintrée de style islamique. Cette rangée aboutit au minaret de la modeste mosquée, surplombant le centre du village, siège de la salle de prière, de l'école coranique dirigée par un fqih dont les petits élèves étaient effrayés par la badine « caressante » sitôt qu'une erreur était repérée dans la récitation des sourates. 

Le gros bâtiment central est celui des commerces sous arcades. Le dos du bâtiment est réservé aux douches « municipales » reconnaissables au tas de bois de chauffage pour la production d'eau chaude : un grand progrès en cette année 1954. Cet établissement devait vraisemblablement avoir un règlement d'utilisation, comme pour les hammams, fixant les horaires répartis entre les femmes et les hommes. Pour les commodités hygiéniques, des édicules servant de toilettes sont répartis en plusieurs points du village.  

photo 6 les arcades commerciales et la fontaine-lavoir en 2010, cliché Tramoy

 photo 6 les commerces et la fontaine-lavoir en 2010, cliché Tramoy

photo 7 arcade vers la boulangerie en 2010, cliché Tramoy

Conçu pendant les années 40-50, le plan d'urbanisme ne néglige rien, mettant à disposition des ménages des fontaines-lavoirs pour y prendre l'eau et laver le linge en commun, comme on le voyait naguère dans nos villages européens. Lieu de vie, de rencontres féminines, de bavardages, … et sans doute point de départ de « chikayas ».

photo 7 arcade des commerces en 2010, cliché Tramoy. 

photo 8 couloir des arcades en 2010, cliché Tramoy

photo 8 couloir des arcades en 2010, cliché Tramoy

Au coeur du village la vie se distribue autour des trois galeries de stalles commerciales où les épiceries, légumes, boucheries, bazar, tissus drainent leur clientèle, tandis que la boulangerie et des boucheries ont traversé l'oued, proches de gourbis rassemblés là pour abriter des travailleurs n'appartenant pas au personnel de la SACEM. Cette boulangerie mériterait à coup sûr un exposé sensoriel : on la humait depuis 50 mètres ; attiré par les odeurs de pain cuisant au feu de bois, on accédait au fournil en descendant quelques marches. 

photo 9 ruelle donnant sur la boulangerie envahie d'herbes folles, cliché des blogs

photo 9 la ruelle de la boulangerie désertée et envahie d'herbes folles, cliché issu des blogs  

photo 10 Si Bousta l'unique commerçant en 2010, cliché Tramoy

 

photo 10 Si Bousta l'unique commerçant en 2010, cliché Tramoy

Lorsque l'exploitation a cessé, les familles s'en sont allées, le village s'est vidé, ainsi que tous les commerces  SAUF UN, qui a résisté jusque dans les années 2010 : Si Bousta, qui servait de bazar et d'épicerie bien fourni. Il assurait le service des villageois lointains, et a eu raison de maintenir son commerce puisque l'exploitation a repris avec des tâcherons. Un temps il a émigré dans l'économat de la cantine, puis est parti installer son commerce à Timkit. Un article lui a été consacré sur le blog précédemment, dans lequel nous racontons nos échanges avec cet homme très sympathique (« 26 mai 2011, Bou Tazoult, le rouge te va si bien ! » et 10 août 2016 «  Des iminiens s'installent à Marrakech »)  

 

 photo 11 la première école, cliché Pigneux Marrakech, 1954 

photo 11 première école cliché Pigneux Marrakech 1954

photo 12 les préfabriqués et la mosquée en 2010, cliché Tramoy

 

 

photo 12 les deux rangées de préfabriqués en 2010, cliché Tramoy

Au village original des années 50 sont venues s'ajouter deux rangées de bâtiments en préfabriqué installés entre celui-ci et l'école de Bou Tazoult. Le groupe scolaire sert de démarcation entre quartier ouvrier et quartier européen. Et c'est logique puisqu'au début il fut le premier bâtiment de scolarité construit, avec une entrée de chaque côté tournée l'une vers le village ouvrier, l'autre vers le village européen. La moitié des classes est dévolue aux enfants marocains, l'autre moitié aux européens, toutes se remplissent vite, les candidats sont nombreux. Sur le cliché de 1954 on voit un ancien camion GMC chargé de minerai, sans doute venant de la bascule et partant pour les lacets du Tichka ou le téléphérique d'Aguelmous. Notons que le château d'eau de Bou Azzer n'existe pas encore. Les plantations vont bon train, les ouvriers s'activent çà et là, et le plateau du tennis a été aplani.

A l'école exercent le directeur Roch-Louis Romano, ainsi que son épouse Anièce, et des maîtres marocains. 

photo 13 Mr Romano en exercice cliché Pigneux Marrakech 1954

photo 13 Mr Romano en exercice, cliché Pigneux Marrakech 1954

Cette école est un tremplin de réussite pour de nombreux élèves, autant filles que garçons, qui ont bénéficié là d'une éducation, d'un enseignement de haut niveau et de l'opportunité d'une ascension sociale rapide. Les témoignages de reconnaissance, reçus par Mr Romano, encore aujourd'hui, viennent de professeurs de faculté, de syndicalistes, de chefs d'entreprise, d'enseignants, d'infirmiers, etc … tou(te)s issu(e)s de cette formation scolaire iminienne. 

Pour l'histoire, la mixité est assurée, la fillette au tableau est Fatima El Mekki, tandis qu'un élève plus curieux que les autres lorgne du côté du photographe. Il se reconnaîtra, … et se dénoncera peut-être. Belle harmonie de classe où l'écriture est mise en avant et la discipline imposée. Je peux témoigner que Mr ROMANO a conservé son écriture magnifique, et si nos ministres de l'Education nationale pouvaient s'en inspirer, au lieu de privilégier des méthodes d'apprentissage radicalement désastreuses pour l'orthographe … On nous ferait croire que, maintenant, la moitié des élèves sont dyslexiques. Félicitation aux élèves d'origine marocaine qui ont appris en même temps l'alphabet arabe et l'alphabet latin, avec les langues correspondantes. Leçon à tirer ??

Digression de l'auteur : en 1958-59, j'ai eu le privilège de fréquenter cette école, de me découvrir des amis marocains, en compagnie de Jean-Louis et de Françoise. J'en ai conservé d'excellents principes d'approche inter-ethnique, beaucoup de souvenirs agréables et de relations fructueuses depuis ce CM2, qui perdurent. Il est vrai que d'être issu d'une lignée de mineurs de charbon à la fois du Pas de Calais et de Bourgogne facilite l'adaptation et la camaderie.

La première maison jouxtant cette école est justement le logement de la famille Romano.

Je quitte ce village et cette école en conservant le souvenir des bruits, des cris, des appels, des jeux,  des camionnettes de livraison, des cars, des voitures, tous ces sons qui signent l'animation, la vie, l'activité naturelle d'une cité peuplée, de la sortie d'école chahuteuse de bousculades. 

Aujourd'hui le silence pose une chape de plomb sur un village entièrement repeint : un décor de cinéma donnant l'illusion qu'un être vivant sortira bientôt d'une maison pour se rendre dans un commerce chercher sa subsistance. Rêve opéré les yeux ouverts, je reste l'oreille aux aguets. Dans le lointain retentit l'aboiement d'un chien, sans doute celui d'un des gardiens du site, qui me rappelle que je suis seul au milieu de ces vestiges d'un autre temps.

En levant le regard vers la droite apparaît le bordj, construit dans le début des années 50 sur la colline surplombant la cantine d'un côté et la laverie de l'autre, qui veille sur la région à 360°.  

photo 14 le borj en mauvais état en 2010, cliché Tramoy

photo 14 le borj en mauvais état, cliché issu des blogs

Un bataillon de goumiers l'occupait, défilant lors des cérémonies, qui assuraient la sécurité pour prévenir des interventions intempestives voulant mettre en danger l'économie minière lors de la période de contestation du Protectorat. Jacques ZOUDE le nordiste (de France) est l'un de ces jeunes goumiers et resté fidèle à Imini, marqué par le lieu et succombant au charme d'une jeune et jolie iminienne.

Si le bâtiment est massif dans ses pierres, s'écoulant comme une lave sur la pente de la colline, pour opposer ses fortifications aux agresseurs, maintenant la dégradation intérieure laisse supposer sa ruine prochaine. Visiblement le confort n'était pas une priorité tant les locaux paraissent frustes et étriqués. A la guerre comme à la guerre ! Oui, mais … quand même  : le rata et la boisson sont le réconfort du soldat. 

De là-haut le panorama est magnifique, dominant l'ensemble des villages, de l'exploitation, avec une vue imprenable mettant l'Atlas à portée de main. La route bitumée desservant Bou Tazoult, les installations minières et le chef-lieu minier longe le pied de la colline, en un cordon bordé par le noir manganèse de la laverie, avant de laisser place aux pistes pierreuses desservant le fond de vallée vers l'Assif Tidili.

Aujourd'hui que le plateau de la mine est abandonné, la route d'accession au borj a été modifiée : elle ne part plus de la cantine, mais de l'emplacement de la laverie démontée.  

photo 15 village européen

Vous l'avez compris, chers amis lecteurs, qu'il ne manque que l'expression de la vie humaine sur le site de Bou Tazoult. Donnez vie à ce texte en le commentant et en y apportant vos propres documents.  

 

photo 15 le plan du village européen

L'appétit vient en lisant, et ce plan vous fournit les morceaux manquants de l'école et du borj. Et vous offre aussi la découverte du village européen en avant-première. 

Suite au prochain numéro..

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Commentaires
B
Je reviens sur un point évoqué par Slimane, à savoir l'édification du borj. Il n'a pas été édifié pour séparer des entités villageoises européenne d'un côté et marocaine de l'autre. Sa construction a été décidée à une époque pendant laquelle les troubles de la volonté d'indépendance se faisaient jour dans le sud marocain, surtout du côté de Taroudant. Des menaces avaient été proférées, et des tracts balancés depuis un avion survolant les mines (sans doute pas seulement à Imini). Il y était question d'attaquer les installations minières et d'y détruire certains équipements, tout en installant une certaine terreur. Je dis ça, parce que j'ai été directement concerné par cette situation. En effet, en 1953, cela commençait à chauffer dans quelques régions, à tel point que mes parents m'ont envoyé en pensionnat en France : je n'avais que 6 ans. J'en suis revenu deux ans après pour fréquenter l'école européenne pendant un an, puis l'école marocaine pendant une autre année, avant de rejoindre le lycée Mangin à Marrakech.<br /> <br /> Une escouade de goums a occupé le borj, mais là je manque d'informations pour dire la période, la durée, la méthode. Ce borj m'a toujours fasciné, et je me souviens très vaguement y être allé déjeuner avec une délégation de la mine quand j'étais très jeune, c'était un dimanche, peut-être vers la fin du Protectorat.<br /> <br /> Maintenant il est en très mauvais état, quoique placé sur la plus haute colline, qui permettait de surveiller la région à 360°.<br /> <br /> Hormis Ouarzazate, ville de garnison, et qui perdure, peu d'endroits étaient assistés de la troupe. Excepté quelques points beaucoup plus lointains, sporadiques, déjà dans les dunes. Bien entendu je parle ici de l'armée française, je pense que les armées marocaines, dont la gendarmerie, étaient présentes en plusieurs villages et villes.
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B
Mon cher Slimane AZIKI, J'aimerais parler l'arabe aussi bien que tu parles le français. Merci pour ton commentaire sur l'article que j'avais rédigé : à l'intention de TOUS les iminiens, marocains comme européens. Et ce n'est que le début d'une série. Toutefois, puisque c'est moi qui écris, … et que j'ai 72 ans, je ne peux aller à la vitesse du cheval, encore moins de la voiture de sport. D'autres activités occupent ma retraite, y compris au Maroc, et en plus il me faut écrire, relire, transformer, corriger pour tenter de parvenir à un résultat honorable. Parfois je commets des erreurs involontaires, dues au fait qu'à Imini j'étais enfant et adolescent, avec l'enregistrement d'impressions, de souvenirs perçus sans maturité, emmagasinés dans le cerveau, et traduis à l'âge adulte, tardivement. Sans doute beaucoup de transformations entre le départ et l'arrivée.<br /> <br /> J'apprécie tes commentaires, qui sont assez réalistes sur la qualité de l'urbanisme, sur l'architecture des bâtiments. C'est mon avis depuis longtemps. Cela témoigne de la volonté du promoteur -concepteur d’instituer une certaine forme de qualité sociale. Parce que si le promoteur n’avait pas eu ce sentiment social avant d’établir le plan d’urbanisme, sans doute n’aurions-nous pas eu ce résultat, avec des habitations réparties en fonction du terrain, des différentes couches sociales, des besoins techniques pour l’exploitation du minerai, des nécessités scolaires, commerciales, religieuses, … et de loisir réparties sur tous les sites de villages.<br /> <br /> Tu parles de « fracture sociale », et sur ce thème il y aurait beaucoup à dire, à rédiger. Néanmoins n’oublions pas la réalité de l’époque, où tous ceux qui ont résidé à Imini, qu’ils soient européens venus de loin, qu’ils soient marocains venus également de tous les coins du sud marocain ont, sans vouloir exagérer, joui d'une habitation aux normes supérieures à ce qu’ils connaissaient auparavant. <br /> <br /> Et cela ne pouvait que s’améliorer pour la population marocaine au fur et à mesure de son élévation dans les strates sociales, grâce à l’émergence de la jeunesse ayant bénéficié d’une scolarité primaire et secondaire lui permettant d’entamer des études supérieures débouchant sur des diplômes d’ingénieur, de technicien supérieur. Aujourd’hui, tout l’encadrement de la mine est marocain, une évidence. Je me flatte d’avoir fréquenté l’école de Mr ROMANO avec mes amis marocains, que je continue à rencontrer lors de mes séjours au Maroc.<br /> <br /> Le grand malheur dans tout ça c’est que le filon s’épuise progressivement et qu’un jour la pyramide s’écroule, les villages se vident, les maisons sont murées, … et une grande tristesse enveloppe la région. Ce n’est pas la même situation dans une ville, où les différentes catégories sociales se mélangent davantage dans des immeubles, et se succèdent au fil des départs, des décès, etc …<br /> <br /> Les anciens, maintenant à la retraite, retournés au bled, et regardant leur vie passée pour en tirer les leçons, ont-ils la même vision que toi ?<br /> <br /> Je suis persuadé que l’immense majorité des européens passés par les mines d’Imini ont éprouvé un grand amour pour la région, et une haute considération pour leurs amis marocains qu’ils ont côtoyés sur les bancs de l’école, au travail, ou dans la vie quotidienne. A preuve ce blog, qui se veut ouvert à tous, et ne rapporte que des témoignages positifs, dont le tien. Parce que l’on sent que, comme tous les autres résidents des mines d’Imini, tu as apprécié cette contrée sauvage autour d’une mine.<br /> <br /> Reviens sur le blog, cher ami Slimane. Nous serons toujours contents d’entendre ta voix. Et si tu veux correspondre directement avec moi, demande mon adresse email au webmaster en tête de page.
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B
Bonjour Marcel, je te rends ton tutoiement, que je considère comme un signe d’amitié entre « anciens » de là-bas, et que j’utilise habituellement avec mes correspondants, en mémoire de notre bled. C’est avec plaisir que je reçois tes félicitations pour ma façon de traiter les sujets « de la vraie vie » comme tu le dis. Je n’ai pas d’autre ambition que de relater ce que j’ai vécu, en compagnie de tous les autres habitants locaux, dans le but de me remettre en mémoire les évènements petits et grands, relancer les lecteurs afin qu’ils se souviennent aussi, … et qu’ils interviennent. C’est assez rare sur le blog, mais « en coulisses » on a des surprises, et grâce à ce stratagème j’ai retrouvé la trace de nombreux iminiens de tout poil, de toute couche sociale, y compris de gens bien plus âgés que moi, et qui s’enthousiasment de ce rappel de leur vie antérieure. D’autant que nombreux sont ceux qui sont partis pour un monde dit meilleur, et que leur conjoint(e), leurs descendants, revivent au travers de ces récits. Ainsi j’ai pu récupérer auprès de quelques-uns des documents que je ne possédais pas, et qui me sont d’une grande aide.<br /> <br /> Je suis un lecteur assidu du blog de Michel 2, après l’avoir été de celui de Michel 1er, initiateur du mouvement, et auquel je pense souvent. Quoiqu’il en dise, il avait encore beaucoup de choses à nous raconter, parce qu’il y a eu effectivement la vie à Marrakech, pour les marrakchis, mais il y a eu aussi la vie et les expériences après Marrakech. Que sont devenus tous ces marrakchis, au sens large, quand ils se sont vus contraints de partir ? C’est un sujet qui me touche beaucoup. Parce que j’étais pensionnaire en France quand j’ai vu les pieds-noirs d’Algérie arriver en masse, et quand j’ai vu comment ils avaient été accueillis. Dur, dur pour eux !<br /> <br /> J’ai subi ça aussi. <br /> <br /> Pour en revenir à Imini, nous n’en ferons jamais le tour, et en lisant les articles écrits par d’autres, ou en recevant des photos j’apprends l’existence de personnes que je n’ai pas eu l’occasion de connaître, dont ton grand oncle Christobal. Mais à la suite de la parution, une lectrice très avertie m’en a touché deux mots. Imini, comme Marrakech, mais dans un plus petit creuset, a mélangé des populations hétéroclites, et nous a appris énormément de choses. Qui nous servent beaucoup aujourd’hui pour considérer le spectacle de ce monde plus fou de jour en jour. Contentons nous de notre « misérable » histoire que nous transmettons à notre descendance, et dont je me flatte qu’elle adore le Maroc et sa population depuis que je l’y ai emmenée.<br /> <br /> Ah, la CTM ! Ce convoi de camions haut perchés, chargés comme des wagons, l’un derrière l’autre comme un train. Il ne fallait être ni derrière eux, ni les croiser, sinon la patience était de mise. Heureusement ils respectaient des haltes coutumières, dont Taddert, qui permettaient de les doubler. Aujourd’hui, avec tous les virages coupés dans le Tichka, il est plus aisé de rouler face à ces mastodontes, mais prudence recommandée.<br /> <br /> PS : je peux tenter de trouver des explications concernant ton grand oncle, pour savoir ce qu’il avait comme fonction à la mine.<br /> <br /> A la prochaine Marcel, et n’hésites pas à t’inséser dans la vie iminienne.
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M
TIMKIT ,permets moi de te tutoyer ; il n'y a qu'un mot qui me vient à l'esprit pour le travail de mémoire que tu réalises au jour le jour , en lisant ce message ou plutôt deux , BRAVO et FORMIDABLE . J'ai eu le privilège de visiter IMINI avec mon regretté Père qui travaillait à la CTM . Un oncle à ma mère qui se nommait Christobal ALMECIJA a travaillé à IMINI, il n'était pas mineur c'est la seule chose que je sais ; il figure sur une photographie du blog . L'histoire que tu nous contes est une histoire de la vrais vie . respect pour ton magnifique travail et Marrakchamitiés . Marcel Martin
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A
Toutes nos félicitations pour avoir décrit avec une dextérité chirurgicale l espace vitale de nôtre enfance. On découvre en faite une belle leçon d urbanisme à faire enseigner dans nos écoles d architecture et d d'urbanisme. Le plan "cadastral " plante le décor de l aménagement effectué depuis les années 30.<br /> <br /> Je me vois personnellement courir pieds nus entre les allées et ruelles bordées de roseaux et du tammarix Tamayt, je me rappelle de toutes les pierres qui ecorchaient nos doigts.<br /> <br /> Seulement, faut il souligner la fracture urbanistique et ethnique entre le village européen appelé communément "kantina"/cantine et filage/village, le borj a été édifié pour veiller sur le passage entre les deux pans sillament tracés .<br /> <br /> Durant les années 70, les choses ont beaucoup changé, une mixité sociale a été observé et l intégration enfin instauré entre les habitants des deux quartiers qui gardaient quand-même les stigmates d une fracture sociale.<br /> <br /> Bravo et merci<br /> <br /> A quand la suite.?
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